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La culture dans la crise économique: régression ou stagnation?

19 décembre 2008 
Les mesures de l'Énoncé économique et financier doivent être revues. Ça, nous le savons! Ce que nous ne savons pas, c'est que la crise économique sera destructrice d'entreprises et d'emplois, particulièrement dans le secteur de la culture.

Selon le Conference Board du Canada, le secteur culturel a généré 1,1 million d'emplois en 2007, et son empreinte économique s'élevait alors à 84,6 milliards de dollars, soit 7,4 % du PIB réel du pays, en tenant compte des contributions directes, indirectes et induites. Pour sa part, Statistique Canada rapporte que les revenus des organismes en arts de la scène atteignaient 1,2 milliard de dollars en 2004 et que les Canadiens ont dépensé environ 4 milliards pour les oeuvres, les événements artistiques et le cinéma en 2005. Qui plus est, la culture est une «industrie propre»: elle ne pollue pas, elle n'entraîne pas la consommation de grandes quantités de ressources naturelles. Elle nous divertit et nous éduque.

L'économie de la culture s'est structurée, au fil des 50 dernières années, en s'appuyant sur trois piliers principaux. Le premier est cette partie des revenus de la culture qui provient des recettes de ses ventes: billets de spectacles, ventes de disques, d'oeuvres d'art ou spectacles à l'étranger. Le second, qui représente près du tiers des revenus, résulte du milieu des affaires et est lié aux commandites ou à la philanthropie. Le soutien gouvernemental est, on s'en doute, le troisième pilier. Bien qu'il représente en moyenne moins de 30 % du financement total des organismes artistiques, il en est le rouage principal, celui qui sert de levier. Le soutien gouvernemental contribue à générer le coeur des activités culturelles qui, à leur tour, généreront l'autre deux tiers pour se maintenir et se développer. La crise économique qui pointe à l'horizon risque de détruire rapidement cet équilibre.

Des indices qui ne trompent pas

À l'instar des autres secteurs de l'économie, la culture est en voie de tomber en panne.

Le premier indice de dépression économique, qui se manifeste déjà, est le retrait graduel de l'apport financier du milieu des affaires, de la commandite et des dons. Déjà, plusieurs grands organismes culturels canadiens ont appris que certains de leurs commanditaires réduiront leur contribution au cours des deux prochaines années et voient leur fonds de dotation fondre dramatiquement. Ce premier pilier qui s'affaiblit prive ainsi la culture d'une partie de son financement.

Bien que les consommateurs n'aient pas encore retardé leurs décisions d'achat de billets de spectacles et que les ventes de produits culturels n'affichent pas encore de baisses significatives, les ventes se sont effondrées de 40 % dans certains secteurs, notamment celui du marché de l'art. Voilà un deuxième pilier qui s'affaiblira d'ici 2010.

Un plan de stimulation de l'activité économique

L'État doit continuer de jouer un rôle de levier dans l'économie de la culture et «prendre le relais des consommateurs et des entreprises en panne», ainsi que le suggérait Jean-Robert Sansfaçon dans son éditorial du 5 décembre. Sans vouloir revendiquer pour la culture une première place au palmarès des secteurs économiques à sauver, nous estimons nécessaire que celle-ci soit incluse dans un plan de stimulation de l'activité économique.

Pendant que les élus se chamaillent, les Canadiennes et Canadiens s'unissent à travers l'art...






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