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Le capitaine ou le bateau ?

26 février 2009 
Comment M. Courville peut-il conclure que la Caisse de dépôt est trop grosse à partir de quelques exemples d'erreurs. Où est la rigueur dans cet exposé?

Quelques commentaires sur les erreurs:

- La nomination de Pierre Lortie chez Provigo s'inscrivait dans une stratégie de diversification de l'entreprise, décidée par son conseil d'administration. C'était un choix stratégique que des milliers d'entreprises ont fait dans les années 1980. Critiquer cette stratégie à la mode de l'époque, c'est critiquer tout un mouvement de management soutenu par de nombreuses écoles de gestion. Il est certes facile aujourd'hui de ne retenir de cet échec que la nomination d'un homme par la Caisse, car cela évite l'analyse rigoureuse.

- La transaction refusée de fusionner Domtar à Consolidated Bathurst était un coup de relations publiques de Power. Je suis étonné que ce refus d'une proposition spontanée qui n'en était pas une ait fait autant de millage jusqu'à ce jour.

- Brascade était une erreur où un investissement minoritaire dans un «holding» rendait la Caisse prisonnière de l'actionnaire majoritaire. Cette erreur, coûteuse certes, a amené les caisses de retraite à être plus actives dans la gestion de leurs placements et à rechercher un minimum de liquidité dans leurs placements privés.

Savard et Delorme sans reproches? Les rendements très moyens et l'immobilisme de cette époque ne pouvaient être soulignés par un avocat d'une gouvernance de contrepoids. Cette absence de reproches ne serait-elle pas le fruit d'une philosophie qui préconise qu'une caisse qui ne fait rien (donc qui ne fait pas d'erreurs) est meilleure qu'une caisse active et «proactive»?

«La démonstration des cas de Scraire et de Rousseau est déjà faite!» Quelle démonstration? Celle faite par des journalistes brouillons en mal de gros titres? Celle faite par des politiciens en mal de photos devant l'immeuble de la Caisse? Et pourquoi occulter les bons coups, les performances exceptionnelles de la majorité des périodes?

Comment peut-on conclure de façon aussi désinvolte un sujet qui aurait eu besoin d'une analyse plus rigoureuse? Profiter de résultats désastreux pour lancer le débat sur la taille de la Caisse ne présage pas d'un débat sérieux et serein.






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