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Nos génies en herbe

Une enfance lâchée lousse

Josée Blanchette   30 janvier 2009 
Les enfants se développent mieux quand ils ont assez de temps et d’espace pour respirer, traîner, se détendre, prendre des risques et faire des erreurs, rêver et s’amuser selon leurs règles, et même échouer.
Photo : Agence Reuters
Les enfants se développent mieux quand ils ont assez de temps et d’espace pour respirer, traîner, se détendre, prendre des risques et faire des erreurs, rêver et s’amuser selon leurs règles, et même échouer.
«Quels que soient les efforts engagés, le fait d'élever des enfants finit toujours par générer des comportements bizarres, et je ne parle pas des enfants.»- Bill Cosby «Nous attendons d'eux qu'ils accomplissent nos rêves tout en étant fidèles à eux-mêmes.» - Carl Honoré

Je ne voudrais pas être une enfant des années 2000. Je n'ai pas ce qu'il faut, pas l'ADN assez compétitif, le QI trop mou, pas suffisamment d'ambitions sportives; j'aurais capitulé avant d'entrer à la maternelle. Drop-out à cinq ans, squigee à dix. Que de pression, que d'angoisse! L'enfance n'est plus un terrain de jeux, c'est devenu du sérieux, de la haute voltige pour chiens savants, du génie en herbe gavé d'herbicides, vert comme un green de golf. On passe des examens dès la conception et ça ne s'arrête plus jamais. Pas étonnant qu'on étire l'enfance si longtemps plutôt que de la vivre pleinement, en concentré, entre 0 et 18 ans, les deux doigts dans le nez.

Et pourtant, j'ai donné dans la performance moi aussi, atteint l'école secondaire à l'âge de 10 ans, le cégep à 15. Y a pas de quoi se péter les bretelles, j'ai raté de belles occasions de rester innocente et de conserver ma virginité plus longtemps.

Aujourd'hui, c'est encore pire, je suis le parent en herbe d'un petit génie en formation. Tous les enfants de la classe moyenne et supérieure le sont, c'est leur lot, une façon de susciter la pitié dans un monde qui les utilise comme des cobayes ou des rats de labo lobotomisés. Ils n'ont pas faim, ils sont gavés, anhédoniques, privés de désirs.

Comme tous les parents bien intentionnés — l'enfer est pavé de bonnes intentions, comme vous le savez —, j'ai fondé des espoirs démesurés sur l'intelligence de mon rejeton, sur le ratio énergie investie/rendement sur cinq ans; j'ai même acheté un livre intitulé 100 recettes pour booster l'intelligence de votre enfant, mais je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir.

Je lui ai fait écouter des CD d'apprentissage de l'espagnol in utero en mettant de l'argent de côté pour son Régime d'épargne-études, je l'ai inscrit à des cours de natation à six mois, j'ai consulté un pédopsychiatre durant la gestation, suivi un cours de RCR dès qu'il s'est pointé le bout du nez par césarienne d'urgence, et participé à des ateliers de massage deux semaines après.

Je l'ai allaité un an pour me faire pardonner de l'avoir mis au monde et pour l'immuniser contre tout, surtout la bêtise, j'ai cuisiné bio en lui faisant écouter les vidéos Baby Einstein. J'ai lu tous les maudits spécialistes, les super nanies et les psys sur la question de son délicat développement moteur, cognitif et affectif. Jusqu'au jour où j'ai balancé mon «projet». Basta! J'étais à deux doigts de me bouffer les huit autres.

Mon fils me remerciera bien un jour. Ou alors il cherchera sa mère toute sa vie dans chaque femme qu'il rencontrera, ce qui revient au même. Ils font tous ça.

Élever un enfant, mais combien haut ?

Aujourd'hui, j'élève toujours un petit génie mais j'abdique devant tout ce qui ressemble à une fête d'anniversaire coproduite par le Cirque du Soleil, des activités de p.-d.g. qui l'empêchent de niaiser dans sa chambre tout seul en se prenant pour Kovalev; j'ai mis un holà à la surstimulation commanditée par Ritalin, puis son père et moi n'avons pas demandé de dérogation pour qu'il puisse être admis au MIT dans dix ans.

