Glace royale, pain d'épice et Schtroumpfs bios
Josée Blanchette
19 décembre 2008
Brodée de sucre, la maison en pain d’épice prend vie. Claudine Roy fait de la magie blanche, sous les yeux émerveillés de la petite Marie. Photo - Marie-Claude Véziau
Gaspé — «Non, je ne suis pas un jujube ordinaire. Je suis un père Noël vert. Mon père était rouge et ma mère aussi. Je suis un écolo issu d'une lignée de rouges. Le plus difficile dans la vie, c'est de savoir qui on est, d'accepter son côté givré et de le bonifier avec les années. Même chez les bonbons il y a des conflits de générations et une évolution dans les positions idéologiques. Nous sommes plutôt consanguins mais les mentalités changent doucement. Cette année, y a même des jujubes Schtroumpfs bleus et bios. L'an prochain, ils seront équitables et gais. Moi, c'est la Schtroumpfette que je voudrais rencontrer... Me semble que le vert et le bleu, ça pourrait faire des bonbons forts. Amir Khadir avec Pauline, tiens...
«Ici, en Gaspésie, nous ne sommes pas de simples bonbons. On dit un "candé", de la même façon qu'on disait "grocerie" ou "pantré" autrefois. Les Gaspésiens ont une langue à part, une pour vous enfirouaper et l'autre pour sucer les "candés". Ils n'ont jamais eu la langue dans leur poche; ce sont des conteurs nés, des inventeurs de pittoresque et de sans-bon-sens. Ma grand-mère disait souvent "Lâche-moé lousse" pis "Pousse pas 'mam quand a se rase". Ça voulait dire de décoller, pis vite.
«Moi, c'est de famille, je suis de nature collante. J'aime la compagnie, surtout quand elle est humide. Les bonbons, on vit en gang et on finit nos jours seuls et secs, comme les zhumains.»
La maison d'Hansel et Gretel
«Sont drôles, les zhumains. Les grands encore plus que les petits. Dans la cuisine de Claudine Roy, à Rosebridge, c'est la dixième année qu'elle fabrique une maison en pain d'épice pour les enfants de l'école primaire Saint-Rosaire. Je le sais parce que j'étais là l'année dernière, pis personne ne m'a choisi. Ils m'ont gardé pour remplir la maison cette année encore. Je suis un vieux de la vieille. J'ai appris qu'autrefois, les bonbons étaient vendus par les apothicaires. Encore aujourd'hui, nous guérissons les âmes en douceurs.
«Avec un peu de chance, tout à l'heure, je vais finir sur le toit avec une morue en chocolat au lait Valrhona comme voisine. Ce sont les tuiles de la maison, cette année. Claudine a acheté des chocolats avec un thème marin pour que les enfants du pays se rappellent d'où ils viennent. De la mer, comme les poissons.
«Je te dis qu'elle lésine pas sur le «candé», la Claudine. Deux cents dollars de nananes chaque année, sans compter le sucre pour fabriquer le caramel qui sert à assembler les murs en pain d'épice et à couler la patinoire. Sans oublier les kilos de sucre à glacer pour confectionner la glace royale toute meringuée. C'est la Marie-Chagnon qui est chargée de l'opération «bordée de neige». C'est avec cette glace qu'on colle tous les bonbons sur le toit et les corniches, qu'on dessine les portes et les fenêtres avec une poche à douille et qu'on y applique les bonbons avant qu'elle ne durcisse.
«Ces femmes-là font de la magie blanche à tour de bras et elles orchestrent même la météo. Si le thermostat est trop élevé, la neige tombe du toit. Y a même eu un génocide de Schtroumpfs cette année. Les enfants les ont mangés. Ça joue dur, même chez les bonbons mous.
«Chaque fratrie dans son bol, vous devriez voir la tonne de "candés" sur les comptoirs de cuisine de la Clo. Toutes couleurs unies, à dévorer des yeux. Les enfants déballent les cannes à sucre et les petits bonbons emmaillotés dans leurs papiers de couleur. Tout le monde s'active et l'intérieur de la maison sera rempli jusqu'au toit de jelly beans et de jujubes, de poissons durs Barnier couleurs pastel — des snobs, importés de France —, de boules en chocolat, de gommes à mâcher de toutes les couleurs, de réglisses, de vers de terre, de marteaux, de Smarties. C'est l'abondance ou la décadence, comme vous voulez.
