Bush prépare la nation à plus de sacrifices
Après plusieurs jours de progression difficile vers Bagdad, les troupes américano-britanniques «sont fatiguées, tout comme leur matériel».
Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair préparent l'opinion publique à un long conflit et à «encore plus de sacrifices» à la veille des affrontements contre la Garde républicaine, qui a fait la preuve de son opiniâtreté dans la défense du territoire irakien.
Les deux leaders ont refusé de se prononcer sur la durée de la guerre en Irak lors d'une rencontre à Camp David hier tout en se réjouissant des «progrès» réalisés par les forces de la coalition américano-britannique. «Cela prendra le temps qu'il faudra», a tranché le président Bush, pour qui la campagne en Irak exigera «encore plus de courage et encore plus de sacrifices».
La coalition est à la veille d'encercler Bagdad, où sont retranchés les plus redoutables éléments de la Garde républicaine. Les conditions météorologiques s'améliorant après une tempête de sable de trois jours, la 101e division aéroportée se préparait à relancer l'attaque avec ses hélicoptères Apache.
La Garde républicaine forme un cercle «relativement large» autour de Tikrit, la ville natale du président Saddam Hussein, et de Bagdad. Elle risque de défendre le régime «jusqu'à la fin», craint le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld. «Ce seront très probablement les combats les plus durs, et ils sont encore devant nous», a prévenu M. Rumsfeld, réaffirmant que les États-Unis sont «plus près du début que de la fin du conflit».
Le tandem Bush-Blair ne doute pas de l'issue de cette invasion: «L'Irak sera désarmé, le régime irakien prendra fin et le peuple irakien, qui souffre depuis longtemps, sera libéré», a résumé M. Bush. Tony Blair a fait le bilan des succès enregistrés par la coalition après une semaine de combats. «Nos forces sont maintenant à [75 kilomètres] de Bagdad. Elles ont encerclé Bassora et pris le contrôle du port d'Oum Kasr. Elles ont ouvert la voie à la distribution de l'aide humanitaire et infligé des dégâts importants aux installations de contrôle et de commandement de l'Irak», a-t-il dit.
Environ 90 000 soldats américains combattent en Irak à l'heure actuelle, et le Pentagone dispose de 120 000 autres militaires prêts à partir pour la région du golfe Persique. Ceux-ci s'ajoutent aux quelque 250 000 soldats qui se trouvaient déjà au Proche-Orient au début de ce conflit qui s'annonce long et pénible. Au département de la Défense, de hauts responsables cités par le Washington Post sont désormais convaincus que la guerre durera plusieurs mois.
Des bombes sur tous les fronts
Au huitième jour de combats, Bagdad et sa banlieue ont subi une nouvelle vague de violents bombardements, la septième en 24 heures. Les frappes visaient la périphérie sud de la capitale, où se trouve un important camp militaire, ainsi que le complexe présidentiel sur la rive du Tigre.
Les autorités font état d'un bilan global de 350 morts et 3650 blessés civils. Le ministre irakien de la Santé, Oumid Medhat Moubarak, a accusé la coalition d'utiliser des bombes à fragmentation interdites, qui ont fait la majorité de leurs victimes parmi les femmes, les enfants et les personnages âgées.
L'explosion de deux missiles dans un quartier populaire de la capitale irakienne a fait au moins 14 morts et 30 blessés mercredi, déclenchant la colère des habitants. Après avoir reconnu que des missiles américains avaient pu faire ces victimes, le commandement central américain (Centcom) a indiqué hier qu'il était «tout à fait possible» qu'un missile irakien en soit responsable.
Le ministre irakien de la Défense, Sultan Hachem Ahmed, a reconnu que «l'ennemi se trouve actuellement à l'est de la ville de Diwaniyah, soit à quelque 140 kilomètres au sud de Bagdad». La capitale «restera imprenable», quitte à combattre les Marines au corps à corps dans les rues de la ville. Les membres du Baas, le parti dominant, ont pris l'engagement de faire subir aux forces américano-britanniques le «maximum de pertes humaines et de dommages matériels», selon la télévision irakienne.
Au nord, un millier d'éléments de la 173e brigade de l'armée de terre, parachutés au Kurdistan dans la nuit de mercredi à hier, ont effectué le premier déploiement majeur dans cette région en vue de l'ouverture d'un nouveau front. Les forces américaines peuvent maintenant compter sur quatre pistes d'atterrissage dans le Kurdistan afin de faciliter le déplacement de leurs troupes et de leur arsenal de guerre.
