Quand la récession mord
Pierre Anthian - Prothésiste dentaire et fondateur de la chorale de l'Accueil Bonneau
17 avril 2009
Avec cette crise économique qui frappe, on peut se demander où couper pour faire des économies. Avec 1000 choses en tête, il ne faut pas négliger 32 d'entre elles: nos dents. Et avec tout ce qu'elles comportent: sourire, socialisation, confiance en soi et bien sûr, capacité de bien manger (bonnes dents = bonne digestion = bonne santé globale).
Pourtant, au cours de ces prochaines années de récession, des gens édentés n'auront pas les moyens de se payer de nouvelles prothèses dentaires — selon une enquête de Statistique Canada (2003), 14 % de la population du Québec n'a aucune dent naturelle. De ces édentés, 36 % (environ 350 000) ne portent pas de prothèse. Ils proviennent majoritairement de milieux défavorisés.
Quitte à faire grincer des dents certains dentistes ou denturologistes, force est d'admettre que dans la plupart des cas on peut facilement, rapidement et économiquement réparer, ajuster et modifier, au lieu de remplacer une prothèse à des coûts exorbitants.
En tant que prothésiste dentaire, j'ai inventé un laboratoire ambulant, miniaturisé dans une valise. Cette mobilité me permet de donner une nouvelle jeunesse aux prothèses, que certains ont destinées trop rapidement au cimetière des dents.
Bref, avec ce micro labo je peux rénover des dentiers directement dans les cliniques, offrant les avantages suivants:
- Si la prothèse se casse ou ne tient plus, si une dent ou un crochet tombe, rénover la prothèse est une option économique et durable (180 $ au lieu de 1000 $ pour une nouvelle prothèse, avec une espérance de vie de 3 ou 4 ans de plus).
- La rénovation est faite sur place, dans la clinique, en une séance. Le patient n'a plus besoin de rester édenté plusieurs jours. Dentiste et patient économisent ainsi une séance.
- Pour moi aussi, les économies sont nombreuses: j'utilise les ressources de la clinique et donc, je n'ai pas de local, pas d'employés, pas de coursiers, pas d'électricité, etc.
- Il y a une économie aussi pour l'État et les assurances (moins de prothèses à rembourser).
- S'en suit une meilleure collaboration entre le dentiste et le prothésiste (en voyant le patient au lieu d'un modèle en plâtre, je fais un meilleur choix des couleurs, des formes des dents, etc.)
Comme vous voyez, j'aime redonner le sourire!
D'ailleurs, je le fais aussi d'une autre façon: depuis 13 ans, je dirige une chorale d'hommes de la rue (la chorale de l'Accueil Bonneau).
Par extension, ces 52 nouveaux ambassadeurs des laissés-pour-compte redonnent sourire et espoir à une dentelle fragile du tissu social.
Ainsi, avec ce laboratoire «itinérant», je peux concilier mes initiatives citoyennes et professionnelles pour redonner littéralement le sourire aux édentés, en reconstruisant des bouches et la confiance en soi, sans les priver de nourriture, puisqu'il leur reste encore quelque chose à se mettre sous la dent grâce aux économies réalisées par ce concept.
Une innovation qui ne manque pas de mordant!
Pourtant, au cours de ces prochaines années de récession, des gens édentés n'auront pas les moyens de se payer de nouvelles prothèses dentaires — selon une enquête de Statistique Canada (2003), 14 % de la population du Québec n'a aucune dent naturelle. De ces édentés, 36 % (environ 350 000) ne portent pas de prothèse. Ils proviennent majoritairement de milieux défavorisés.
Quitte à faire grincer des dents certains dentistes ou denturologistes, force est d'admettre que dans la plupart des cas on peut facilement, rapidement et économiquement réparer, ajuster et modifier, au lieu de remplacer une prothèse à des coûts exorbitants.
En tant que prothésiste dentaire, j'ai inventé un laboratoire ambulant, miniaturisé dans une valise. Cette mobilité me permet de donner une nouvelle jeunesse aux prothèses, que certains ont destinées trop rapidement au cimetière des dents.
Bref, avec ce micro labo je peux rénover des dentiers directement dans les cliniques, offrant les avantages suivants:
- Si la prothèse se casse ou ne tient plus, si une dent ou un crochet tombe, rénover la prothèse est une option économique et durable (180 $ au lieu de 1000 $ pour une nouvelle prothèse, avec une espérance de vie de 3 ou 4 ans de plus).
- La rénovation est faite sur place, dans la clinique, en une séance. Le patient n'a plus besoin de rester édenté plusieurs jours. Dentiste et patient économisent ainsi une séance.
- Pour moi aussi, les économies sont nombreuses: j'utilise les ressources de la clinique et donc, je n'ai pas de local, pas d'employés, pas de coursiers, pas d'électricité, etc.
- Il y a une économie aussi pour l'État et les assurances (moins de prothèses à rembourser).
- S'en suit une meilleure collaboration entre le dentiste et le prothésiste (en voyant le patient au lieu d'un modèle en plâtre, je fais un meilleur choix des couleurs, des formes des dents, etc.)
Comme vous voyez, j'aime redonner le sourire!
D'ailleurs, je le fais aussi d'une autre façon: depuis 13 ans, je dirige une chorale d'hommes de la rue (la chorale de l'Accueil Bonneau).
Par extension, ces 52 nouveaux ambassadeurs des laissés-pour-compte redonnent sourire et espoir à une dentelle fragile du tissu social.
Ainsi, avec ce laboratoire «itinérant», je peux concilier mes initiatives citoyennes et professionnelles pour redonner littéralement le sourire aux édentés, en reconstruisant des bouches et la confiance en soi, sans les priver de nourriture, puisqu'il leur reste encore quelque chose à se mettre sous la dent grâce aux économies réalisées par ce concept.
Une innovation qui ne manque pas de mordant!
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