Chérir des effets pervers!
Michel Paillé - Démographe, Québec, le 9 janvier 2009
10 janvier 2009
Un simple exemple suffira à montrer comment Charles Castonguay exagère l'avantage de l'anglais au Québec (Le Devoir, 8 janvier 2009). Au recensement de 2006, 43 300 personnes du Québec ont déclaré avoir à la fois le français et l'anglais pour langues maternelles. Une majorité des deux tiers d'entre elles parlaient à la maison soit le français (18 800), soit l'anglais (10 000). Ces personnes ont donc choisi de parler l'une ou l'autre de leurs langues maternelles.
Or, la méthode traditionnelle de compilation, toujours chérie par Castonguay, considère que la moitié de ces personnes n'a que le français pour langue maternelle, tandis que l'autre moitié devient de langue maternelle anglaise seulement. Il s'ensuit alors que la méthode invente de toutes pièces 9400 substitutions du français à l'anglais et 5000 autres de l'anglais au français. Dans ce cas d'espèce, y voir un avantage à l'anglais de 4400 personnes est le fruit d'un artéfact.
Dans une étude que l'Office québécois de la langue française m'a confiée, j'ai fait un examen approfondi des biais et des effets pervers engendrés par cette manière mécanique et aveugle de traiter les données depuis le recensement de 1981. Contrairement au doute que Castonguay laisse planer sur la valeur de cet ouvrage, il a été évalué favorablement par trois pairs. Des suggestions très pertinentes venues de ces trois évaluateurs m'ont permis d'apporter quelques retouches, améliorant ainsi un texte que l'OQLF était justifié de publier.
Or, la méthode traditionnelle de compilation, toujours chérie par Castonguay, considère que la moitié de ces personnes n'a que le français pour langue maternelle, tandis que l'autre moitié devient de langue maternelle anglaise seulement. Il s'ensuit alors que la méthode invente de toutes pièces 9400 substitutions du français à l'anglais et 5000 autres de l'anglais au français. Dans ce cas d'espèce, y voir un avantage à l'anglais de 4400 personnes est le fruit d'un artéfact.
Dans une étude que l'Office québécois de la langue française m'a confiée, j'ai fait un examen approfondi des biais et des effets pervers engendrés par cette manière mécanique et aveugle de traiter les données depuis le recensement de 1981. Contrairement au doute que Castonguay laisse planer sur la valeur de cet ouvrage, il a été évalué favorablement par trois pairs. Des suggestions très pertinentes venues de ces trois évaluateurs m'ont permis d'apporter quelques retouches, améliorant ainsi un texte que l'OQLF était justifié de publier.
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