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Lettres: Les dés sont jetés

Daniel Bérubé - Québec, le 16 mars 2003  20 mars 2003 
L'an dernier, un de mes amis a décidé de passer un mois au Vietnam seul. À son retour, la première chose dont il m'a informé est l'extrême ressentiment que les gens de ce pays entretiennent à l'endroit des Blancs, de tous les Blancs. Il n'est pas peureux de nature, et pourtant, en plusieurs occasions, il n'a pas dormi tranquille, c'est le moins qu'on puisse dire.

La guerre du Vietnam était une guerre difficilement justifiable qui a fait près de deux millions de morts du côté vietnamien. Le ressentiment des Vietnamiens s'explique.

La guerre qui se prépare en Irak semble avoir été décidée d'avance en dépit de la mobilisation internationale contre ce projet. Les raisons que les faucons de la Maison-Blanche donnent pour la justifier ne tiennent pas la route. En effet, faire la guerre contre tous les pays dirigés par des dictateurs plongerait la planète dans le chaos. De plus, la manière mercantile dont les faucons s'y prennent pour convaincre certains pays de les appuyer relève des méthodes du crime organisé.

J'ai participé aux trois dernières marches pour la paix parce je pense qu'une guerre cause des dommages irréparables et que le fait d'y recourir constitue un échec pour la seule organisation susceptible de gérer de façon démocratique les relations internationales. L'ONU subira-t-elle le même sort que la Société des nations? Dans l'affirmative, ce serait une catastrophe pour l'humanité, et j'en suis rendu à penser que le véritable but poursuivi par Washington est de détruire l'ONU, cet empêcheur de tourner en rond. Aucun pays ne devrait pouvoir imposer unilatéralement ses politiques à un autre pays sans l'assentiment à la majorité des pays de la communauté internationale. Pas même les États-Unis.

Cette guerre exacerbera le ressentiment à l'endroit de ce pays. À plus long terme, ce ressentiment jouera contre les intérêts des Occidentaux que nous sommes, de tous les Occidentaux.

L'ONU joue son existence en ce moment: il en va de sa crédibilité. Elle se doit de réagir vigoureusement à la volonté américaine d'agir unilatéralement. Le peuple des États-Unis en premier doit être sensibilisé au danger pour le monde que pose la politique extérieure actuelle de son propre gouvernement. C'est pourquoi j'appuie l'idée que l'ONU établisse son siège social à l'extérieur des États-Unis.
 
 
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