Notre fils de cinq ans va même faire son entrée un an plus tard à la maternelle parce que je n'ai pas réussi à pousser à la date prévue pour l'accouchement. J'avais séché les cours prénataux au CLSC... Dieu me pardonne, j'avais aussi omis de lire La Maternité pour les nulles.

Heureusement, pétrie de culpabilité (le plus grand moteur de recherche féminin), j'ai écouté les recommandations du papa de mon B et je me suis plongée dans la lecture de Manifeste pour une enfance heureuse de Carl Honoré, l'auteur qui nous a donné Éloge de la lenteur il y a quelques années. Ce manifeste est un bonheur de lecture que je recommande à tous les parents et à tous ceux qui veulent comprendre pourquoi ils résistent à l'idée de se reproduire. Ça les réconfortera dans leurs choix respectifs.

Cette enquête journalistique doublée d'un essai sur 350 pages plaira aussi à tous les membres du corps professoral et à la pléthore de spécialistes de l'enfance sans lesquels nous ne pourrions plus mener un être humain à terme. «Mon ambition est de découvrir un moyen d'apaiser l'angoisse dont nos enfants font l'objet», écrit l'auteur, journaliste et papa, qui a fait le tour du monde pour prendre le pouls de cette anxiété généralisée.

De l'Italie au Japon en passant par les États-Unis, le Canada et la Finlande, Carl Honoré brosse un tableau assez complet «des» systèmes d'éducation et des modes qui propulsent le balancier dans une direction puis en sens inverse selon les études, des soubresauts de l'économie et des découvertes des chercheurs qui travaillent avec des rats studieux.

Époque instable, enfants prodiges

Résultat? Nos chères petites têtes blondes ne savent même pas ce qu'est le concept de liberté et sont câblés, surveillés, managés, véhiculés, formatés et conséquemment fragilisés car nous ne leur lâchons plus les baskets. Il y a dix ans, le principal motif de consultation chez les psys universitaires était le chagrin d'amour; aujourd'hui, c'est l'angoisse.

Il est d'ailleurs très instructif, à ce chapitre, de prendre connaissance de ce que l'ex-responsable des admissions au MIT dit de nos enfants: ils se développent mieux quand ils ont assez de temps et d'espace pour respirer, traîner, se détendre, prendre des risques et faire des erreurs, rêver et s'amuser selon leurs règles, et même échouer. Oui, les sonates de Mozart peuvent améliorer leur raisonnement spatiotemporel, mais l'effet ne dure que 20 minutes.

On n'a qu'une seule enfance et toute la vie pour s'en rappeler ensuite. Ce surinvestissement parental en dit long surtout sur la vanité des parents, justement, qui ont placé les enfants au centre de leur vie, de leur nombril, et qui s'attendent à être récompensés pour les lourds sacrifices qu'ils concèdent.

Plus l'avenir est incertain, plus on investit dans ceux qui bâtiront demain, c'est un réflexe normal, paraît-il. Reste à se demander si on veut élever un hamster qui pédale dans un carrousel ou un être humain capable de se tenir dans ses bottines.

***

cherejoblo@ledevoir.com

***

Reçu: Manger, un jeu d'enfant de Guylaine Guèvremont et Marie-Claude Lortie (La Presse). Ah! l'éducation alimentaire, une autre obsession pour les parents, et elle revient trois fois par jour! Le bouquin fait la part des choses et refuse de se cantonner dans les régimes et la peur des aliments, en cette époque de sédentarité et d'obésité. Les enfants ont un instinct sûr en matière de nourriture, mais encore faut-il les laisser explorer et se rappeler qu'ils imiteront leurs parents d'abord. Des trucs pour les enfants difficiles, les ados qui mangent en cachette ou qui sont victimes des pressions du groupe. Du coup, on retrouve l'immense plaisir et le grand espace de liberté qu'offre le terrain culinaire.

