Nos archaïsmes
Jean-Marie Francoeur - Le 5 février 2009
7 février 2009
La sortie à Paris mardi du député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France-Québec: «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre» mérite qu'on s'y attarde. C'est une bonne occasion d'aller fouiller dans nos archaïsmes, joyaux impérissables de notre langue.
Ce mot est très ancien. On le trouve dans La Farce de Maître Pathelin et dans Villon. Furetière écrit: «Masse qu'on fait en forme de boules de diverses choses. Les écoliers se battent avec des pelotes de neige. Cette armée se grossit comme une pelote de neige qui tombe des montagnes [...], et à Peloter: Jouer à la paume pour s'exercer, ou passer le temps, sans jouer partie réglée. On dit figurément, qu'un homme pelote en attendant partie, quand il s'amuse à quelque léger divertissement en attendant un meilleur.» Il est présent dans les actes notariés de Nouvelle-France dans le sens d'une boule de matière quelconque. Comme la pelote à épingles: «Coussinet où les femmes fichent des aiguilles et des épingles.» La poupée vaudou de Sarkozy est une pelote puisqu'on y enfonce des aiguilles!
Existait également au XVIIe siècle un «droit de pelote»: «Le droit de pelote était dû aussi par les filles qui se mariaient avec des étrangers (Toulon); on fermait les portes, et on ne laissait partir la mariée que quand elle avait payé à l'hôpital des pauvres le droit fixé à un pour cent de la dot» (Littré). Peloter voulait également dire autrefois: «Figuré et populairement. Battre, maltraiter de coups ou de paroles. "Il a voulu faire le mutin, on l'a vigoureusement peloté. Il a été bien peloté dans cette discussion".»
La Gaspésie est un réservoir linguistique unique, spécialement pour les termes de marine. Peloter en marine veut dire appâter l'hameçon. Nos amis, toujours pleins de vigueur et d'esprit, ont sans doute appliqué ce mot, comme des milliers d'autres, à une connotation sexuelle, sens qui n'était pas absent autrefois. On disait anciennement «se mettre en la pelote» pour se mettre au travail. «Jouer à la pelote» pour remuer et aussi pour se moquer. «Mettre en pelote» pour faire culbuter. «Soi mettre en pelotte» pour se laisser peloter, se laisser couvrir. Après quoi, on se retrouve «la pelote à terre».
Ce mot est très ancien. On le trouve dans La Farce de Maître Pathelin et dans Villon. Furetière écrit: «Masse qu'on fait en forme de boules de diverses choses. Les écoliers se battent avec des pelotes de neige. Cette armée se grossit comme une pelote de neige qui tombe des montagnes [...], et à Peloter: Jouer à la paume pour s'exercer, ou passer le temps, sans jouer partie réglée. On dit figurément, qu'un homme pelote en attendant partie, quand il s'amuse à quelque léger divertissement en attendant un meilleur.» Il est présent dans les actes notariés de Nouvelle-France dans le sens d'une boule de matière quelconque. Comme la pelote à épingles: «Coussinet où les femmes fichent des aiguilles et des épingles.» La poupée vaudou de Sarkozy est une pelote puisqu'on y enfonce des aiguilles!
Existait également au XVIIe siècle un «droit de pelote»: «Le droit de pelote était dû aussi par les filles qui se mariaient avec des étrangers (Toulon); on fermait les portes, et on ne laissait partir la mariée que quand elle avait payé à l'hôpital des pauvres le droit fixé à un pour cent de la dot» (Littré). Peloter voulait également dire autrefois: «Figuré et populairement. Battre, maltraiter de coups ou de paroles. "Il a voulu faire le mutin, on l'a vigoureusement peloté. Il a été bien peloté dans cette discussion".»
La Gaspésie est un réservoir linguistique unique, spécialement pour les termes de marine. Peloter en marine veut dire appâter l'hameçon. Nos amis, toujours pleins de vigueur et d'esprit, ont sans doute appliqué ce mot, comme des milliers d'autres, à une connotation sexuelle, sens qui n'était pas absent autrefois. On disait anciennement «se mettre en la pelote» pour se mettre au travail. «Jouer à la pelote» pour remuer et aussi pour se moquer. «Mettre en pelote» pour faire culbuter. «Soi mettre en pelotte» pour se laisser peloter, se laisser couvrir. Après quoi, on se retrouve «la pelote à terre».
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