«Tout le monde semble avoir oublié que l'Avent s'accompagnait de pénitences autrefois. On privait les enfants de dessert jusqu'à Noël. «On se croirait au paradis, c'est le party!», a dit le petit B à sa mère. Et au paradis, le sucre à glacer tombe des nuages comme de petits flocons qui fondent sur la langue.»
Avec les yeux du coeur
«La maison est quasi terminée, les enfants se sont même désintéressés du projet, de vrais syndiqués de la construction. Leurs parents poursuivent l'oeuvre, vaillants, gagas, émerveillés. Ils en oublient de se lécher les doigts. C'est tout ce qu'ils auraient voulu avoir quand ils étaient petits mais qu'ils n'ont jamais osé demander au père Noël. Cette maison est un conte à dormir debout, un objet de fascination ou de culte.
«Christian est retourné chercher du sucre en poudre deux fois "chez l'Anglais", la Marie-Chagnon ne fournit plus avec les bordées de neige. Il est tard et on annonce 30 centimètres pour cette nuit sur Rosebridge. Une fois la visite repartie, un des panneaux du toit commence à glisser et menace de s'effondrer. C'est la panique; on se croirait à la Grande Bibliothèque, le service des relations publiques en moins. Ça va nous prendre un cordon de sécurité. Clo a négligé de sceller un des panneaux avec le sucre d'orge parce que monsieur B s'est brûlé en voulant goûter tout à l'heure. Un cas de CSST et de glaçons sur le petit doigt.
«Christian gosse deux piliers en bois dans sa cave pour soutenir le toit durant la nuit. On recolle le tout au caramel bouillant. On baisse le chauffage pour que le sucre ne fonde pas, on lave le plancher de cuisine pour en revoir la couleur et on se croise les doigts jusqu'au matin.
«Et moi, je m'endors, peinard, bien au frais parmi tous ces étrangers, ravi de savoir que demain, des oh et des ah nous accueilleront dans la classe maternelle de Louis Cotton. Content que des petits Hugo, Gabou ou Clovis, des petites Marie et des Jeanne engrangent des souvenirs et croient aux miracles jusqu'à s'en donner mal au coeur. Au moins, ils sauront qu'ils en ont un et comment s'en servir plus tard.»
cherejoblo@ledevoir.com
***
«Bonheur sauvage, nullement apprivoisé, permettant de retourner aux odeurs premières, à l'écossage du langage, à la dérive des sens, du dit, du boire, de l'effilochure et de la goûtance.» - Sylvain Rivière, Contes, légendes et récits de la Gaspésie
«Je veux être plusieurs dans ma solitude.»
- Françoise Bujold
***
Retrouvé: avec bonheur la parlure tricotée lousse de Fred Pellerin dans le film Babine du réalisateur-comédien Luc Picard. J'ai aimé la scène où Luc (alias Toussaint Brodeur) colle deux paparmanes sous les aisselles de Babine en guise de déodorant pour aller souhaiter la bonne année aux genses du village. Succulente idée. Mon B s'est régalé lui aussi. Ma mère a adoré Pellerin-le-philosophe. Un conte pour tous qui parle aussi de notre rapport au temps.
Tripé: sur le père Noël portable, le site que tous les parents s'envoient cette année. Monsieur B s'est retrouvé devant une vidéo personnalisée du vrai père Noël qui s'adressait à lui depuis le pôle Nord. Lorsque le gros barbu lui a dit: «Si tu es dans mon livre, c'est que tu as été bien sage...», mon fils de cinq ans s'est retourné vers moi: «Il dit vraiment n'importe quoi, hein maman?» Y a plus d'enfants. www.perenoelportable.sympatico.msn.ca.
Adoré: le livre La Fête de Noël au Québec de Sylvie Blais et Pierre Lahoud (éditions de L'Homme). Paru à Noël dernier, cet ouvrage de collectionneurs ou de nostalgiques du bon vieux temps retrace les origines de la fête dans nos campagnes et nos villes depuis 400 ans. Du sapin de Noël au sapin des Fêtes, que de neige a tombé sur les forêts. La recherche iconographique est superbe, l'assemblage des textes d'archives aussi. Un cadeau à offrir aux amoureux de cette fête (il en reste) qui traduit une grande partie de notre culture judéo-chrétienne et de notre héritage.