Lu: à mon B Le Livre des Hic, Snif, Atchoum, Boum-Boum! et Le Livre des Miam, Glourps, Glou, Plop (Gallimard Jeunesse), deux livres pop-up qui permettent à l'enfant de parcourir l'intérieur de son corps, l'un s'intéressant particulièrement au système digestif qui fascine tant les enfants et l'autre, au système vasculaire et pulmonaire. Très bien faits et fort appréciés. À partir de cinq ans.

Savouré: chaque page du dernier Claude Ponti: Catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer (école des loisirs). Comme d'habitude, mon auteur jeunesse préféré nous gâte avec son imaginaire débridé et son style déjanté. Tous les types de parents, des solitaires aux triiiiistes en passant par les ravis, les jetables, les compliqués, les arbres, les lourds, les poirpomes, la seule (toutes les monos se reconnaîtront!), les enveloppants, les trouillons, le seul (tous les monos se...), l'absent, et j'en passe. Dé-li-cieux. De 5 à 105 ans.

Visionné: Le Martien de Noël (1971) avec Marcel Sabourin en compagnie de mon B, qui s'en est entiché. Outre le côté drolatique de ce film de science-fiction québécois, j'y ai redécouvert à quel point les parents étaient complètement irresponsables il y a 40 ans. Les deux jeunes enfants du film disparaissent toute la journée en compagnie d'un martien et malgré le fait qu'ils soient absents pour le souper, le père rassure la maman en lui disant que leurs enfants ont bien le droit de jouer dehors car ils sont en vacances. Science-fiction totale en 2009.

***

L'ancien temps

«Maman? Est-ce qu'il va y avoir encore de l'ancien temps quand tu seras morte?», m'a-t-il demandé. Mon ancien temps? Ça s'appellera de «l'histoire» ou «une autre époque», mon chou, peut-être même «la fin d'un monde». Et ton ancien temps à toi, nous sommes en train de le fabriquer.

Tu pourras dire que ta mère chauffait au bois à la campagne, qu'elle cuisinait des gaufres avec de la vraie farine, qu'elle dansait sur de la musette ou sur les Charbonniers de l'Enfer, qu'elle te chantait Plus bleu que le bleu de tes yeux avec un micro en bois, qu'elle lisait des livres en papier et qu'elle pelletait son toit de garage à bras tandis que toi tu jouais au hockey sur le prélart de la cuisine avec des pantoufles en Phentex.

Tes enfants vont trouver ça exotique à mort. Je te garde la recette des gaufres, on ne sait jamais. La question est de savoir si les poules pondront encore des oeufs dans le nouveau temps.

***

www.chatelaine.com/joblo
 
 
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  • Richard Brin
    Inscrit
    vendredi 30 janvier 2009 06h58
    genie
    tu as un don pour nous mettre de bonne humeur le matin avec ta chronique je t'en remercie beaucoup.

    richard brin ste-adèle

  • Laval Chabon
    Abonné
    vendredi 30 janvier 2009 07h50
    Les Alphabets Débouchés
    Un petit manuel pour préparer une nouvelle alphabétisation.
    Histoires de bonnes cultures

    Quelques leçons sur les Alphabets Débouchés

    Je vais vous écrire une lettre presque toute mal écrite, non-corrigée, et en voici la raison: les sons audios ne sont pas bien représentés dans ces lignes que vous avez mal appris à lire dès la petite école, et dont vous avez bien mal acquis, par les mauvaises habitudes que vos professeur(e)s vous ont forcés à pratiquer, le mauvais savoir. En effet, si les lettres sont sensées représenter des sons que nous utilisons pour parler, nous devons tout d'abord étudier comment se comportent les sons pour être bien entendus, puis nous efforcer d'en respecter les principes, notamment leur propagation, puis leur transcription. C'est que tous les sons sont bel et bien des vibrations de l'air ambiant. Les animaux, comme les plantigrades, actionnent leur fonction sonore par la respiration au moyen du boyau de la trachée par où passe l'air, provenu par la base des poumons, soit la poussée du diaphragme, et est ensuite compressé par des battements rapides des cordes vocales selon un volume égalisé par une pensée, une intention, une intonation qui les précèdent, les contrôlent et qui les soutiennent, pour sortir enfin par la bouche ou par les narines. C'est la forme élaborée du son émis par tout animal(e), ceci incluant les humain(e)s.

