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Question d'images - Capitaine Obama

Jean-Jacques Stréliski   2 mars 2009 
Une récente tribune téléphonique à la radio, sur le rôle des médias dans l'actuelle période de récession, m'a réellement interpellé. Gérald Filion, chroniqueur financier à RDI et Radio-Canada, y était convié. Il faut dire, et c'est justice, que M. Filion est sans doute l'un des hommes les plus écoutés du Québec.

Monsieur Baromètre de l'économie, il me paraît s'imposer comme le «Steve Flanagan» de la crise financière. Homme sérieux, vulgarisateur de talent, il se montre rassurant dans son allure et crédible dans son propos qui, lui, ne l'est pas toujours, et pour cause. En introduction à la tribune radiophonique, ce dernier donna donc un point de vue fort éclairé sur la part du psychologique dans l'actuelle morosité des marchés boursiers, montrant comment ces mêmes marchés étaient sensibles à des petites phrases, des articles ou des titres dans la presse, des déclarations d'économistes et, bien entendu, à celles des politiciens. Bref, des marchés tributaires de leur propre moral. Un aspect qui, comme dans toute partie de poker, joue un rôle capital. Puis le sujet s'est rapidement passionné voire enflammé quand débuta la partie publique de la tribune. Et on comprit alors que le psychologique ne touchait pas seulement les investisseurs, mais l'ensemble de la population. Autrement dit, chacun d'entre nous ou presque. On s'y plaignait de l'omniprésence de la crise économique dans les médias québécois. Non pas que l'on ne veuille pas y croire, mais simplement parce que la kyrielle de nouvelles alarmantes et le type de commentaires qu'on nous sert au quotidien ont réellement dépassé la dose de l'acceptable. Les médias, il est vrai, ont parfois bon dos et servent aussi de formidable exutoire collectif. Cependant, il est clair, cette fois, que quelque chose de plus semble vivement déranger le public, c'est ce ton pathétique, pour ne pas dire alarmiste, de certains présentateurs ou présentatrices de télévision. Chacun, chacune y allant de sa nouvelle catastrophe en y mettant toute la théâtralité nécessaire. Du sensationnalisme de fort mauvais aloi pour beaucoup. Comme si l'huissier était à la porte pour saisir les micros et les caméras. Pas très bon pour le moral tout ça!

Autre fait perturbant, sans vouloir jouer à l'autruche, on craint également que cette surabondance de mauvaises nouvelles ne vienne simplement parasiter les signes, mêmes timides, d'une éventuelle reprise. On refuse — et c'est sain — de tomber dans la sinistrose collective. En bonne société résiliente, la société québécoise refuse, une fois de plus, d'abdiquer.

De l'autre côté de la frontière, quelques jours plus tard, comme pour donner du poids à ce refus de capituler devant la crise, Barack Obama prononce devant les deux chambres du Congrès réunies, un discours d'anthologie (un autre!). Quel changement dans le fond et le style avec l'ancien président! Sans mélodrame, mais avec réalisme, le nouveau président américain amène ses concitoyens à prendre conscience de l'immense tâche qui les attend. À se préparer certes à résister, à combattre et à faire les sacrifices nécessaires, mais surtout à aménager la sortie de crise en bâtissant une Amérique meilleure.

Dans la plus grande tourmente économique de l'histoire des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, Barack Obama en capitaine lucide et courageux, paraît plus déterminé que jamais: l'Amérique ressortira plus forte de la crise.

S'il est facile de se laisser aller au ton déclamatoire d'un discours — d'autres ne s'en sont pas privés avant lui —, il n'est pas pour autant évident de garder de la retenue, de faire montre de compassion avec ceux qui souffrent des conséquences innombrables de la circonstance et de faire preuve d'encouragement à l'endroit des grosses comme des petites entreprises. Sans paternalisme, sans condescendance. Dans la franchise la plus sincère.

Jour après jour, et tandis qu'il met en place les bases de sa nouvelle politique, il appert que Barack Obama accomplira ce qu'il dit — et qu'il n'a cessé de répéter durant sa longue campagne à la présidence. Pour les citoyens des États-Unis, comme pour ceux de bien des pays — à commencer par le Canada —, tout ça est assez nouveau. On n'est pas habitués, c'est tout.

Si l'expression n'avait pas déjà été empruntée pour qualifier jadis l'image de feu le président Mitterrand, je dirais que «la force tranquille» pourrait fort bien s'appliquer pour décrire ce que projette désormais Barack Obama. Après seulement un mois et demi au pouvoir, il est déjà le repère de confiance de centaines de millions de gens qui, pour retrouver le moral, préfèrent écouter les discours de leur président que celui des lecteurs de bulletins de nouvelles. Cela aussi est nouveau.

****

Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d'images.






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 07h58
    L'image et l'économie
    « «Des millions de gens qui, pour retrouver le moral, préfèrent écouter les discours de leur président que celui des lecteurs de bulletins de nouvelles. Cela aussi est nouveau. »

    C'est nouveau et c'est tant mieux.
    Il vaut toujours mieux écouter l'original que d'entendre ces peaufineurs de la pensée.