Savouré: Contes, légendes et récits de la Gaspésie. 1. L'empremier du monde, de l'écrivain gaspésien Sylvain Rivière (Éditions Trois-Pistoles). L'imaginaire et la superstition font bon ménage et «la menteuse» se fait aller. De quoi meubler les veillées du temps des Fêtes et éteindre la télé.
Pris: le large jusqu'en janvier. Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et des enfants avec qui faire l'ange dans la neige ou vous rouler dans le sucre en poudre.
***
Joblog - Notre père qui êtes déli-cieux
Ma chum Clo l'appelle «'el pére» et lui donne du «tu». Moi, je dis simplement «père Lacroix». Jamais Benoît. Jamais o.p. (ordre prêcheur). Et je le vouvoie. Vous pourrez le lire dans Le Devoir, le 24 décembre, où il signera son éditorial de Noël, comme chaque année.
Vous pourrez l'entendre également le 25 décembre, de 10h à midi, sur la Première Chaîne de Radio-Canada (rediffusion de 23h à 1h du matin pour les veilleux). Benoît Lacroix: au-delà des mots est une initiative de la journaliste Eugénie Francoeur. Elle m'a interviewée au sujet du bon père dominicain, de même que Lucien Bouchard, Jacques Languirand, Françoise Faucher, Danielle Panneton et Jean-François Casabonne. Elle y aborde plusieurs thèmes chers au père Lacroix: la nature, le silence, l'espoir, l'introspection, la foi, l'humour, notre rapport au temps et aux autres, la discipline, le bonheur, l'amour et... les femmes!
J'ai toujours dit que le père Lacroix aurait fait un playboy redoutable. Et à 93 ans, mon vieil ami, bon comme du bon pain béni, pogne encore. «Les êtres humains sont meilleurs que leurs actes», dit-il.
Si jamais vous n'avez plus de père ou de grand-père, écouter le père Lacroix vous remettra le coeur à la bonne place. Moi, il me fait pleurer d'émotion. Le regard qu'il porte sur le monde ajuste les pendules, donne du temps au temps et un peu d'espoir en l'humanité. C'est pas du luxe; c'est même gratuit.
www.chatelaine.com/joblo
«Ici, en Gaspésie, nous ne sommes pas de simples bonbons. On dit un "candé", de la même façon qu'on disait "grocerie" ou "pantré" autrefois. Les Gaspésiens ont une langue à part, une pour vous enfirouaper et l'autre pour sucer les "candés". Ils n'ont jamais eu la langue dans leur poche; ce sont des conteurs nés, des inventeurs de pittoresque et de sans-bon-sens. Ma grand-mère disait souvent "Lâche-moé lousse" pis "Pousse pas 'mam quand a se rase". Ça voulait dire de décoller, pis vite.
«Moi, c'est de famille, je suis de nature collante. J'aime la compagnie, surtout quand elle est humide. Les bonbons, on vit en gang et on finit nos jours seuls et secs, comme les zhumains.»
La maison d'Hansel et Gretel
«Sont drôles, les zhumains. Les grands encore plus que les petits. Dans la cuisine de Claudine Roy, à Rosebridge, c'est la dixième année qu'elle fabrique une maison en pain d'épice pour les enfants de l'école primaire Saint-Rosaire. Je le sais parce que j'étais là l'année dernière, pis personne ne m'a choisi. Ils m'ont gardé pour remplir la maison cette année encore. Je suis un vieux de la vieille. J'ai appris qu'autrefois, les bonbons étaient vendus par les apothicaires. Encore aujourd'hui, nous guérissons les âmes en douceurs.
«Avec un peu de chance, tout à l'heure, je vais finir sur le toit avec une morue en chocolat au lait Valrhona comme voisine. Ce sont les tuiles de la maison, cette année. Claudine a acheté des chocolats avec un thème marin pour que les enfants du pays se rappellent d'où ils viennent. De la mer, comme les poissons.