    Les sons comestibles des céréales, quant à eux, sont recueillis par des machines roulantes d'origine humaines, ou bien à la main, équipé ou non de faucilles, puis ils sont ensachés avec ou sans huile végétale, avec la farine pour la consommation des faims, pour la satiété, et permettre une bonne combustion digestive des plus légères. Au moyen de ce même boyau par où passe la respiration, il y a une subdivision où les aliments végétaux dont nous parlons, (id est: le son, par exemple), poursuivent un itinéraire différent pour être compressés par des sucs gastriques et intestinaux en combustion biologique, selon le volume de l'appétit des personnes, égalisé par la pensée du repas précédent et pourvus de l'abondance infinie qui nous environne sécuritairement.

    Comme il est prévu que sans une intervention extérieure, au moyen d'un espace hermétique, nous ne pouvons ni produire ni entendre aucun son, c'est-à-dire sans circulation d'air, comme dans un pot bouché, dans une boîte de conserve, dans un sac pas ouvert. Prenons aussi un instrument de musique qui serait laissé dans son étui, prenons de plus une ampoule électrique toujours éteinte, jamais branchée, ou bien encore un robinet toujours fermé, une chaufferette à off, ou si vous voulez, une pensée qui n'exprime bien jamais bien ce qu'elle veut dire, une automobile au garage, quelque chose qui ne fonctionne pas, en somme inerte. Prenons aussi un objet utile qu'on a coupé en deux ou en plusieurs parties, ou une poupée démontée, ou un appareil électrique ou électronique décortiqué dont on a séparé les pièces, ou quatre couvercles de pintes de lait troués, ou encore un ordinateur auto-destructeur, dont ni les concepteurs, ni les fabricants, ni les utilisateurs n'auraient jamais voulu ni programmé une option pareille sur lui, eh bien, je vais vous le dire, aucune de ces choses ne peut produire un son amanchées de même. De même, une semence ou une graine écrasée, pourrie ou brisée, ou morte comme on dit, ne peut pas germer, faire une pousse, grandir, fleurir ou fructifier, puis donner non plus une semence entourée de son enveloppe qu'on nomme courramment le son (de blé par exemple).

    Bouger, c'est faire du son. C'est faire des sons, des bruits, de la musique. C'est aussi donner un sens aux sons, aux bruits et à la musique que nous faisons. Depuis le plus petit insecte jusqu'aux éléphant(e)s, en passant par le battement du plus petit coeur qui existe, jusqu'aux coeurs des rorqual(e)s bleus, tous ces coeurs qui battent ont commencé par être des oeufs avant d'avoir eu un peu de sang, rouge ou bleu.

    Lorsque nous écrivons, nous dessinons des signes calligraphiques qui sont sensés exprimer des sons. Or, si nous savons que les sons audibles ne sont pas muets, pourquoi donc les lettres de l'alphabet (l'occidental latin par exemple) comportent-elles plusieurs signes dont les configurations nous indiquent tantôt un espace clos, tantôt sont représentées par deux signes séparés pour une seule lettre, ou tantôt encore deux ou plusieurs signes qui s'entrecoupent? Je ne chercherai pas de bonnes raisons pour expliquer ces lacunes. Je vais plutôt vous expliquer qu'un outil comme un spectomètre ou un oscilloscope audio-numérique nous montre bien qu'aucun son n'est double et qu'aucun son n'est entrecoupé.

