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Le clivage linguistique au Québec

Christian Gagnon - Montréal, le 15 janvier 2009  16 janvier 2009 
Les données linguistiques du recensement de 2006 dévoilées mardi nous donnent l'occasion de jeter à nouveau un coup d'oeil sur l'échange épistolaire plutôt abrasif entre le mathématicien Charles Castonguay et le démographe Michel Paillé, dans les pages du Devoir (27-28 décembre, 5, 8 et 10 janvier). Ce que Statistique Canada vient tout juste de nous répéter encore cette année, c'est que la très grande majorité des immigrants au Québec s'installent dans la région de Montréal, là où le français est en inéluctable déclin à la fois en tant que langue maternelle et langue le plus souvent parlée à la maison.

L'organisme fédéral indique par ailleurs une très légère progression de l'anglais, malgré une forte augmentation dans la sélection d'immigrants ayant déjà une bonne connaissance du français avant leur arrivée. On a donc peine à comprendre pourquoi le professeur Paillé reproche tant à son collègue Castonguay de privilégier l'étude de la situation montréalaise. N'observe-t-on pas un clivage linguistique croissant et inquiétant entre la métropole et les autres régions?

L'avantage de l'anglais dans le bilan de l'assimilation à Montréal est réduit de moitié lorsqu'on considère l'ensemble du Québec, clame M. Paillé. Fort bien. Mais ses résultats eux-mêmes le montrent: même en diluant Montréal dans l'ensemble du Québec et même si la communauté anglophone ne représente que 9 % de la population, la prédominance assimilatrice de l'anglais demeure. Tant qu'à y être, pourquoi s'arrêter là?

Combinons les données des 7,7 millions de Québécois avec celles des 65 millions de Français. On pourra alors s'extasier devant des chiffres sur l'assimilation pour l'ensemble Québec-France affichant une situation globale très favorable au français. Le problème de la déficience du pouvoir d'attraction du français à Montréal se sera alors volatilisé dans la nature. Ah, ces alarmistes...
 
 
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