Les milices kurdes sont entrées en action, arrachant une position irakienne aux abords de la ligne de démarcation entre le Kurdistan autonome et le territoire sous contrôle de Bagdad, sur la route menant à Kirkouk. Cette information a été démentie par le gouvernement irakien mais corroborée par un reporter de l'AFP. Les combattants de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) se sont avancés après avoir observé un retrait volontaire des troupes irakiennes du sommet d'une colline qu'elles contrôlaient. Le numéro deux du régime irakien, Ezzat Ibrahim, a pourtant assuré que le nord résistera aussi bien que le sud.
Des bombes ont par ailleurs été larguées sur Mossoul pendant la nuit, faisant «plus de 50 victimes, morts ou blessés», selon la chaîne de télévision qatariote al-Jazira. Les collines surplombant Chamchamal, parsemées de bunkers de l'armée irakienne, ont aussi fait l'objet d'une série de raids par les avions américano-britanniques. En fin de journée, plusieurs peshmergas (combattants kurdes) y patrouillaient à la recherche de soldats irakiens, mais ils n'en ont pas trouvé.
À Bassora, les citoyens aident les forces de la coalition à identifier les cibles militaires et à arrêter des miliciens irakiens, a déclaré hier le chef de l'état-major interarmes américain, le général Richard Myers. Ils indiquent «les positions des forces armées irakiennes, les locaux du Baas et les endroits où se replient les Fedayin de Saddam», une milice irakienne armée, a dit le général Myers à la chaîne al-Jazira. La coalition piétine toujours devant cette grande ville chiite du sud de l'Irak où un début de soulèvement a été signalé mais ne s'est pas étendu.
Dans la région de Najaf et de Karbala, deux villes saintes du chiisme situées à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, de violents combats ont opposé les soldats de la coalition aux premiers éléments de la garde présidentielle irakienne. Environ 1000 soldats irakiens auraient trouvé la mort à Najaf, selon un officier de l'armée américaine cité mercredi par l'AFP.
À l'est, plus de un millier de Marines du premier corps expéditionnaire en provenance de Nasiriya avançaient vers al-Kut (150 kilomètres au sud-est de Bagdad). La journée a été marquée par des tirs fratricides entre des Marines américains stationnés dans les faubourgs de Nasiriya, qui ont fait 37 blessés, dont cinq grièvement.
Al-Jazira a diffusé hier soir des images d'un deuxième hélicoptère Apache et d'un avion sans pilote américains qui auraient été abattus par l'armée irakienne dans le centre du pays. Washington a reconnu la perte d'un drone, mais pas celle d'un hélicoptère.
Les deux leaders ont refusé de se prononcer sur la durée de la guerre en Irak lors d'une rencontre à Camp David hier tout en se réjouissant des «progrès» réalisés par les forces de la coalition américano-britannique. «Cela prendra le temps qu'il faudra», a tranché le président Bush, pour qui la campagne en Irak exigera «encore plus de courage et encore plus de sacrifices».
La coalition est à la veille d'encercler Bagdad, où sont retranchés les plus redoutables éléments de la Garde républicaine. Les conditions météorologiques s'améliorant après une tempête de sable de trois jours, la 101e division aéroportée se préparait à relancer l'attaque avec ses hélicoptères Apache.
La Garde républicaine forme un cercle «relativement large» autour de Tikrit, la ville natale du président Saddam Hussein, et de Bagdad. Elle risque de défendre le régime «jusqu'à la fin», craint le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld. «Ce seront très probablement les combats les plus durs, et ils sont encore devant nous», a prévenu M. Rumsfeld, réaffirmant que les États-Unis sont «plus près du début que de la fin du conflit».
Le tandem Bush-Blair ne doute pas de l'issue de cette invasion: «L'Irak sera désarmé, le régime irakien prendra fin et le peuple irakien, qui souffre depuis longtemps, sera libéré», a résumé M. Bush. Tony Blair a fait le bilan des succès enregistrés par la coalition après une semaine de combats. «Nos forces sont maintenant à [75 kilomètres] de Bagdad. Elles ont encerclé Bassora et pris le contrôle du port d'Oum Kasr. Elles ont ouvert la voie à la distribution de l'aide humanitaire et infligé des dégâts importants aux installations de contrôle et de commandement de l'Irak», a-t-il dit.
Environ 90 000 soldats américains combattent en Irak à l'heure actuelle, et le Pentagone dispose de 120 000 autres militaires prêts à partir pour la région du golfe Persique. Ceux-ci s'ajoutent aux quelque 250 000 soldats qui se trouvaient déjà au Proche-Orient au début de ce conflit qui s'annonce long et pénible. Au département de la Défense, de hauts responsables cités par le Washington Post sont désormais convaincus que la guerre durera plusieurs mois.
