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Les capitaines du Titanic à la barre du Québec

Quand les principaux partis et leurs chefs prendront-ils acte du choc démographique qui nous attend au tournant?

Catherine Maheu - Présidente du Regroupement des jeunes gens d'affaires du Québec  7 avril 2003 
À cause de la situation démographique qui caractérise le Québec — baby-boom fulgurant suivi d'un taux de natalité si faible que nous ne parvenons plus depuis longtemps à assurer le renouvellement de la population —, nous devons, comme société, nous interroger sur des problématiques qui nous sont particulières. Invités le 30 mars dernier à se prononcer sur les finances publiques et le renouvellement de la main-d'oeuvre lors d'un débat portant spécifiquement sur le choc démographique, les trois principaux partis engagés dans la course électorale donnaient l'image, dimanche dernier, de formations ayant réfléchi sérieusement sur la question.

Un mutisme inquiétant

Pourtant, quand la question a été soulevée au cours du débat des chefs, aucun des candidats susceptibles de devenir premier ministre du Québec n'a été en mesure de proposer la moindre mesure permettant de relever le défi immense qui nous attend. Pour nous, ce mutisme est, à proprement parler, franchement inquiétant.

Ce silence nous inquiète car il pourrait être symptomatique d'une attitude de déni d'un problème pourtant incontournable. Par exemple, les coûts de notre système de santé croissent déjà de façon quasi incontrôlable alors que le vieillissement de la population commence à peine à faire sentir toute son influence sur le système.

Dans cette perspective, pouvons-nous nous permettre de gérer à court terme? Poser la question, c'est y répondre...

Préférant discourir sur des mesures parfois ponctuelles et s'interpeller sur leur interprétation des politiques de Lesage ou de Bourassa plutôt que de discuter de moyens assurant la pérennité du système, MM. Landry et Charest ressemblaient dangereusement au capitaine du Titanic quelques heures avant le choc fatal.

Pourtant, Henri-François Gautrin, représentant du Parti libéral, reconnaissait lucidement dimanche dernier qu'il faudra capitaliser des sommes pour assurer aux Québécois des services de santé à moyen et long terme. Pour sa part, François Legault, du Parti québécois, a défendu avec à propos la position de son parti de créer une caisse santé capitalisée afin de préparer le Québec à faire face aux coûts croissants causés par le vieillissement de la population et l'accroissement des coûts des médicaments et des nouvelles technologies.

La dichotomie entre les discours est saisissante. Face à cette situation aussi ambiguë qu'angoissante, deux questions s'imposent. Quand les principaux partis et leurs chefs prendront-ils acte du choc démographique qui nous attend au tournant? Et quelles mesures réalistes veulent-ils mettre en place rapidement pour y faire face?

Les vigiles peuvent déjà apercevoir les premiers icebergs qui menacent le bateau. Quelques officiers ont même suggéré à nos aspirants capitaines de renverser la vapeur et de donner le coup de barre qui permettrait d'éviter le naufrage. Mais au contraire, les capitaines du Titanic semblent préférer, chacun à leur manière, chauffer la dernière chaudière.
 
 
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