Pourquoi je voterai ADQ (et non PQ)
Les gens de ma génération en ont assez des promesses de changement qui ne se réalisent jamais
Alexis Cossette-Trudel - Ex-président du Comité national des jeunes du PQ et candidat à la maîtrise en sciences politiques UQAM.
4 juin 2002
Les sondages récents le confirment, le gouvernement du Parti québécois souffre d'une grave crise de légitimité. Un an à peine après l'arrivée en trombe de Bernard Landry à la tête du gouvernement, les Québécois entendent se débarrasser du PQ aux prochaines élections, si la tendance se maintient comme dirait l'autre.
Que s'est-il passé pour que le vote du PQ s'effondre aussi vite et massivement? La victoire récente de l'ADQ dans la circonscription de Saguenay ne peut pas à elle seule expliquer une telle dégringolade.
La dernière fois que le PQ a été capable de revoir sa stratégie, c'est au début des années 90 avec le plan en trois étapes de Jacques Parizeau: 1) élection du PQ; 2) élection du Bloc; 3) référendum sur la souveraineté. Depuis, aucun débat n'a eu lieu au PQ sur la stratégie à adopter dans l'ère post-référendaire. Rien au Congrès de 1996, alors que le fédéral, lui, étendait ses tentacules partout au Québec avec le «plan B»; rien en 1998, après le jugement de la Cour suprême sur le droit à la sécession; rien non plus au congrès de 2000, alors que l'establishment du parti avait promis que ce congrès serait celui de la souveraineté. Bref, rien ne s'est produit au PQ depuis le passage de Jacques Parizeau. Aucune remise en cause, aucun débat, aucune idée neuve. Le PQ s'est enfermé lui-même dans un cul de sac idéologique, incapable de reformuler sa vision d'avenir du Québec.
On nous a dit aussi que l'arrivée de Bernard Landry changerait tout. Qu'il relancerait le projet souverainiste. Qu'il renouerait avec les valeurs sociales-démocrates. Que la lutte contre la pauvreté deviendrait sa priorité. On sait ce qu'il est advenu de toutes ces promesses qui nous ont tenus en haleine pendant un certain temps!
Les gens de ma génération en ont assez des promesses de changement qui ne se réalisent jamais et de l'éternel renouveau manqué du PQ. Que d'occasions ratées depuis une décennie! Avec autant de prises au bâton, il est grand temps de céder la place au prochain frappeur.
Dernière déception en date, les commentaires de madame Rita Dionne-Marsolais sur ma génération qui n'aident sûrement pas la cause du PQ, déjà mal en point. Je pense que l'individualisme est bien plus du côté de ceux et celles qui ne veulent pas lâcher prise. Comme un effet boomerang, ces commentaires de la ministre renforcent l'idée déjà si bien enracinée dans la population que le PQ est un vieux parti. En se laissant aller de la sorte, la ministre coupe le PQ d'une grande partie de la population, y compris des milliers de jeunes péquistes qui sont étonnamment muets sur ce sujet.
Incapable de se réinventer, pris au piège des conditions gagnantes, le PQ apparaît aujourd'hui comme un vestige de la guerre froide.
Pour toutes ces raisons, je voterai donc pour l'ADQ aux prochaines élections. Pas pour son programme, pas parce que je suis jeune et individualiste comme le prétend la ministre, mais pour une bouffée d'air fraisÉ et pour garder espoir dans notre avenir collectif!
Que s'est-il passé pour que le vote du PQ s'effondre aussi vite et massivement? La victoire récente de l'ADQ dans la circonscription de Saguenay ne peut pas à elle seule expliquer une telle dégringolade.
La dernière fois que le PQ a été capable de revoir sa stratégie, c'est au début des années 90 avec le plan en trois étapes de Jacques Parizeau: 1) élection du PQ; 2) élection du Bloc; 3) référendum sur la souveraineté. Depuis, aucun débat n'a eu lieu au PQ sur la stratégie à adopter dans l'ère post-référendaire. Rien au Congrès de 1996, alors que le fédéral, lui, étendait ses tentacules partout au Québec avec le «plan B»; rien en 1998, après le jugement de la Cour suprême sur le droit à la sécession; rien non plus au congrès de 2000, alors que l'establishment du parti avait promis que ce congrès serait celui de la souveraineté. Bref, rien ne s'est produit au PQ depuis le passage de Jacques Parizeau. Aucune remise en cause, aucun débat, aucune idée neuve. Le PQ s'est enfermé lui-même dans un cul de sac idéologique, incapable de reformuler sa vision d'avenir du Québec.
On nous a dit aussi que l'arrivée de Bernard Landry changerait tout. Qu'il relancerait le projet souverainiste. Qu'il renouerait avec les valeurs sociales-démocrates. Que la lutte contre la pauvreté deviendrait sa priorité. On sait ce qu'il est advenu de toutes ces promesses qui nous ont tenus en haleine pendant un certain temps!
Les gens de ma génération en ont assez des promesses de changement qui ne se réalisent jamais et de l'éternel renouveau manqué du PQ. Que d'occasions ratées depuis une décennie! Avec autant de prises au bâton, il est grand temps de céder la place au prochain frappeur.
Dernière déception en date, les commentaires de madame Rita Dionne-Marsolais sur ma génération qui n'aident sûrement pas la cause du PQ, déjà mal en point. Je pense que l'individualisme est bien plus du côté de ceux et celles qui ne veulent pas lâcher prise. Comme un effet boomerang, ces commentaires de la ministre renforcent l'idée déjà si bien enracinée dans la population que le PQ est un vieux parti. En se laissant aller de la sorte, la ministre coupe le PQ d'une grande partie de la population, y compris des milliers de jeunes péquistes qui sont étonnamment muets sur ce sujet.
Incapable de se réinventer, pris au piège des conditions gagnantes, le PQ apparaît aujourd'hui comme un vestige de la guerre froide.
Pour toutes ces raisons, je voterai donc pour l'ADQ aux prochaines élections. Pas pour son programme, pas parce que je suis jeune et individualiste comme le prétend la ministre, mais pour une bouffée d'air fraisÉ et pour garder espoir dans notre avenir collectif!
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