    Comme la courbe d'une vague sur l'eau, l'onde oscille et transporte l'intensité de la vibration depuis sa source jusqu'au loin, dans des rayons de trois cent soixante-cinq degrés et quart. De même, dans l'air, bien qu'invisible, les ondes sonores se propagent, et comme sur l'eau, elles ne reviennent jamais en arrière, à moins d'avoir frappé un obstacle, comme un mur, une paroi, n'importe quel objet solide sur lesquels elles se réfractent, rebondissent comme d'une nouvelle source, plus faible. Comme la lumière se reflète dans un miroir, si on veut trouver une comparaison qui aide à bien faire comprendre la pensée que je vous soumet.
    Le dessin schématisé des ondes sonores ressemble à ceci: ∿
    Ainsi, nous sommes à même de constater toute l'absurdité de ces signes de l'alphabet qui sont (ils ne le sont pas tous) incongrus aux principes sonores. Vous en conviendrez, les écrivains et les copistes de l'ancien temps ne disposaient pas de ces outils modernes de la technique des enregistrements audio. Ces appareils nous ont permis de bien visualiser ce qui se passe dans le dessin, ou la représentation des mouvements de la vibration de tout bruit, de tout cri, ou parole ou musique, bref, tout ce qui comporte un volume audible calculable en décibels. Mais dès maintenant que nous avons vérifié ces assertions, il ne nous est plus loisible de nous permettre de faire encore ces erreurs. Ces défauts ont eu trop de conséquences désastreuses sur l'apprentissage non-maîtrisé des littératures de tous les pays à l'école, et qui ont bloqué tant de bonnes volontés de par de mauvaises expressions visuelles et textuelles découlant sur le langage et les comportements des élèves d'abord, puis des adultes subséquemment.

    Le processus qu'a engendré ma réflexion sur la relation des caractères avec les sons audibles, s'est échelonné sur plus d'un an. D'abord par simple prise de conscience des énergies négatives qui ressortaient des textes en général, j'ai reconnu que les mauvais caractères courants, et il y en a quarante et un en langue française, que je citerai plus loin, poussaient notre pensée à être mauvaise, et à nous rebuter de beaucoup de réflexions positives, de sources littéraires, devenant beaucoup trop improductifs (et improductives), par les mauvais exemples de certains signes destinés à représenter les sons articulés de nos mots, de notre parole, de nos phrases et de nos courts ou longs discours.

    Dans une seconde étape, j'ai pris le crayon et la plume pour visualiser comment bien réparer l'alphabet. Je me suis mis à écrire dans des cahiers des exercices d'écrire d'une nouvelle manière un peu tout ce qui me venait alors à l'esprit. Cette nouvelle façon correspondait plus à la science acoustique des sons. Je réalisai alors à l'écriture et à la relecture de mes cahiers de grands soulagements. Je sentis mon intelligence plus légère au fur et à mesure que je continuais.

    Sur les entrefaites, je devins très malin.. Dès le début du mois de juillet de l'an dernier, je pris la résolution de devenir une sorte de végétarien, ou végétalien. Moi j'appelle ça être un «végétuerien». J'ai jeté à la poubelle tout ce que j'avais de viandes réfrigérées, congelées ou bien en conserves. Je n'avais plus d'oeufs, et bien que j'aie été malade deux ou trois fois pour avoir mangé des nouilles aux oeufs sans le savoir bien tout-à-fait, je ne me suis jamais plus racheté des oeufs ou des recettes contenant des oeufs ou des sous-produits des oeufs. Je n'ai pas racheté de poisson, plus jamais. Pas de crustacés, ni de mollusques. C'est pour ça que je suis devenu très malin.. En effet, je suis aussi si bien doux que non seulement je ne tue rien, aucun animal, mais qu'aussi je n'encourage personne en les payant pour les tuer, à l'avance ou non.

    Si ça va vous décourager, dites-vous que j'évite la guerre. La guerre extérieure et la guerre intestinale. J'évite le conflit d'ingurgiter des animaux morts qui n'ont pas pu se défendre contre les bouchers qui les ont fait souffrir. Leur chair est morte d'une façon enrageante. Leur consommation n'est pas autre chose que de l'obsession. La page que j'ai tournée à ce sujet est, et demeure toute aussi bien irréversible qu'irrévocable. Et comme disait un certain chanteur populaire, « - Vous savez, vous êtes ce que vous mangez.. »

