Réplique à Robin Philpot - La France n'est pas le Québec
La controverse entourant les déclarations du président français Nicolas Sarkozy à l'occasion de la remise de la Légion d'honneur au premier ministre du Québec reflète avant tout la sensibilité épidermique et obsessionnelle des souverainistes pour le moindre balbutiement des autorités françaises sur la question nationale québécoise. Les Louise Beaudoin, Gérald Larose, Gilles Duceppe et Robin Philpot sont les gardiens de cette relique héritée du général de Gaulle. Encore que de Gaulle est le seul à vraiment connaître le sens qu'il a voulu donner à sa célèbre déclaration de 1967 et il n'est malheureusement plus en mesure de préciser sa pensée.
En dehors des cercles souverainistes, il y a fort à parier que cette sortie de son texte du président Sarkozy n'a pas plus ému ses compatriotes de l'Hexagone que les Québécois dans leur ensemble, plus préoccupés par la crise économique et la menace protectionniste américaine que par des considérations hypothétiques sur l'avenir politique du Québec. Jean Charest a eu raison de rappeler avec aplomb que l'avenir du Québec se décide au Québec par les Québécois.
À la décharge des souverainistes, il faut dire que le président Sarkozy n'est pas un adepte de la langue de bois ou des circonvolutions diplomatiques. Il n'a pas fait mentir sa réputation et cela présente au moins l'avantage de savoir où il loge. De là à croire, comme Robin Philpot (Le Devoir du 4 février) qu'il est incapable de penser par lui-même et qu'il est en quelque sorte la marionnette de Paul Desmarais, il y a un pas à ne pas franchir. À lire Philpot, Paul Desmarais aurait mis la main sur le président français tout comme sur Daniel Johnson, Jean Charest, Brian Mulroney et plusieurs autres politiciens, des gens qui, pourtant, même avec l'appui de Power Corporation, n'auraient pas pu faire grand-chose sans se faire élire.
Un complot
Selon ce qu'écrit Philpot, les Québécois n'auraient pas encore choisi la souveraineté uniquement parce qu'ils se trouvent devant un complot ourdi par Paul Desmarais. Et là, Philpot nous entraîne dans un profond délire paranoïaque dans lequel il amalgame les résultats du référendum de 1995, volé selon une thèse antérieure du même auteur, le plan B, la Loi sur la clarté, les commandites, la pétrolière française Total, Gaz de France-Suez, l'Alberta et l'Ontario!!! Pourquoi pas Vladimir Poutine? Toutes les personnes concernées se seraient liguées contre la souveraineté du Québec qui, soit dit en passant, a été rejetée à l'occasion de deux référendums! On laissera Philpot à ses affabulations. En matière de développement et de progrès du Québec, je préfère les états de service de Paul Desmarais à ceux de Robin Philpot.
Le véritable problème des souverainistes, c'est qu'ils n'ont eu de cesse, avec un acharnement inégalé, de tenter de convaincre les responsables politiques français du bien-fondé de leur option alors qu'ils n'ont pas encore réussi à en convaincre leurs compatriotes québécois. Depuis des années, Louise Beaudoin, longtemps chef de notre diplomatie, ne jure que par Paris. De courbettes en pèlerinages outre-Atlantique, de soupirs en petites phrases ambiguës, de querelles de drapeaux en petits gestes perçus comme une aumône, Mme Beaudoin affichait un sourire triomphant chaque fois qu'un député ou un sénateur français la gratifiait d'un regard obligeant. Une photo en compagnie d'un sénateur ou d'un député français signifiait qu'il adhérait à l'option péquiste! Ne serait-il pas temps que les souverainistes comprennent que les Québécois, bien que fiers de leurs racines françaises, sont plus proches des New-Yorkais que des Parisiens?
En dehors des cercles souverainistes, il y a fort à parier que cette sortie de son texte du président Sarkozy n'a pas plus ému ses compatriotes de l'Hexagone que les Québécois dans leur ensemble, plus préoccupés par la crise économique et la menace protectionniste américaine que par des considérations hypothétiques sur l'avenir politique du Québec. Jean Charest a eu raison de rappeler avec aplomb que l'avenir du Québec se décide au Québec par les Québécois.
À la décharge des souverainistes, il faut dire que le président Sarkozy n'est pas un adepte de la langue de bois ou des circonvolutions diplomatiques. Il n'a pas fait mentir sa réputation et cela présente au moins l'avantage de savoir où il loge. De là à croire, comme Robin Philpot (Le Devoir du 4 février) qu'il est incapable de penser par lui-même et qu'il est en quelque sorte la marionnette de Paul Desmarais, il y a un pas à ne pas franchir. À lire Philpot, Paul Desmarais aurait mis la main sur le président français tout comme sur Daniel Johnson, Jean Charest, Brian Mulroney et plusieurs autres politiciens, des gens qui, pourtant, même avec l'appui de Power Corporation, n'auraient pas pu faire grand-chose sans se faire élire.
Un complot
Selon ce qu'écrit Philpot, les Québécois n'auraient pas encore choisi la souveraineté uniquement parce qu'ils se trouvent devant un complot ourdi par Paul Desmarais. Et là, Philpot nous entraîne dans un profond délire paranoïaque dans lequel il amalgame les résultats du référendum de 1995, volé selon une thèse antérieure du même auteur, le plan B, la Loi sur la clarté, les commandites, la pétrolière française Total, Gaz de France-Suez, l'Alberta et l'Ontario!!! Pourquoi pas Vladimir Poutine? Toutes les personnes concernées se seraient liguées contre la souveraineté du Québec qui, soit dit en passant, a été rejetée à l'occasion de deux référendums! On laissera Philpot à ses affabulations. En matière de développement et de progrès du Québec, je préfère les états de service de Paul Desmarais à ceux de Robin Philpot.
Le véritable problème des souverainistes, c'est qu'ils n'ont eu de cesse, avec un acharnement inégalé, de tenter de convaincre les responsables politiques français du bien-fondé de leur option alors qu'ils n'ont pas encore réussi à en convaincre leurs compatriotes québécois. Depuis des années, Louise Beaudoin, longtemps chef de notre diplomatie, ne jure que par Paris. De courbettes en pèlerinages outre-Atlantique, de soupirs en petites phrases ambiguës, de querelles de drapeaux en petits gestes perçus comme une aumône, Mme Beaudoin affichait un sourire triomphant chaque fois qu'un député ou un sénateur français la gratifiait d'un regard obligeant. Une photo en compagnie d'un sénateur ou d'un député français signifiait qu'il adhérait à l'option péquiste! Ne serait-il pas temps que les souverainistes comprennent que les Québécois, bien que fiers de leurs racines françaises, sont plus proches des New-Yorkais que des Parisiens?
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