Lettres: Classe moyenne, pauvreté et banquiers...
Jean-François Lisée - Chercheur invité au CERI, Paris, membre du CPDS, Montréal
21 mars 2003
Dans sa chronique d'hier, Léon Courville a une fort mauvaise pensée pour l'article que j'ai publié en ces pages («Un mauvais procès au modèle québécois», 11 février 2003) et affirme que le Québec s'appauvrit.
Trois remarques. D'abord, selon les chiffres de l'OCDE et de l'Institut de la statistique du Québec, la richesse réelle par personne plaçait en 1992 le Québec au 17e rang des 30 pays les plus industrialisés. Depuis, l'enrichissement du Québec a été tel qu'il est désormais en dixième place, un bond surpassé seulement par l'Irlande. Ensuite, selon Statistique Canada, de 1989 à 2000, le Québécois moyen s'est enrichi de 7 % (après impôts, évidemment) alors que l'Ontarien s'est appauvri de 0,3 %. Enfin, M. Courville me reproche de m'intéresser aux pauvres. Je plaide coupable. Et il est vrai que les 25 % de Québécois du bas de l'échelle ont un niveau de vie plus élevé que ceux du reste du continent. Mais qu'il se rassure. Je m'intéresse aussi à la classe moyenne et je note avec Pierre Fortin que le revenu de travail médian réel au Québec était, en 1997, supérieur à celui du reste du Canada et de seulement 5,5 % plus faible qu'aux États-Unis, un écart qui s'est forcément réduit depuis, vu la croissance plus forte au Québec (données disponibles à jflisee.net). Cependant, je reconnais, avec une incommensurable tristesse, que nos vice-présidents de banque sont moins riches que ceux du reste du continent. J'avais accepté en février de débattre de ces questions avec M. Courville à la radio de Radio-Canada. Malheureusement, un conflit d'horaire l'a empêché d'y participer. À une autre fois, peut-être?
Trois remarques. D'abord, selon les chiffres de l'OCDE et de l'Institut de la statistique du Québec, la richesse réelle par personne plaçait en 1992 le Québec au 17e rang des 30 pays les plus industrialisés. Depuis, l'enrichissement du Québec a été tel qu'il est désormais en dixième place, un bond surpassé seulement par l'Irlande. Ensuite, selon Statistique Canada, de 1989 à 2000, le Québécois moyen s'est enrichi de 7 % (après impôts, évidemment) alors que l'Ontarien s'est appauvri de 0,3 %. Enfin, M. Courville me reproche de m'intéresser aux pauvres. Je plaide coupable. Et il est vrai que les 25 % de Québécois du bas de l'échelle ont un niveau de vie plus élevé que ceux du reste du continent. Mais qu'il se rassure. Je m'intéresse aussi à la classe moyenne et je note avec Pierre Fortin que le revenu de travail médian réel au Québec était, en 1997, supérieur à celui du reste du Canada et de seulement 5,5 % plus faible qu'aux États-Unis, un écart qui s'est forcément réduit depuis, vu la croissance plus forte au Québec (données disponibles à jflisee.net). Cependant, je reconnais, avec une incommensurable tristesse, que nos vice-présidents de banque sont moins riches que ceux du reste du continent. J'avais accepté en février de débattre de ces questions avec M. Courville à la radio de Radio-Canada. Malheureusement, un conflit d'horaire l'a empêché d'y participer. À une autre fois, peut-être?
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