vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Au fil de la semaine

Denise Bombardier   9 mai 2009 
L'actualité n'est pas toujours brûlante, mais chaque jour apporte son lot de nouvelles pour alimenter notre réflexion, cette gymnastique intellectuelle sans laquelle rien n'est compréhensible et tout perd son sens.

Cette semaine, donc, nous apprenions sans surprise que le Parlement européen dans sa quasi-majorité a voté le boycottage des produits de la chasse au phoque, dont les conséquences seront catastrophiques pour les chasseurs canadiens, ceux des îles de la Madeleine au premier chef. Or, les députés européens ont mis deux bémols à leur vote. La Suède, la Finlande et l'Écosse pourront continuer leur chasse afin de protéger les bancs de poissons, mais elles ne pourront en vendre le produit.

Ainsi donc, la «barbarie» dénoncée par les députés ne s'applique pas lorsqu'il s'agit de permettre à tous les Européens de manger le poisson dont ils sont friands et qui constitue une industrie créatrice d'emplois. L'Union européenne, en protégeant ses membres, oublie la souffrance des phoques européens et n'a d'attendrissement que pour ceux de nos contrées. Quant aux emplois perdus aux îles de la Madeleine, elle n'en a cure.

Mais l'hypocrisie des députés de Strasbourg atteint son apogée dans le second bémol de leur vote. En effet, leur rejet de cette «horrible chasse» ne s'étend pas aux Inuits, qu'ils excluent de leur vindicte. Ces derniers pourront donc continuer leur pratique ancestrale pour des fins de survie. Les Inuits pourront donc faire commerce de leur chasse. Mieux encore, les députés ont fait un effort de sémantique et rejeté le mot «autochtone» pour les désigner afin d'éviter que les habitants des îles de la Madeleine, pour qui la chasse est un élément de leur culture insulaire et leur source de revenus, ne le revendiquent pour eux.

Brigitte Bardot, la passionaria du mouvement de défense des animaux, prête à battre un être humain pour sauver la moindre espèce animale, se déclare «sur un petit nuage» et les abolitionnistes de toute forme de chasse et de pêche sablent le champagne ou la bouteille de Guinness (ils sont si nombreux dans le monde anglo-saxon) et affûtent leurs armes en vue de la prochaine étape, celle de l'abolition de l'abattage de tous les animaux consommés par l'homme carnivore.

On est en droit d'être particulièrement dérangé par cette concession en faveur des Inuits. Et si cette apparente ouverture d'esprit aux moeurs de ces derniers recouvrait plutôt un sentiment de supériorité de Blancs culpabilisés? Cette chasse, sanglante il faut en convenir, serait normale — lâchons le mot — pour des «Sauvages» et inacceptable lorsqu'elle est le fait des Blancs? C'est une hypothèse, rien qu'une hypothèse...

Le fait divers le plus (et je cherche ici des mots forts) délirant, dégoûtant, démentiel est bien sûr ce massacre dans un village kurde du sud-est de la Turquie, où 44 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été abattues par les membres d'une famille ennemie au cours d'un mariage musulman. Crime d'honneur, comme on appelle cela dans cette société moyenâgeuse de la Turquie d'aujourd'hui.

La Turquie qui divise les Européens quant à son entrée dans l'Union européenne, justement. Comment intégrer un pays, officiellement laïque et démocratique, mais qui en dehors d'Istanbul et d'Ankara comprend des régions entières où l'on vit selon des règles, des coutumes et des lois claniques qui ont donné lieu à la tragédie survenue cette semaine? Bien sûr, le débat autour de la Turquie porte avant tout sur l'européanité, réelle ou non, de ce pays dirigé aujourd'hui par un islamiste modéré, un pays majoritairement musulman et qui est géographiquement la porte d'entrée de l'Orient. Cette semaine, les opposants à son entrée dans l'Europe politique ont discrètement mis en avant la tragédie du village de Bilge.

Autre pays, autres moeurs. Le divorce à l'italienne demandé par l'épouse outrée des frasques du Cavaliere Sylvio Berlusconi met en lumière une culture des rapports hommes-femmes devenue anachronique chez nous. Il fallait entendre les Italiens et les Italiennes commenter cette semaine à la télévision la comédie matrimoniale de leur premier ministre pour saisir la guerre des sexes qui doit se dérouler chez eux. Les hommes blâmaient l'épouse d'avoir dénoncé l'attitude de son mari et les femmes prenaient fait et cause pour elle.

À vrai dire, cette triste farce prouve surtout que les épouses de personnalités publiques rompent désormais la loi du silence qu'elles se sont imposée dans le passé au nom de leur dignité bafouée, repoussant du coup les frontières entre vie privée et vie publique. Et il est intéressant que ce soit Veronica Lario, cette ancienne actrice, qui se rebelle devant les inepties érotico-sensuelles du don Juan en chef du gouvernement italien, elle qui ne s'est jamais présentée comme une féministe militante contrairement à Hillary Clinton, dont on a constaté la «tolérance» devant les écarts sexuels de son adolescent de mari, tout Bill Clinton qu'il soit.

***

denbombardier@videotron.ca
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 9 mai 2009 08h15
    "la bouteille de Guinness"
    On voit que Madame B. a marié un enfant de l'ile de verte...
    A quand une pub? Madame B, et consors, dans une brasserie du Montréal profond, en train de commander deux Guinness entourés de joyeux lurons watchant leur game de hockey.

  • Jacques Baril
    Inscrit
    samedi 9 mai 2009 09h12
    Chez les barbares, les barbares rient [an error occurred while processing this ...]
    Corrida(!) Pfffft!

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    samedi 9 mai 2009 11h35
    «Silvio» Berlusconi et non «Sylvio» Berlusconi
    «Silvio» Berlusconi et non «Sylvio» Berlusconi.

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    samedi 9 mai 2009 12h41
    Faire réfléchir : tel est le rôle de l'intellectuelle que vous êtes
    Je partage vos propos et, en particulier, sur l'hypocrisie que le parlement européen vient de manifester à l'égard des chasseurs de phoques de notre pays. Ce mépris à l'égard des communautés décriées démontre à quel point ce ne sont pas des groupes humains, leurs cultures et leurs pratiques traditionnelles parfaitement légitimes et sans cesse revues et corrigées qui intéressent des députés qui se donnent bonne conscience en cédant au "politically correct" des préjugés simplistes.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 9 mai 2009 13h38
    800 mots...
    ...pour un article pathétique et vide. Sans intérêt, aucune pensée, aucune culture, aucune vision. Un phénomène de conciergerie qui tue la presse.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    samedi 9 mai 2009 15h07
    huiles
    Les capsules d'huile de foie de phoques libéraux devraient en principe être très bonnes pour la santé nationale des Canadiens étant donné qu'ils ne mangent que des morues provinciales. Santé!

  • Rémi Catafard
    Abonné
    dimanche 10 mai 2009 17h53
    Abonnés à la mauvaise adresse
    Tous ces intervenants, sauf M.Lalonde, auraient intérêt à
    s'abonner ailleurs pour y tenir leurs propos farfelus et
    souvent malveillants quand ils ne sont paa injurieux.
    Continuez donc à "bien faire et laisser braire".

  • Jean Le May
    Inscrit
    dimanche 10 mai 2009 19h00
    Piètres critiques
    Décidément, madame Bombardier si toutes les critiques qui vous sont adressées ont la substance de celles d'aujourd'hui, vous n'avez rien à craindre de la vindicte populaire.

    Jean Le May

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012