    Ceci a une relation intime avec l'alphabet débouché que dans une troisième étape je mis en oeuvre au moyen de l'ordinateur comme celui avec lequel je vous écris. Sur une dernière période de six mois, j'ai donc recherché presque quotidiennement dans les palettes de caractères additionnels fournis avec le DVD du système d'exploitation de mon ordinateur les lettres les plus adéquates ou bien les plus approximatives de l'imitation sonore des consonnes d'abord, des voyelles ensuite, en ne cherchant pas à faire de l'art visuel, idéographique non plus, mais bien en m'appliquant à reproduire au plus près possible ce que j'avais déjà établi dans mes cahiers manuels. Au bout de ces recherches dans toutes sortes de caractères et de codes internationaux, je parvins à réaliser une nouvelle palette de caractères personnelle. Pour la réaliser, je dois encore cependant la mettre en fonction par un procédé que l'on nomme par la «substitution de caractères». Je trouve cela assez fastidieux, mais j'espère qu'un jour ou bien l'autre je pourrai l'avoir disponible directement à la frappe sur le clavier. La transcription immédiate de mon nouvel alphabet serait beaucoup moins longue à écrire. Ce sera encore meilleur lorsque le clavier lui-même affichera sur ses boutons tous les nouveaux signes des caractères, consonnes et voyelles.

    Et voici donc la grande valeur que j'attache à la lettre la première qui fut l'amorce de tout le grand procédé que j'ai mis en oeuvre. Il s'explique dans la première lettre
    d'Éole (et Savéa) dans le livre de la Jeunesse, chap, 1

    Je vous cite les versets 26 à 31, les versets précédents étant assez bien connus:

    26. Puis Éole (et Savéa) dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
    27. Éole (et Savéa) créa l'homme à son image, il le créa à l'image d'Éole (et Savéa), il créa l'homme et la femme.
    28. Éole (et Savéa) les bénit, et Éole (et Savéa) leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et là, sous mets t; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.
    29. Et Éole (et Savéa) dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.
    30. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.
    31. Éole (et Savéa) vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le trente-et-unième jour.

    Le décalogue est bien éclairé sur ce point. À l'amendement numéro 7, il est écrit:

    ⚡
    Tu ne tueras point.
    Le végétuerianisme est donc de rigueur.
    Les vieux signes alpha(bétique)s minuscules comptent donc 24 erreurs:
    aàâbdeèéêëfgi ï î joôpqtùûx
    Ceux-ci sont ou bouchés, ou s'entrecoupent, ou des coups doubles ou triples par unité.
    Les bonnes lettres minuscules déjà connues sont donc au nombre de 13:
    c h k l m n r s u v w y z
    Nous voyons donc que les signes ne doivent pas être bouchés, ni coupés, ni entrecoupés, ni coups doubles ou triples. Pour être valables, ils doivent montrer l'ouverture nécessaire au passage du souffle sonore, transcrit visuellement. Ils sont maintenant des signes visibles que les sons du souffle circulent. Vous pourrez le constater dans la version «végétuerienne» de ce texte, si annexée.

    Physiquement et scientifiquement, les sons ne peuvent pas s'entrecouper. Ils ne sont pas des coups doubles. Dans ce cas, nous devrions les prononcer deux fois. De plus, nous n'avons pas l'obligation sous peine de mort de nous représenter sans cesse par des lettres les avortements ni les tortures meurtrières qu'on infligea aux animaux tout aussi bien que vous pouvez le penser, ou aux humains dans leur passé. Qu'on les pense ou bien qu'on les prononce, selon le bon principe du: «un son = un signe» demeure. Nous devons aussi au dessin de l'écriture bien imiter la courbe sonore en ceci qu'elle nous apparaît selon un spectomètre ou un oscilloscope qu'on retrouve dans un laboratoire audio ou médical scientifiques = ∿ et demeurer paisibles aux moments de lecture et au moment d'écrire.