    Avec l'original on se fait sa propre opinion, tandis qu'avec les lecteurs commentateurs "analystes", "spécialistes", on nous impose une opinion.

    J'ai de la difficulté à comprendre la description que fait, M. Image Stréliski, de notre Monsieur Baromètre de l'économie!

    « Monsieur Baromètre de l'économie, il me paraît s'imposer comme le «Steve Flanagan» de la crise financière. Homme sérieux, vulgarisateur de talent, il se montre rassurant dans son allure et crédible dans son propos qui, lui, ne l'est pas toujours, et pour cause. »

    « Son propos qui, lui, ne l'est pas toujours, et pour cause. »
    Notre spécialiste de l'image est-il soudainement devenu un spécialiste de l'économie?

    Bien sûr, notre M. Baromètre s'est, semble-t-il, aventuré dans le domaine psychologique!
    Mais tout de même avec raison. Combien de fois ne parle-t-on pas de la psychologie de l'investisseur, de la confiance du consommateur, etc.
    Cette dérive de l'économie vers la psychologie était totalement justifiée.

    Notre Monsieur Image est-il jaloux de la popularité de notre Monsieur Baromètre?
    Je me le demande parce que je n'ai pas vraiment saisi sa description du Monsieur.

    Si Monsieur Filion a tant de succès, c'est qu'il a une approche humaine de l'économie. Il sort du discours traditionnel de l'église économique pour nous remettre les deux pieds sur terre dans l'économie réelle.
    Nul besoin de spécialistes pour comprendre cette popularité.



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Lallier N.p
    Inscrite
    lundi 2 mars 2009 09h35
    Vrai !
    « Pour une fois qu'un politicien est plus crédible que les médias »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 11h16
    Il manque 80% dans la caisse à Bama
    « Budget Obama: 3940 milliards
    Revenu: 2190
    Deficit: 1750 milliards
    Déficit/revenu: 80%!!!!
    En d'autres termes, pour balancer son budget faudrait qu'il augmente ses taxes et impots de 80%!!!!

    Mais c'est pas tout: il prévoit que si tout va bien il va avoir un déficit de 533 milliards en 2013. L'équivalent d'à peu près 14 milliards pour le Québec. Vs avez bien lu: si Obama réussit, si l'économie reprend, ils vont se retrouver avec l'équivalent d'un déficit de 14 milliards au Québec. La fin de l'Empire américain?

    En comparaison, Monique devrait nous annoncer un déficit de 2 milliards pour des revenus de 65. Mais parait qu'on est pauvres.. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 20h36
    L'Objectif de notre présence ICI-BAS n'est pas budgétaire alors...
    « Au départ on s'entêtent à faire fausse route avec la lubie de l'équilibre budgétaire donc, c'est pas étonnant qu'on en soit rendus(es) à ce gouffre financier quasiment impossible à combler.

    Quand est-ce que cette chute aux enfers des fosses abyssales financières a-t'elle commencer....?

    Eh bien je vais le répéter pour les gens qui n'ont qu'un esprit mercantile alors que , NOUS sommes, ou plutôt NOUS NOUS incarnons ICI-BAS pour tenter de Grandir en Maturité et en $age$$e (sagesse). C'est dès que la gestion de la bourse mondiale des chrétiens(nes) a été cédée aux humains et aux humaines et que le Vice de l'Avarice en a obnubilés(es) plusieurs(es). De ce fait involutif, l'argent est devenu rare dans le monde démocratique. Les richesses se concentrant dans des bulles financières avec lesquelles on fait une compétition entre les pays démocratiques du globe. C'est à qui réussira d'accumuler le plus de richesses alors, il n'y a rien d'étonnant à qu'on soient toujours pris en coninuel déficit.

    Le seul moyen de s'en sortir est de faire un "Retour vers le Futur" ou "Revenir aux anciennes méthodes de répartition des richesses qu'on utilisaient" avant que l'argent ne devienne le seul but futile des humains & des humaines, à partir de juin 1989. Ce, quand karol wojtyla alias jean-paul II a faite cesser la saine coutume que l'Église avait de répartir les richesses après chaque période de quatre années, depuis la période qui a suivi la dernière Guerre Mondiale 39-45...

    Ainsi il était devenu impossible de créer des disparités aussi grandes entre les riches et les pauvres et la VIE ÉVOLUTIVE sur cette Terre qui était d'Émeraude à cette Époque ,était encore possible. Mais, de nos jours, seule la richesse en argent est importante, au point qu'on détruit tout ce qui semble propice à rapporter de l'argent, quitte à ce que ce soit la disparition totale de l'objet visé par l'exploitation.

    Répétons le, "Revenir vers le Futur" signifie "Retrouver la Maturité de savoir prélever le stricte nécessaire à notre survie et laisser en place assez de ressources pour permettre un renouvellement de celles-ci, selon la capacité de résilience observée.

    C'est pourtant pas si difficile à comprendre! Sommes-NOUS assez intelligents(es)?

    Merci de votre Attention & faudrait y Réfléchir sinon...

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière »

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