Américains et Britanniques ont le devoir de protéger les civils
New York — Les envahisseurs américains et britanniques ont le devoir de protéger les civils irakiens, a solennellement rappelé hier le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, alors que le monde appréhende la catastrophe humanitaire qui découlera du conflit.
«Selon le droit international, la responsabilité de protéger les civils lors d'un conflit incombe aux belligérants et, dans toute zone sous occupation militaire, la responsabilité de l'assistance aux populations repose sur la puissance occupante», a déclaré M. Annan.
L'ONU a promis de venir en aide aux civils irakiens en cas d'intervention militaire unilatérale, mais dans la mesure du possible, a précisé M. Annan. Son discours se veut une véritable mise en garde contre le «désastre imminent» qui résultera du conflit.
«Des millions de personnes à travers le monde sont déçues par la perspective d'une guerre. C'est un triste jour pour l'ONU et pour la communauté internationale», a ajouté M. Annan dans un discours qui a clôturé une séance du Conseil de sécurité au cours de laquelle les ministres des Affaires étrangères de la France, de la Russie et de l'Allemagne ont répété leur opposition à la guerre.
Les États-Unis affirment qu'ils ont déjà prévu une aide à l'Irak de 154 millions de dollars pour la nourriture, les médicaments et la création de «la plus grande équipe chargée d'aide humanitaire d'urgence jamais créée», a affirmé le porte-parole du département d'État, Richard Boucher. L'équipe compte 60 membres en provenance de l'Agence américaine pour le développement international.
Les États-Unis ont aussi annoncé qu'ils présenteront bientôt un projet de résolution sur la reprise du programme «Pétrole contre nourriture», une initiative d'une «importance essentielle», selon l'ambassadeur américain à l'ONU, John Negroponte. Ce programme, suspendu lundi par l'ONU, assure la survie directe de six Irakiens sur dix.
«Le fait que les États-Unis se soient engagés à reconstruire les infrastructures qu'ils s'apprêtent à détruire est pour nous une source de joie sincère», a grincé l'ambassadeur irakien Mohamed al-Douri. «Le bourreau ne peut aider la victime», a-t-il ajouté, estimant que l'offensive armée fera «des dizaines de milliers de morts».
L'Europe soucieuse
L'Union européenne est également prête à accorder une aide humanitaire à l'Irak mais elle refuse à ce stade de financer la reconstruction d'un pays qui serait détruit par les bombes anglo-américaines.
George Papandréou, le ministre grec des Affaires étrangères, dont le pays préside pour l'instant l'Union européenne, a annoncé hier que le sommet européen d'aujourd'hui et demain ne cherchera pas à occulter les divisions entre les Quinze sur le dossier irakien. «Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas passer ces divergences sous silence, il faut permettre au débat d'avoir lieu et voir ce que cela signifie pour l'Union européenne», a-t-il dit après une réunion avec ses homologues des Quinze.
Le seul point d'accord est l'octroi d'une aide alimentaire d'urgence aux victimes du conflit, pour laquelle 21 millions d'euros (environ 33 millions de dollars) sont immédiatement disponibles dans le budget de l'UE. Pour le reste, les Quinze sont divisés en deux camps antagonistes, les Britanniques s'étant alignés sur les États-Unis alors que la majorité des pays se sentent plus proches de la position franco-allemande, favorable à la poursuite des inspections afin de désarmer complètement le régime de Saddam Hussein.
«Il n'y a même pas d'accord sur le mot "reconstruction"», a expliqué George Papandréou en soulignant qu'il était trop tôt pour aborder ce dossier.
Plusieurs pays refusent d'assumer la fonction de banquiers, comme ils l'ont fait entre autres pour la reconstruction de l'ex-Yougoslavie, surtout si l'ONU n'est pas appelée à jouer un rôle moteur dans l'après-guerre.
Appel d'Amnesty International
Amnesty International (AI) a enfin lancé un appel au président américain George Bush ainsi qu'aux chefs de gouvernement britannique Tony Blair et espagnol José Maria Aznar pour que «les droits de l'homme soient entièrement appliqués» en cas de guerre contre l'Irak.
«Ceux qui prévoient de lancer des opérations militaires contre l'Irak ont une responsabilité particulière pour s'assurer que les droits de l'homme internationaux et les lois humanitaires soient entièrement appliqués», a affirmé la secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan, dans une lettre ouverte à MM. Bush, Blair et Aznar.
Amnesty a lancé le même appel au président irakien Saddam Hussein, «qui doit également obéir à ses obligations». L'organisation a énuméré un certain nombre d'obligations que les belligérants doivent respecter, dont:
- protéger les populations civiles en adhérant aux règles des lois internationales en matière de droits de l'homme;
- s'abstenir d'utiliser des armes interdites;
- traiter les prisonniers civils de façon honnête et humaine;
- protéger les droits des combattants;
- s'assurer que l'on tienne compte de la sécurité et des besoins humanitaires de la population irakienne;
- protéger et aider les réfugiés et les personnes déplacées;
- s'assurer que les auteurs de crimes soient traduits en justice conformément à la loi internationale;
- soutenir et faciliter le déploiement en Irak d'observateurs des droits de l'homme dès que la situation le permettra.