    Selon ces pricipes, les vieilles majuscules comptent 20 erreurs:
    AÀÂBDÉÈÊËÎ ÏOÔPQRTÙÛX
    Cependant, quand les caractères sont accentués, il peut apparaître que les accents soient collés dessus. À mon humble avis, à ce moment-là, si le caractère est déjà débouché, ou sans coups multiples, cela ne compte pas pour une erreur.
    Par conséquent, les bonnes majuscules sont au nombre de 16:
    CEFGHIJKLMNSUVWZ

    Le nouvel alphabet est à paraître bientôt..
    Et bonne chance!
    Laval Chabon

  • André R Dubois
    Abonné
    vendredi 30 janvier 2009 07h54
    Bon vieux temps, JEBLAGUE
    J'envoie cet article à mon petit-fils âgé de deux semaines. (très) Bientôt il lira, à propos du bon vieux temps.
    Merci JOBLO

  • Jean-claude de Brouwer
    Inscrit
    vendredi 30 janvier 2009 09h50
    MERCI pour les enfants
    Me voilà un grand papa heureux de lire la sagesse d'une maman moderne !!
    MERCI pour tous mes petits enfants.

  • Denis Thibault
    Abonné
    vendredi 30 janvier 2009 12h05
    Retomber en enfance
    Je pense que l'enfance est un temps béni pour les parents qui apprennent, comme de juste, à devenir parent pour la première fois.

    Te rappelles-tu la première fois? Il était une fois... c'est un mot qui n'arrive qu'une fois et pourtant, avec un enfant, il y a plein de première fois qui sont autant de repères et d'occasions pour entrer en contact avec ce petit vorace qui veut tout connaître et tout apprendre.

    Bénis sont les parents qui n'ont pas rompu avec leur enfance et qui retombe en amour à chaque fois que l'occasion leur en est donnée.

    Dans un sens, il n'y a pas de ratage possible qui ne puisse se rattraper d'une façon ou d'une autre, du moment qu'on accepte de sortir du catalogue prédéfini des 'choses' à transmettre de toute nécessité. Ce n'est pas parce que les enfants sont des éponges qu'il faut les gaver comme des oies, les programmer comme des robots, que sais-je encore.

    Je pense que les enfants ont bien plus besoin de contenant que de contenus. Pour eux, ce qui prime, c'est bien plus la sécurité affective, l'estime de soi, le bien-être, la tendresse donnée et reçue.

    Tous les chemins mènent à Rome. Chaque parent est libre de choisir celui qui lui plaît dans la mesure où il rejoint son enfant, entre en relation avec son imaginaire d'enfant et lui insuffle le réenchantement du monde.

    Au vu des critères 'programmatiques', j'ai été un mauvais père. Je n'ai pas inscrit mes enfants à des cours de ceci ou de cela; sauf peut-être la natation, une activité de gymnastique et une autre de karaté. Si peu. En gymnastique même, quand j'ai vu les yeux ronds de la monitrice qui voulait enrôler ma petite dans le volet compétition--«votre fille a vraiment du talent monsieur, ce serait dommage de gaspiller ça»--je n'ai rien fait pour 'l'encourager' à développer son côté spartiate... surtout que ça ne venait pas d'elle.

    Je n'ai lu aucun livre et fuit comme la peste tous les cours pour devenir un bon parent.

    Par contre! nous avons passé des heures, des heures entières, à faire des 'cabanes' en couvertures avec les meubles du salon, à chanter à tue-tête dans l'auto, à jouer à cache-cache dans la maison, à lire des livres bien plus tard que d'habitude, à faire des batailles navales dans le bain, à déconner des heures à table autour des jurons du capitaine Haddock, à faire des tunnels dans la neige. Genre!

    J'ai adoré votre chronique Josée. Elle rejoint mes valeurs profondes sur l'enfance, l'éducation et la pédagogie.

    Évidemment, je ne juge pas les parents qui se donnent sans compter pour leurs enfants. Je n'ai pas eu ce courage, ni cette énergie, voilà tout! J'ai préféré de loin m'investir autrement et préserver cette donnée essentielle qu'est le 'temps'. Le mien. Le leur. Et souhaiter qu'il se trouve, dans cet espace disponible au mouvement du désir, un lieu de rencontre inédit entre une grande personne et une petite personne.

    À toujours les traiter comme des personnes, leur parler comme des grands, à ne jamais rire de leurs gaucheries, vous allez voir, ils vont vouloir devenir 'grands', penser par eux-mêmes et parler comme du monde.

