vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Un raid américain se transforme en «horreur»

N/A ZZZN/A   2 avril 2003 
Un bombardement américain d'une région agricole au sud de Bagdad s'est soldé hier par le massacre de 33 civils, dont des femmes et des enfants, une opération qualifiée de «véritable horreur» par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

En tout, les autorités irakiennes ont fait état hier de plus de 70 morts et 400 blessés au sein de la population civile dans de nouveaux bombardements américano-britanniques sur Bagdad et au sud de la capitale, au lendemain de la mort controversée de sept femmes et enfants, tués à un barrage par des tirs américains.

Le raid américain qui a visé le lieudit Hindiya, à la périphérie de la ville d'al-Hillah, à 80 kilomètres au sud de Bagdad, a coûté la vie à 33 civils et en a blessé 310 autres, selon le directeur de l'hôpital d'al-Hillah.

Dans cet hôpital, un grand nombre d'enfants blessés étaient allongés à même le sol, sous des couvertures, en raison du manque de lits.

Sur les lieux du bombardement, des dizaines de débris de ce qui semblait être des bombes à fragmentation équipées de petits parachutes jonchaient le sol. Des soldats irakiens ramassaient les débris de bombes larguées, selon des témoins, par les avions de la coalition américano-britannique.

Le porte-parole du CICR à Bagdad, Roland Huguenin-Benjamin, a qualifié de «véritable horreur» ce qu'a vu l'équipe envoyée sur place. «Il y a des dizaines de corps déchiquetés, des membres arrachés, 450 blessés, c'est une véritable horreur», a-t-il indiqué à l'AFP.

«Nous nous interrogeons très sérieusement sur le type d'armes et de bombes utilisées», a-t-il ajouté. Selon M. Benjamin, les victimes sont des «agriculteurs, des femmes et des enfants».

Lundi soir, près d'al-Hillah, 15 membres d'une même famille ont été tués dans une camionnette par une roquette tirée par un hélicoptère de combat américain Apache, a raconté hier le seul survivant du drame, Razek al-Kazem al-Khafaj.

Ils fuyaient les combats de Nasiriya quand ils ont été pris pour cible par un Apache, a-t-il ajouté.

Le commandement central américain au Qatar, interrogé sur les victimes civiles à al-Hillah et Haïdariya, a indiqué n'avoir «aucun commentaire» à faire pour le premier raid et n'avoir «aucune indication» confirmant une attaque d'un Apache ayant fait des victimes civiles.

Par ailleurs, la mort de sept femmes et enfants irakiens, tués lundi par des tirs américains à un poste de contrôle près de Najaf, à 150 kilomètres au sud de Bagdad, tenu par des soldats de la troisième division d'infanterie (3ID) américaine, a suscité une vive émotion dans le monde. Amnesty International a notamment demandé une enquête «indépendante et complète».

«Il ne fait aucun doute que si nous regrettons la perte de vies civiles, celles-ci, à ce stade, restent inévitables comme elles l'ont été à travers l'histoire», a pour sa part déclaré le général Vincent Brooks au quartier général du Centcom (commandement central américain au Qatar).

Selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, le président George W. Bush regrette la mort de civils innocents mais estime que le régime de Saddam Hussein porte une responsabilité beaucoup plus grande que les troupes américaines engagées sur le terrain.

Le Washington Post écrivait hier que les soldats américains n'ont pas tiré de coups de sommation avant de détruire, la veille au soir près de Najaf, une camionnette irakienne qui roulait vers eux, tuant, selon son envoyé spécial William Branigin, dix civils, dont cinq enfants.

Le général de Marines Peter Pace a estimé que les soldats ont fait «absolument ce qu'il fallait» et le général Vincent Brooks, porte-parole de l'US Army au Qatar, a fait valoir qu'ils se méfiaient des «escadrons de la mort» et des ruses de Bagdad consistant selon lui à pousser des civils en première ligne.

«Nous nous sommes toujours réservé le droit inaliénable à l'autodéfense. C'est le point de départ de tout engagement. Nous n'avons pas changé ces règles d'engagement ces derniers jours», a-t-il ajouté, annonçant l'ouverture d'une enquête sur cette bavure qui, officiellement, a fait sept morts et deux blessés.

William Branigin, qui accompagne la troisième division d'infanterie américaine, assure que l'unité parmi laquelle il se trouvait a fait état auprès de son commandement de dix morts, dont cinq enfants, parmi les 15 occupants du véhicule.

Ses informations auraient, selon le Washington Post, causé la consternation au Pentagone, où on se «creuse la tête» pour savoir comment éviter que ce qui est présenté officiellement comme un tragique incident n'alimente l'antiaméricanisme ambiant.

Branigin rapporte qu'il se trouvait à un carrefour de pistes avec un officier, le capitaine Ronny Johnson, lorsque celui-ci a repéré le véhicule roulant dans leur direction. Il a alors pris sa radio pour ordonner à ses hommes en position avancées: «Tirez un coup de sommation!»

Puis, n'entendant rien et voyant la camionnette continuer à avancer, il leur a ordonné de tirer une salve de mitrailleuse de 7,62 mm sur le radiateur du véhicule. «Grouillez-vous!», a-t-il encore crié en constatant n'avoir toujours pas été obéi. Puis il a hurlé: «Arrêtez-le! Rouge no 1, arrêtez-le!»

«Vous venez de tuer une famille!»

Selon l'envoyé spécial du Washington Post, ce dernier ordre a immédiatement été suivi du bruit sourd des tirs de canon de 25 mm. «Cessez le feu!», a alors enchaîné le capitale Johnson avant de constater les dégâts aux jumelles.

«Vous venez de tuer une famille parce que vous n'avez pas tiré assez rapidement des coups de sommation», a-t-il alors rugi en direction de ses hommes.

De source militaire au Pentagone, on soutient, contrairement à ce témoignage, que les soldats avaient procédé aux sommations d'usage. On estime en outre normal que les soldats soient nerveux après l'attentat suicide qui a coûté la vie le week-end dernier à quatre de leurs camarades dans la même région.

De même source, on rappelle que les autorités irakiennes ont clairement promis de nouveaux attentats suicide, soulignant que «les tactiques terroristes du régime moribond ont placé les civils en danger».






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Dépêche
Dépêche
Dépêche
Dépêche
Dépêche
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009