La pénurie de main-d'oeuvre: un enjeu oublié dans l'actuelle campagne électorale
Depuis le début de la campagne électorale, on parle beaucoup de la conciliation travail et vie de famille. Il s'agit d'une préoccupation qui, au même titre que l'accès à la santé, à l'éducation ou au travail, suscite un fort intérêt pour les personnes concernées. Permettre aux parents qui travaillent de pouvoir bien répondre à l'exigeante responsabilité qu'impose le développement de leurs jeunes enfants est une chose que notre société a le devoir de favoriser dans la mesure de ses moyens.
Nous savons tous que le vieillissement de la population exercera des pressions sur les finances publiques et le système de santé. Mais il exercera également une pression inquiétante sur le marché du travail. En effet, au cours des prochaines années, le marché du travail enregistrera plus de sorties que d'entrées ce qui suppose une pénurie de travailleurs spécialisés dans plusieurs régions du Québec.
Recrutement difficile
Au cours des derniers mois, les représentants de nombreuses régions dont l'Outaouais, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, ou même Montréal ont fait part de leurs préoccupations grandissantes de répondre adéquatement aux demandes de main-d'oeuvre des entreprises en pleine croissance de leur région. Le même message est répété ces jours-ci par les membres des conseils régionaux des partenaires du marché du travail, organismes composés de représentants syndicaux, patronaux et communautaires. Aux effets déjà dévastateurs du départ à la retraite de gens d'expérience s'ajoutent les effets plus sournois du manque d'attrait de la formation technique ou professionnelle spécialisée auprès des jeunes et ce, en dépit de taux de décrochage scolaire qui peuvent dans certains cas dépasser les 50 %.
Les difficultés de recrutement existent et le problème ira en s'accentuant au cours des prochaines années. L'offre ne répondra pas la demande. Des secteurs névralgiques de notre économie comme celui de la construction et du manufacturier — pour ne nommer que ceux-là —, en souffrent déjà. Dans le domaine de la construction, la Commission de la construction du Québec faisait récemment état de grands besoins à combler et du risque élevé de pénurie de main-d'oeuvre pour plusieurs métiers. Le secteur manufacturier, quant à lui, montre déjà des difficultés à pourvoir certains postes, comme par exemple dans le cas des électrotechniciens, des outilleurs de précision et dans les technologies de l'information. La liste est longue si on souhaite être exhaustif et s'étendre vers d'autres secteurs d'activités.
Pénurie de main-d'oeuvre spécialisée
Il est de bon augure d'accorder des congés aux parents de jeunes enfants. Mais qu'en est-il du devoir de la société de fournir des travailleurs qualifiés à son économie? Comment le prochain gouvernement envisage-t-il de faire face à cette situation de pénurie de la main-d'oeuvre spécialisée qui, presque inévitablement, aura des effets négatifs sur notre prospérité et notre qualité de vie? À cette question, nous obtenons bien peu de réponses. Malheureusement, il me semble que cela constitue l'enjeu oublié de l'actuelle campagne électorale.
Dans un contexte de pénurie de travailleurs, n'est-il pas hasardeux d'adopter de telles mesures de réduction du temps de travail? Réduire l'intensité du travail apparaît difficile à conjuguer avec pénurie de travailleurs. Les problèmes deviendront encore plus pénibles à surmonter pour les entreprises qui font face actuellement à une vive concurrence internationale. De là, l'importance de donner à cet enjeu toute l'attention qu'il mérite puisque le défi de recruter du personnel pourrait finalement forcer les entreprises à fermer leurs portes mettant ainsi fin au travail rémunéré de plusieurs québécois.
Le défi de demain est de concilier les besoins et aspirations professionnels et familiaux des parents de jeunes enfants à ceux du marché du travail et de l'activité économique en général. Ces deux questions doivent être abordées simultanément afin d'apporter des solutions flexibles, adaptées aux besoins et qui tiennent compte de ces deux impératifs.
Évitons de faire l'autruche devant un défi en apparence aussi complexe. L'enjeu est de taille et les conséquences pourraient être lourdes pour un grand nombre de concitoyens. La pénurie de travailleurs fait craindre des difficultés majeures pour nos industries et leurs nombreux employés. On ne peut plus le négliger.
