Lettres: Idéalisme et réalisme
Michel Lebel - Entrelacs, le 27 mars 2003
31 mars 2003
Élie Wiesel, rescapé des camps de concentration et Prix Nobel de la paix, se prononce en faveur de l'intervention anglo-américaine en Irak.
Se basant en bonne partie sur la réputation d'homme de paix et d'intégrité du secrétaire d'État américain Colin Powell, il conclut son texte, paru dans l'édition du Devoir du 25 mars courant, par ses mots: «nous avons une obligation morale d'intervenir là où le mal est au pouvoir. Aujourd'hui, c'est en Irak». Le professeur Leroux, dans la même édition du Devoir, s'oppose à cette guerre en s'appuyant principalement sur la force de la raison, force qui résiderait chez les Nations unies et non chez le gouvernement américain. «La raison du plus fort peut aussi être une raison dévoyée.»
Il faut en convenir: dans un monde idéal, tous les humains seraient des frères et soeurs, le meurtre et la guerre n'existeraient plus. La force ne serait plus nécessaire pour régler les différends, le droit seul suffirait. Mais ce monde idéal hélas! n'existe pas encore et il faut composer avec le monde réel.
Il faut croire fortement aux Nations unies, tout en sachant toutefois que celles-ci n'ont pas le monopole de la raison ou de la sagesse. Nous n'avons qu'à penser à son action ou inaction dans les Balkans, le Rwanda ou la Somalie. L'ONU ne pourra jamais avoir plus de pouvoir que ce que les États souverains veulent lui déléguer. Si cette grande organisation avait une puissante armée bien à elle, autonome de ses États membres, les choses seraient sans doute bien différentes aujourd'hui. Mais encore là , cette ONU armée pourrait se tromper dans l'utilisation de ses armes. Quand est-ce qu'une guerre est justifiée? Personne ne peut répondre avec certitude absolue à la question. Seuls le temps et l'Histoire peuvent y répondre et, encore là, la réponse risque d'être incomplète. Une chose est toutefois certaine, toute guerre est un échec pour l'humanité.
Se basant en bonne partie sur la réputation d'homme de paix et d'intégrité du secrétaire d'État américain Colin Powell, il conclut son texte, paru dans l'édition du Devoir du 25 mars courant, par ses mots: «nous avons une obligation morale d'intervenir là où le mal est au pouvoir. Aujourd'hui, c'est en Irak». Le professeur Leroux, dans la même édition du Devoir, s'oppose à cette guerre en s'appuyant principalement sur la force de la raison, force qui résiderait chez les Nations unies et non chez le gouvernement américain. «La raison du plus fort peut aussi être une raison dévoyée.»
Il faut en convenir: dans un monde idéal, tous les humains seraient des frères et soeurs, le meurtre et la guerre n'existeraient plus. La force ne serait plus nécessaire pour régler les différends, le droit seul suffirait. Mais ce monde idéal hélas! n'existe pas encore et il faut composer avec le monde réel.
Il faut croire fortement aux Nations unies, tout en sachant toutefois que celles-ci n'ont pas le monopole de la raison ou de la sagesse. Nous n'avons qu'à penser à son action ou inaction dans les Balkans, le Rwanda ou la Somalie. L'ONU ne pourra jamais avoir plus de pouvoir que ce que les États souverains veulent lui déléguer. Si cette grande organisation avait une puissante armée bien à elle, autonome de ses États membres, les choses seraient sans doute bien différentes aujourd'hui. Mais encore là , cette ONU armée pourrait se tromper dans l'utilisation de ses armes. Quand est-ce qu'une guerre est justifiée? Personne ne peut répondre avec certitude absolue à la question. Seuls le temps et l'Histoire peuvent y répondre et, encore là, la réponse risque d'être incomplète. Une chose est toutefois certaine, toute guerre est un échec pour l'humanité.
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