Les homosexuels, ces « pollueurs » !
Pierre Pelletier - Montréal
5 janvier 2009
Il y a une quinzaine de jours, le Vatican, observateur aux Nations unies, soutenait les pays refusant de décriminaliser l'homosexualité. Il se rangeait ainsi du côté des États qui emprisonnent et condamnent à mort les homosexuels: la plupart des pays musulmans, quelques pays émergents, comme l'Inde, la Chine et de nombreux pays africains.
Quelques jours avant Noël, Benoît XVI faisait une violente sortie contre l'homosexualité et les mariages de même sexe. Usant de métaphores à la mode, le pape affirme qu'il faut protéger l'humanité contre l'homosexualité tout comme il faut protéger les forêts tropicales. En d'autres mots, les homosexuels sont les polluants qui mènent la société à son autodestruction.
Pour les besoins de la cause, Benoît XVI emprunte le style prophétique et apocalyptique traditionnel, tel qu'on le trouve chez de nombreux prophètes du Premier Testament et chez Jésus lui-même. Lorsque les moeurs du peuple juif dégénèrent, les prophètes utilisent ce genre de métaphore à portée cosmique: vos terres, vos femmes et vos troupeaux seront stériles, le feu de la géhenne consumera tout sur son passage, etc.
On peut se demander pourquoi, en ce Noël 2008, le pape recourt à ce style extrême pour s'en prendre à l'homosexualité et au mariage des conjoints de même sexe. Certes, la proposition présentée aux Nations unies était toute récente et l'on peut penser que Benoît XVI craint d'avance la politique libérale de Barack Obama en matière de moeurs. Mais, en cette fin d'année, les scandales financiers et économiques polluent bien davantage la planète que les mariages de même sexe. L'avidité fait beaucoup plus de mal à l'humanité que la luxure et le mariage des homosexuels. On retrouve cette étrange habitude du Vatican de donner plus d'importance au divorce et au sexe qu'à la fraude, à l'ambition démesurée, à l'égoïsme criminel des courtiers, des hommes d'affaires et des gouvernants, qui causent la famine, le désespoir, la mort de millions d'êtres humains.
Une des choses qui frappent dans le discours du pape (tel qu'il a été rapporté par les médias), c'est qu'il ne s'adresse pas aux homosexuels. Il parle d'eux comme on parle des gaz à effet de serre: quelque chose là-bas, un ça, un gaz, qui pollue la société et dont il faut se débarrasser. Il semble oublier que les homosexuels sont des êtres humains (plusieurs sont baptisés) qui n'ont pas choisi leur orientation sexuelle: celle-ci s'est imposée à eux, très tôt dans la vie, pour des raisons encore mystérieuses qui tiennent à la fois de la prédisposition et de l'éducation. Pour tous les homosexuels, cette orientation a d'abord été une honte, un malheureux destin, une blessure narcissique qui leur a fait envisager la mort. Cela leur prend du courage pour continuer de vivre et tous n'arrivent pas à vivre dignement. Ils ont davantage besoin d'un coup de pouce que d'un coup de balai.
Malheureusement, en les considérant comme des gaz polluants, l'Église catholique ne leur offre aucun soutien, aucun espoir, aucune morale réaliste: comment s'étonner que certains perdent le nord? Il faut plutôt admirer ceux et celles qui réussissent à vivre une vie saine et soucieuse du prochain.
Ce que le pape souhaite aux homosexuels pour Noël, c'est un ouragan ou un tsunami qui balaierait chacun des millions d'entre eux, pour qu'enfin les Justes puissent respirer l'air pur de la Sainte Nuit.
Quelques jours avant Noël, Benoît XVI faisait une violente sortie contre l'homosexualité et les mariages de même sexe. Usant de métaphores à la mode, le pape affirme qu'il faut protéger l'humanité contre l'homosexualité tout comme il faut protéger les forêts tropicales. En d'autres mots, les homosexuels sont les polluants qui mènent la société à son autodestruction.
Pour les besoins de la cause, Benoît XVI emprunte le style prophétique et apocalyptique traditionnel, tel qu'on le trouve chez de nombreux prophètes du Premier Testament et chez Jésus lui-même. Lorsque les moeurs du peuple juif dégénèrent, les prophètes utilisent ce genre de métaphore à portée cosmique: vos terres, vos femmes et vos troupeaux seront stériles, le feu de la géhenne consumera tout sur son passage, etc.
On peut se demander pourquoi, en ce Noël 2008, le pape recourt à ce style extrême pour s'en prendre à l'homosexualité et au mariage des conjoints de même sexe. Certes, la proposition présentée aux Nations unies était toute récente et l'on peut penser que Benoît XVI craint d'avance la politique libérale de Barack Obama en matière de moeurs. Mais, en cette fin d'année, les scandales financiers et économiques polluent bien davantage la planète que les mariages de même sexe. L'avidité fait beaucoup plus de mal à l'humanité que la luxure et le mariage des homosexuels. On retrouve cette étrange habitude du Vatican de donner plus d'importance au divorce et au sexe qu'à la fraude, à l'ambition démesurée, à l'égoïsme criminel des courtiers, des hommes d'affaires et des gouvernants, qui causent la famine, le désespoir, la mort de millions d'êtres humains.
Une des choses qui frappent dans le discours du pape (tel qu'il a été rapporté par les médias), c'est qu'il ne s'adresse pas aux homosexuels. Il parle d'eux comme on parle des gaz à effet de serre: quelque chose là-bas, un ça, un gaz, qui pollue la société et dont il faut se débarrasser. Il semble oublier que les homosexuels sont des êtres humains (plusieurs sont baptisés) qui n'ont pas choisi leur orientation sexuelle: celle-ci s'est imposée à eux, très tôt dans la vie, pour des raisons encore mystérieuses qui tiennent à la fois de la prédisposition et de l'éducation. Pour tous les homosexuels, cette orientation a d'abord été une honte, un malheureux destin, une blessure narcissique qui leur a fait envisager la mort. Cela leur prend du courage pour continuer de vivre et tous n'arrivent pas à vivre dignement. Ils ont davantage besoin d'un coup de pouce que d'un coup de balai.
Malheureusement, en les considérant comme des gaz polluants, l'Église catholique ne leur offre aucun soutien, aucun espoir, aucune morale réaliste: comment s'étonner que certains perdent le nord? Il faut plutôt admirer ceux et celles qui réussissent à vivre une vie saine et soucieuse du prochain.
Ce que le pape souhaite aux homosexuels pour Noël, c'est un ouragan ou un tsunami qui balaierait chacun des millions d'entre eux, pour qu'enfin les Justes puissent respirer l'air pur de la Sainte Nuit.
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