    Quel bonheur j'ai eu! c'est pas disable

  • Stéphanie LeBlanc
    Inscrite
    vendredi 30 janvier 2009 13h41
    L'enfant-miroir
    Certains parents ont si peu confiance en leurs propres capacités parentales qu'ils s'imaginent que leur enfant va devenir déficiant s'il n'est pas sur-stimulé en permanence. Ils orientent chaque aspect de sa vie et chaque activité vers cette recherche de la perfection! Même le jeu, qui devrait être spontanné, est constamment dirigé vers un idéal de performance et devient obligatoirement éducatif, alors que c'est le jeu en lui-même qui rempli un rôle formateur chez l'enfant.

    D'autres parents veulent un enfant qui les conforte dans l'idée qu'ils sont eux-même performants. Il n'est plus suffisant que l'enfant s'amuse et découvre divers jeux et passe-temps, il faut qu'il soit expert en tout! Pour faire un expert, ça pend un expert bien sûr! On veut que notre enfant fasse découvre les arts, le chant, la danse ou la musique? On l'inscrit à un cours de dessin, de chant, de danse ou de piano! De préférence durant la même année!

    Je n'ai rien contre le fait de suivre des cours mais pas 4 ou 5 à la fois! Certains enfants ont un horaire essouflant et risquent de finir par ne plus s'amuser du tout et de continuer juste par peur de décevoir leurs parents. De plus, ils n'apprennent pas à gérer l'ennui puisqu'on ne les laisse jamais tranquilles. En outre, ils deviennent dépendants à un horaire et paniquent lorsqu'ils ne savent pas quoi faire. En voulant tout donner aux enfants, on risque de les noyer sous une montagne d'activités "éducatives". C'est comme si on les gavait pour être sûr qu'ils ne crèvent pas de faim!

    Ce n'est pourtant pas difficile de stimuler un enfant sans pour autant le soumettre à une course à la performance. Ma mère me montrait à dessiner, me chantait des chansons, me lisait des histoires, me faisait de la pâte à modeler, etc. Elle encourageait mes goûts sans les diriger. Si j'avais chanté faux ou dessiné mal, ma mère ne m'aurait pas traînée chez un prof de chant ou un prof d'arts plastique! Ce n'était pas important pour elle, l'important c'était que je m'amuse! Plus tard, j'ai pratiqué des activités sportives et culturelles mais c'est parce que je le voulais bien et j'étais libre de continuer ou pas. On n'a qu'une enfance et nous devrions souhaiter avoir des enfants épanouis et heureux, pas des petits animaux savants chargés de nous renvoyer notre propre image...

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    vendredi 30 janvier 2009 13h49
    À lire avant d'accoucher !
    J'ai lu la Cause des enfants de Dolto pendant ma grossesse.

    Ça relaxe et ramène le gros bon sens à la bonne place.
    Se fier à son instinct et laisser l'enfant grandir à son rythme
    et le traiter comme une personne intelligente.

    Il y a bien sûr la société de consommation qui gruge beaucoup
    mais un rapport respectueux de part et d'autre et une bonne communication
    permet de s'expliquer et de donner un cadre sécurisant pour l'enfant.
    C'est exigeant dans le sens que ça bouscule le rapport d'autorité traditionnelle
    mais la dynamique est beaucoup plus intéressante et les relations plus transparentes.

    On ne peut pas tout faire, il faut juste un équilibre entre les besoins de base.
    On transmet nos meilleures valeurs et non celles dictées de l'extérieur.
    Le gros bon sens et c'est tout.

    Ma fille est brillante et pourtant nous n'avons pas tous les gadgets et les produits à la mode, les cours divers etc. On a un budget et on vit avec en fixant les priorités annuellement. Elle choisit une ou deux activités (sportive et culturelle) et on s'organise pour le reste. Si je peux lui offrir plus, ça devient des gâteries ponctuelles qui lui font plaisir et non des obligations sociales. Pas toujours évident mais ça crée un climat plus sain.

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