Des bombes sur tous les fronts
Au huitième jour de combats, Bagdad et sa banlieue ont subi une nouvelle vague de violents bombardements, la septième en 24 heures. Les frappes visaient la périphérie sud de la capitale, où se trouve un important camp militaire, ainsi que le complexe présidentiel sur la rive du Tigre.
Les autorités font état d'un bilan global de 350 morts et 3650 blessés civils. Le ministre irakien de la Santé, Oumid Medhat Moubarak, a accusé la coalition d'utiliser des bombes à fragmentation interdites, qui ont fait la majorité de leurs victimes parmi les femmes, les enfants et les personnages âgées.
L'explosion de deux missiles dans un quartier populaire de la capitale irakienne a fait au moins 14 morts et 30 blessés mercredi, déclenchant la colère des habitants. Après avoir reconnu que des missiles américains avaient pu faire ces victimes, le commandement central américain (Centcom) a indiqué hier qu'il était «tout à fait possible» qu'un missile irakien en soit responsable.
Le ministre irakien de la Défense, Sultan Hachem Ahmed, a reconnu que «l'ennemi se trouve actuellement à l'est de la ville de Diwaniyah, soit à quelque 140 kilomètres au sud de Bagdad». La capitale «restera imprenable», quitte à combattre les Marines au corps à corps dans les rues de la ville. Les membres du Baas, le parti dominant, ont pris l'engagement de faire subir aux forces américano-britanniques le «maximum de pertes humaines et de dommages matériels», selon la télévision irakienne.
Au nord, un millier d'éléments de la 173e brigade de l'armée de terre, parachutés au Kurdistan dans la nuit de mercredi à hier, ont effectué le premier déploiement majeur dans cette région en vue de l'ouverture d'un nouveau front. Les forces américaines peuvent maintenant compter sur quatre pistes d'atterrissage dans le Kurdistan afin de faciliter le déplacement de leurs troupes et de leur arsenal de guerre.
Les milices kurdes sont entrées en action, arrachant une position irakienne aux abords de la ligne de démarcation entre le Kurdistan autonome et le territoire sous contrôle de Bagdad, sur la route menant à Kirkouk. Cette information a été démentie par le gouvernement irakien mais corroborée par un reporter de l'AFP. Les combattants de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) se sont avancés après avoir observé un retrait volontaire des troupes irakiennes du sommet d'une colline qu'elles contrôlaient. Le numéro deux du régime irakien, Ezzat Ibrahim, a pourtant assuré que le nord résistera aussi bien que le sud.
Des bombes ont par ailleurs été larguées sur Mossoul pendant la nuit, faisant «plus de 50 victimes, morts ou blessés», selon la chaîne de télévision qatariote al-Jazira. Les collines surplombant Chamchamal, parsemées de bunkers de l'armée irakienne, ont aussi fait l'objet d'une série de raids par les avions américano-britanniques. En fin de journée, plusieurs peshmergas (combattants kurdes) y patrouillaient à la recherche de soldats irakiens, mais ils n'en ont pas trouvé.
À Bassora, les citoyens aident les forces de la coalition à identifier les cibles militaires et à arrêter des miliciens irakiens, a déclaré hier le chef de l'état-major interarmes américain, le général Richard Myers. Ils indiquent «les positions des forces armées irakiennes, les locaux du Baas et les endroits où se replient les Fedayin de Saddam», une milice irakienne armée, a dit le général Myers à la chaîne al-Jazira. La coalition piétine toujours devant cette grande ville chiite du sud de l'Irak où un début de soulèvement a été signalé mais ne s'est pas étendu.
Dans la région de Najaf et de Karbala, deux villes saintes du chiisme situées à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, de violents combats ont opposé les soldats de la coalition aux premiers éléments de la garde présidentielle irakienne. Environ 1000 soldats irakiens auraient trouvé la mort à Najaf, selon un officier de l'armée américaine cité mercredi par l'AFP.
À l'est, plus de un millier de Marines du premier corps expéditionnaire en provenance de Nasiriya avançaient vers al-Kut (150 kilomètres au sud-est de Bagdad). La journée a été marquée par des tirs fratricides entre des Marines américains stationnés dans les faubourgs de Nasiriya, qui ont fait 37 blessés, dont cinq grièvement.
Al-Jazira a diffusé hier soir des images d'un deuxième hélicoptère Apache et d'un avion sans pilote américains qui auraient été abattus par l'armée irakienne dans le centre du pays. Washington a reconnu la perte d'un drone, mais pas celle d'un hélicoptère.
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