Ted Moses accorde son appui au PQ
Un geste sans précédent du grand chef cri, signataire de la «Paix des braves»
Fabien Deglise
25 mars 2003
Photo : Jacques Nadeau
Le premier ministre Bernard Landry et le chef cri Ted Moses, hier, à Montréal.
«Il va avoir mon vote!» Pour la première fois dans l'histoire du Québec, le grand chef du Grand Conseil des Cris, Ted Moses, a officiellement appuyé hier en soirée la candidature de Bernard Landry au poste de premier ministre du Québec. Un geste symbolique mais «cohérent», selon le Parti québécois.
«J'appuie Bernard Landry [...] mon ami et mon frère [...] et je vais recommander à mon peuple de soutenir le député actuel d'Ungava, Michel Létourneau», a lancé M. Moses dans la langue de Shakespeare lors d'un bref point de presse organisé au Club Saint-Denis — un club privé — de la rue Sherbrooke à Montréal. À ses côtés, sur fond de boiseries, le premier ministre était aux anges.
Au coeur de cette décision, qui vient tourner une page dans les rapports conflictuels entre le gouvernement québécois et les Cris, la relation d'amitié qui s'est tissée depuis quelques années entre les deux hommes — «notre relation va très bien, a dit M. Moses. Et pour le futur, nous aimerions pouvoir continuer à l'entretenir» —, mais aussi l'accord historique signé le 7 février 2002 entre les «nations québécoise et crie», entente connue sous le nom de «La Paix des braves».
«Tout ça est une suite logique et cohérente, a commenté un Bernard Landry radieux aux côtés du chef amérindien. Nous avons établi après des années tumultueuses des relations exemplaires qui découlent directement de l'action du grand René Lévesque [de reconnaître les droits des nations autochtones en 1985]. Il est normal dans ces conditions de regarder ce que les partis politiques ont à offrir. Dans son intérêt et celui de son peuple, M. Moses considère que c'est le nôtre. C'est un geste citoyen.»
Son appui exprimé, le représentant des Cris ne s'est pas gêné hier pour tirer au passage sur l'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti libéral (PLQ) qui, selon lui, pourraient bien faire reculer les relations entre Cris et Québécois de 25 années. «Les libéraux et les adéquistes ont annoncé le projet de Grande Baleine, qui va à l'encontre des principes sur lesquels nous nous sommes entendus avec l'entente de la Paix des braves», a-t-il précisé.
Même s'il espère, après le 14 avril, retrouver ses «amis et frères» du PQ au pouvoir, Ted Moses n'a toutefois pas pour autant appuyé l'option souverainiste inhérente à la formation politique de M. Landry. «Il s'agit ici d'une campagne électorale», a-t-il simplement résumé, tout en précisant être prêt à s'asseoir pour en discuter au moment opportun.
L'impact de cet appui reste encore difficile à évaluer sur les populations crie et autochtones du Québec dont le taux de participation aux scrutins électoraux est généralement faible et le vote exprimé majoritairement libéral. «Mais le message envoyé aujourd'hui par le chef est clair, a commenté hier, lors de l'annonce, l'avocat Roméo Saganash, du Grand Conseil des Cris: nous avons atteint la paix et nous voulons la conserver.» Un message que Moses a d'ailleurs l'intention de faire circuler dans sa communauté au cours des prochains jours afin, a-t-il précisé, de l'informer sur l'enjeu de cette élection.
«Cet appui est effectivement une première, a souligné M. Saganash, tout comme l'était d'ailleurs, à l'échelle mondiale, l'entente de la Paix des braves en matière de relation entre gouvernement et peuple autochtone. Avec cette entente, une grande partie des problèmes ont été réglés. L'appui de Ted Moses annoncé aujourd'hui est donc une manifestation de son amitié à MM. Landry et Létourneau qui témoigne aussi de son niveau de satisfaction de la Paix des braves.»