«Selon le droit international, la responsabilité de protéger les civils lors d'un conflit incombe aux belligérants et, dans toute zone sous occupation militaire, la responsabilité de l'assistance aux populations repose sur la puissance occupante», a déclaré M. Annan.
L'ONU a promis de venir en aide aux civils irakiens en cas d'intervention militaire unilatérale, mais dans la mesure du possible, a précisé M. Annan. Son discours se veut une véritable mise en garde contre le «désastre imminent» qui résultera du conflit.
«Des millions de personnes à travers le monde sont déçues par la perspective d'une guerre. C'est un triste jour pour l'ONU et pour la communauté internationale», a ajouté M. Annan dans un discours qui a clôturé une séance du Conseil de sécurité au cours de laquelle les ministres des Affaires étrangères de la France, de la Russie et de l'Allemagne ont répété leur opposition à la guerre.
Les États-Unis affirment qu'ils ont déjà prévu une aide à l'Irak de 154 millions de dollars pour la nourriture, les médicaments et la création de «la plus grande équipe chargée d'aide humanitaire d'urgence jamais créée», a affirmé le porte-parole du département d'État, Richard Boucher. L'équipe compte 60 membres en provenance de l'Agence américaine pour le développement international.
Les États-Unis ont aussi annoncé qu'ils présenteront bientôt un projet de résolution sur la reprise du programme «Pétrole contre nourriture», une initiative d'une «importance essentielle», selon l'ambassadeur américain à l'ONU, John Negroponte. Ce programme, suspendu lundi par l'ONU, assure la survie directe de six Irakiens sur dix.
«Le fait que les États-Unis se soient engagés à reconstruire les infrastructures qu'ils s'apprêtent à détruire est pour nous une source de joie sincère», a grincé l'ambassadeur irakien Mohamed al-Douri. «Le bourreau ne peut aider la victime», a-t-il ajouté, estimant que l'offensive armée fera «des dizaines de milliers de morts».
L'Europe soucieuse
L'Union européenne est également prête à accorder une aide humanitaire à l'Irak mais elle refuse à ce stade de financer la reconstruction d'un pays qui serait détruit par les bombes anglo-américaines.
George Papandréou, le ministre grec des Affaires étrangères, dont le pays préside pour l'instant l'Union européenne, a annoncé hier que le sommet européen d'aujourd'hui et demain ne cherchera pas à occulter les divisions entre les Quinze sur le dossier irakien. «Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas passer ces divergences sous silence, il faut permettre au débat d'avoir lieu et voir ce que cela signifie pour l'Union européenne», a-t-il dit après une réunion avec ses homologues des Quinze.
Le seul point d'accord est l'octroi d'une aide alimentaire d'urgence aux victimes du conflit, pour laquelle 21 millions d'euros (environ 33 millions de dollars) sont immédiatement disponibles dans le budget de l'UE. Pour le reste, les Quinze sont divisés en deux camps antagonistes, les Britanniques s'étant alignés sur les États-Unis alors que la majorité des pays se sentent plus proches de la position franco-allemande, favorable à la poursuite des inspections afin de désarmer complètement le régime de Saddam Hussein.
«Il n'y a même pas d'accord sur le mot "reconstruction"», a expliqué George Papandréou en soulignant qu'il était trop tôt pour aborder ce dossier.
Plusieurs pays refusent d'assumer la fonction de banquiers, comme ils l'ont fait entre autres pour la reconstruction de l'ex-Yougoslavie, surtout si l'ONU n'est pas appelée à jouer un rôle moteur dans l'après-guerre.
Appel d'Amnesty International
Amnesty International (AI) a enfin lancé un appel au président américain George Bush ainsi qu'aux chefs de gouvernement britannique Tony Blair et espagnol José Maria Aznar pour que «les droits de l'homme soient entièrement appliqués» en cas de guerre contre l'Irak.
«Ceux qui prévoient de lancer des opérations militaires contre l'Irak ont une responsabilité particulière pour s'assurer que les droits de l'homme internationaux et les lois humanitaires soient entièrement appliqués», a affirmé la secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan, dans une lettre ouverte à MM. Bush, Blair et Aznar.
Amnesty a lancé le même appel au président irakien Saddam Hussein, «qui doit également obéir à ses obligations». L'organisation a énuméré un certain nombre d'obligations que les belligérants doivent respecter, dont:
- protéger les populations civiles en adhérant aux règles des lois internationales en matière de droits de l'homme;
- s'abstenir d'utiliser des armes interdites;
- traiter les prisonniers civils de façon honnête et humaine;
- protéger les droits des combattants;
- s'assurer que l'on tienne compte de la sécurité et des besoins humanitaires de la population irakienne;
- protéger et aider les réfugiés et les personnes déplacées;
- s'assurer que les auteurs de crimes soient traduits en justice conformément à la loi internationale;
- soutenir et faciliter le déploiement en Irak d'observateurs des droits de l'homme dès que la situation le permettra.
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