Libre-Opinion - Il est minuit moins cinq, M. Harper
Claude Béland, Andrée De Serres, Claude Castonguay, Reynald Harpin et Robert Pouliot - Membres de la Coalition pour la protection des investisseurs
19 décembre 2008
Lettre ouverte au premier ministre Harper - Il est minuit moins cinq, monsieur Harper, et les aiguilles tournent! Il est minuit moins cinq et personne ne sait ce qu'il adviendra des fameux papiers commerciaux (PCAA) qui ont déjà causé un suicide la semaine dernière et hantent 1800 familles canadiennes et quelques milliers de retraités qui ne peuvent pas toucher toutes les prestations de leurs retraites. Certains croient que le Canada peut absorber l'échec de l'accord sur les papiers commerciaux. Mais ils sous-estiment les conséquences d'une telle catastrophe, qui pourrait avoir un impact équivalent à la faillite de Lehman Bros, cet automne.
Voici quatre raisons qui devraient inciter Ottawa à appuyer cet accord au nom des investisseurs les plus vulnérables:
- Plus de la moitié des PCAA est entre les mains des caisses de retraite au Canada, et la grande majorité ne réalisaient pas qu'une fraction de ces papiers était intoxiqué par les fameux prêts «subprimes» aux États-Unis. En effet, ces transactions ont été faites par leurs gestionnaires externes qui se fiaient aux notations de l'agence canadienne DBRS.
- Hormis la caisse en liquidation, tout capital récupéré par les régimes de retraite sera remis dans le circuit du marché boursier et obligataire. Contrairement aux banques, les caisses de retraite n'ont aucun intérêt à s'asseoir sur leurs liquidités car elles doivent gagner un revenu pour honorer leurs futures obligations.
- Plusieurs caisses de retraite exposées aux PCAA sont en phase de liquidation et ne peuvent pas régler toutes les prestations dues à leurs membres retraités, car elles ne peuvent pas vendre ces papiers, faute de marché. Cela est grave, et plusieurs milliers de retraités sont affectés.
- Quelque 1800 familles canadiennes se sont vu vendre des PCAA par des courtiers et elles ignoraient que ces instruments étaient risqués. Certains, tentés par le suicide, sont sous surveillance, et une première victime s'est suicidée la semaine dernière dans l'Ouest canadien, croyant avoir tout perdu ses économies.
Voici ce que nous proposons pour assurer un traitement équitable:
- La Banque du Canada devrait racheter immédiatement le papier détenu par les particuliers ainsi que par les régimes de retraite déjà en phase de liquidation, le tout étant garanti par Ottawa. Cela ne dépasserait pas 500 millions. Au pire, les courtiers qui ont vendu ces instruments aux particuliers devraient être forcés de régler directement.
- Une garantie de la part du gouvernement fédéral auprès de toutes les caisses de retraite permettrait à ces régimes de profiter des accords de prise en pension de la Banque du Canada. Cela représenterait environ 16 milliards.
Si l'accord échoue, de nombreuses caisses de retraite liées aux gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux seraient touchées, tout comme les fonds de pension et trésoreries de sociétés qui ont investi leur confiance dans ces papiers. Et les pertes importantes qu'elles devront absorber pourraient revenir hanter tous les contribuables de toute façon. Voilà pourquoi, après 11 reports et 18 mois de négociations, il est temps de régler la situation une fois pour toute.
Voici quatre raisons qui devraient inciter Ottawa à appuyer cet accord au nom des investisseurs les plus vulnérables:
- Plus de la moitié des PCAA est entre les mains des caisses de retraite au Canada, et la grande majorité ne réalisaient pas qu'une fraction de ces papiers était intoxiqué par les fameux prêts «subprimes» aux États-Unis. En effet, ces transactions ont été faites par leurs gestionnaires externes qui se fiaient aux notations de l'agence canadienne DBRS.
- Hormis la caisse en liquidation, tout capital récupéré par les régimes de retraite sera remis dans le circuit du marché boursier et obligataire. Contrairement aux banques, les caisses de retraite n'ont aucun intérêt à s'asseoir sur leurs liquidités car elles doivent gagner un revenu pour honorer leurs futures obligations.
- Plusieurs caisses de retraite exposées aux PCAA sont en phase de liquidation et ne peuvent pas régler toutes les prestations dues à leurs membres retraités, car elles ne peuvent pas vendre ces papiers, faute de marché. Cela est grave, et plusieurs milliers de retraités sont affectés.
- Quelque 1800 familles canadiennes se sont vu vendre des PCAA par des courtiers et elles ignoraient que ces instruments étaient risqués. Certains, tentés par le suicide, sont sous surveillance, et une première victime s'est suicidée la semaine dernière dans l'Ouest canadien, croyant avoir tout perdu ses économies.
Voici ce que nous proposons pour assurer un traitement équitable:
- La Banque du Canada devrait racheter immédiatement le papier détenu par les particuliers ainsi que par les régimes de retraite déjà en phase de liquidation, le tout étant garanti par Ottawa. Cela ne dépasserait pas 500 millions. Au pire, les courtiers qui ont vendu ces instruments aux particuliers devraient être forcés de régler directement.
- Une garantie de la part du gouvernement fédéral auprès de toutes les caisses de retraite permettrait à ces régimes de profiter des accords de prise en pension de la Banque du Canada. Cela représenterait environ 16 milliards.
Si l'accord échoue, de nombreuses caisses de retraite liées aux gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux seraient touchées, tout comme les fonds de pension et trésoreries de sociétés qui ont investi leur confiance dans ces papiers. Et les pertes importantes qu'elles devront absorber pourraient revenir hanter tous les contribuables de toute façon. Voilà pourquoi, après 11 reports et 18 mois de négociations, il est temps de régler la situation une fois pour toute.
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