Les problèmes vécus dans le système de santé depuis quelques année illustrent bien combien on peut souffrir de décisions prises sans que ne soient pris en compte les éventuels manques de ressources.
Nous savons tous que le vieillissement de la population exercera des pressions sur les finances publiques et le système de santé. Mais il exercera également une pression inquiétante sur le marché du travail. En effet, au cours des prochaines années, le marché du travail enregistrera plus de sorties que d'entrées ce qui suppose une pénurie de travailleurs spécialisés dans plusieurs régions du Québec.
Recrutement difficile
Au cours des derniers mois, les représentants de nombreuses régions dont l'Outaouais, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, ou même Montréal ont fait part de leurs préoccupations grandissantes de répondre adéquatement aux demandes de main-d'oeuvre des entreprises en pleine croissance de leur région. Le même message est répété ces jours-ci par les membres des conseils régionaux des partenaires du marché du travail, organismes composés de représentants syndicaux, patronaux et communautaires. Aux effets déjà dévastateurs du départ à la retraite de gens d'expérience s'ajoutent les effets plus sournois du manque d'attrait de la formation technique ou professionnelle spécialisée auprès des jeunes et ce, en dépit de taux de décrochage scolaire qui peuvent dans certains cas dépasser les 50 %.
Les difficultés de recrutement existent et le problème ira en s'accentuant au cours des prochaines années. L'offre ne répondra pas la demande. Des secteurs névralgiques de notre économie comme celui de la construction et du manufacturier — pour ne nommer que ceux-là —, en souffrent déjà. Dans le domaine de la construction, la Commission de la construction du Québec faisait récemment état de grands besoins à combler et du risque élevé de pénurie de main-d'oeuvre pour plusieurs métiers. Le secteur manufacturier, quant à lui, montre déjà des difficultés à pourvoir certains postes, comme par exemple dans le cas des électrotechniciens, des outilleurs de précision et dans les technologies de l'information. La liste est longue si on souhaite être exhaustif et s'étendre vers d'autres secteurs d'activités.
Pénurie de main-d'oeuvre spécialisée
Il est de bon augure d'accorder des congés aux parents de jeunes enfants. Mais qu'en est-il du devoir de la société de fournir des travailleurs qualifiés à son économie? Comment le prochain gouvernement envisage-t-il de faire face à cette situation de pénurie de la main-d'oeuvre spécialisée qui, presque inévitablement, aura des effets négatifs sur notre prospérité et notre qualité de vie? À cette question, nous obtenons bien peu de réponses. Malheureusement, il me semble que cela constitue l'enjeu oublié de l'actuelle campagne électorale.
Dans un contexte de pénurie de travailleurs, n'est-il pas hasardeux d'adopter de telles mesures de réduction du temps de travail? Réduire l'intensité du travail apparaît difficile à conjuguer avec pénurie de travailleurs. Les problèmes deviendront encore plus pénibles à surmonter pour les entreprises qui font face actuellement à une vive concurrence internationale. De là, l'importance de donner à cet enjeu toute l'attention qu'il mérite puisque le défi de recruter du personnel pourrait finalement forcer les entreprises à fermer leurs portes mettant ainsi fin au travail rémunéré de plusieurs québécois.
Le défi de demain est de concilier les besoins et aspirations professionnels et familiaux des parents de jeunes enfants à ceux du marché du travail et de l'activité économique en général. Ces deux questions doivent être abordées simultanément afin d'apporter des solutions flexibles, adaptées aux besoins et qui tiennent compte de ces deux impératifs.
Évitons de faire l'autruche devant un défi en apparence aussi complexe. L'enjeu est de taille et les conséquences pourraient être lourdes pour un grand nombre de concitoyens. La pénurie de travailleurs fait craindre des difficultés majeures pour nos industries et leurs nombreux employés. On ne peut plus le négliger.
Les problèmes vécus dans le système de santé depuis quelques année illustrent bien combien on peut souffrir de décisions prises sans que ne soient pris en compte les éventuels manques de ressources.
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