Interpellé à ce sujet, le chef de l'opposition, Jean Charest, a dit «respecter» l'appui de M. Moses à Bernard Landry. «On vit dans une démocratie, et M. Moses a parfaitement le droit de se prononcer, a-t-il dit. Je le respecte et j'en profite pour dire que ça ne change pas d'un iota la position que je défends sur la Paix des braves et l'approche commune.» Approche appuyée par les libéraux au lendemain de la signature de l'entente.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard
«J'appuie Bernard Landry [...] mon ami et mon frère [...] et je vais recommander à mon peuple de soutenir le député actuel d'Ungava, Michel Létourneau», a lancé M. Moses dans la langue de Shakespeare lors d'un bref point de presse organisé au Club Saint-Denis — un club privé — de la rue Sherbrooke à Montréal. À ses côtés, sur fond de boiseries, le premier ministre était aux anges.
Au coeur de cette décision, qui vient tourner une page dans les rapports conflictuels entre le gouvernement québécois et les Cris, la relation d'amitié qui s'est tissée depuis quelques années entre les deux hommes — «notre relation va très bien, a dit M. Moses. Et pour le futur, nous aimerions pouvoir continuer à l'entretenir» —, mais aussi l'accord historique signé le 7 février 2002 entre les «nations québécoise et crie», entente connue sous le nom de «La Paix des braves».
«Tout ça est une suite logique et cohérente, a commenté un Bernard Landry radieux aux côtés du chef amérindien. Nous avons établi après des années tumultueuses des relations exemplaires qui découlent directement de l'action du grand René Lévesque [de reconnaître les droits des nations autochtones en 1985]. Il est normal dans ces conditions de regarder ce que les partis politiques ont à offrir. Dans son intérêt et celui de son peuple, M. Moses considère que c'est le nôtre. C'est un geste citoyen.»
Son appui exprimé, le représentant des Cris ne s'est pas gêné hier pour tirer au passage sur l'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti libéral (PLQ) qui, selon lui, pourraient bien faire reculer les relations entre Cris et Québécois de 25 années. «Les libéraux et les adéquistes ont annoncé le projet de Grande Baleine, qui va à l'encontre des principes sur lesquels nous nous sommes entendus avec l'entente de la Paix des braves», a-t-il précisé.
Même s'il espère, après le 14 avril, retrouver ses «amis et frères» du PQ au pouvoir, Ted Moses n'a toutefois pas pour autant appuyé l'option souverainiste inhérente à la formation politique de M. Landry. «Il s'agit ici d'une campagne électorale», a-t-il simplement résumé, tout en précisant être prêt à s'asseoir pour en discuter au moment opportun.
L'impact de cet appui reste encore difficile à évaluer sur les populations crie et autochtones du Québec dont le taux de participation aux scrutins électoraux est généralement faible et le vote exprimé majoritairement libéral. «Mais le message envoyé aujourd'hui par le chef est clair, a commenté hier, lors de l'annonce, l'avocat Roméo Saganash, du Grand Conseil des Cris: nous avons atteint la paix et nous voulons la conserver.» Un message que Moses a d'ailleurs l'intention de faire circuler dans sa communauté au cours des prochains jours afin, a-t-il précisé, de l'informer sur l'enjeu de cette élection.
«Cet appui est effectivement une première, a souligné M. Saganash, tout comme l'était d'ailleurs, à l'échelle mondiale, l'entente de la Paix des braves en matière de relation entre gouvernement et peuple autochtone. Avec cette entente, une grande partie des problèmes ont été réglés. L'appui de Ted Moses annoncé aujourd'hui est donc une manifestation de son amitié à MM. Landry et Létourneau qui témoigne aussi de son niveau de satisfaction de la Paix des braves.»
Interpellé à ce sujet, le chef de l'opposition, Jean Charest, a dit «respecter» l'appui de M. Moses à Bernard Landry. «On vit dans une démocratie, et M. Moses a parfaitement le droit de se prononcer, a-t-il dit. Je le respecte et j'en profite pour dire que ça ne change pas d'un iota la position que je défends sur la Paix des braves et l'approche commune.» Approche appuyée par les libéraux au lendemain de la signature de l'entente.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard
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