«Je te dis qu'elle lésine pas sur le «candé», la Claudine. Deux cents dollars de nananes chaque année, sans compter le sucre pour fabriquer le caramel qui sert à assembler les murs en pain d'épice et à couler la patinoire. Sans oublier les kilos de sucre à glacer pour confectionner la glace royale toute meringuée. C'est la Marie-Chagnon qui est chargée de l'opération «bordée de neige». C'est avec cette glace qu'on colle tous les bonbons sur le toit et les corniches, qu'on dessine les portes et les fenêtres avec une poche à douille et qu'on y applique les bonbons avant qu'elle ne durcisse.
«Ces femmes-là font de la magie blanche à tour de bras et elles orchestrent même la météo. Si le thermostat est trop élevé, la neige tombe du toit. Y a même eu un génocide de Schtroumpfs cette année. Les enfants les ont mangés. Ça joue dur, même chez les bonbons mous.
«Chaque fratrie dans son bol, vous devriez voir la tonne de "candés" sur les comptoirs de cuisine de la Clo. Toutes couleurs unies, à dévorer des yeux. Les enfants déballent les cannes à sucre et les petits bonbons emmaillotés dans leurs papiers de couleur. Tout le monde s'active et l'intérieur de la maison sera rempli jusqu'au toit de jelly beans et de jujubes, de poissons durs Barnier couleurs pastel — des snobs, importés de France —, de boules en chocolat, de gommes à mâcher de toutes les couleurs, de réglisses, de vers de terre, de marteaux, de Smarties. C'est l'abondance ou la décadence, comme vous voulez.
«Tout le monde semble avoir oublié que l'Avent s'accompagnait de pénitences autrefois. On privait les enfants de dessert jusqu'à Noël. «On se croirait au paradis, c'est le party!», a dit le petit B à sa mère. Et au paradis, le sucre à glacer tombe des nuages comme de petits flocons qui fondent sur la langue.»
Avec les yeux du coeur
«La maison est quasi terminée, les enfants se sont même désintéressés du projet, de vrais syndiqués de la construction. Leurs parents poursuivent l'oeuvre, vaillants, gagas, émerveillés. Ils en oublient de se lécher les doigts. C'est tout ce qu'ils auraient voulu avoir quand ils étaient petits mais qu'ils n'ont jamais osé demander au père Noël. Cette maison est un conte à dormir debout, un objet de fascination ou de culte.
«Christian est retourné chercher du sucre en poudre deux fois "chez l'Anglais", la Marie-Chagnon ne fournit plus avec les bordées de neige. Il est tard et on annonce 30 centimètres pour cette nuit sur Rosebridge. Une fois la visite repartie, un des panneaux du toit commence à glisser et menace de s'effondrer. C'est la panique; on se croirait à la Grande Bibliothèque, le service des relations publiques en moins. Ça va nous prendre un cordon de sécurité. Clo a négligé de sceller un des panneaux avec le sucre d'orge parce que monsieur B s'est brûlé en voulant goûter tout à l'heure. Un cas de CSST et de glaçons sur le petit doigt.
«Christian gosse deux piliers en bois dans sa cave pour soutenir le toit durant la nuit. On recolle le tout au caramel bouillant. On baisse le chauffage pour que le sucre ne fonde pas, on lave le plancher de cuisine pour en revoir la couleur et on se croise les doigts jusqu'au matin.
«Et moi, je m'endors, peinard, bien au frais parmi tous ces étrangers, ravi de savoir que demain, des oh et des ah nous accueilleront dans la classe maternelle de Louis Cotton. Content que des petits Hugo, Gabou ou Clovis, des petites Marie et des Jeanne engrangent des souvenirs et croient aux miracles jusqu'à s'en donner mal au coeur. Au moins, ils sauront qu'ils en ont un et comment s'en servir plus tard.»
cherejoblo@ledevoir.com
***
«Bonheur sauvage, nullement apprivoisé, permettant de retourner aux odeurs premières, à l'écossage du langage, à la dérive des sens, du dit, du boire, de l'effilochure et de la goûtance.» - Sylvain Rivière, Contes, légendes et récits de la Gaspésie
«Je veux être plusieurs dans ma solitude.»
- Françoise Bujold
***
Retrouvé: avec bonheur la parlure tricotée lousse de Fred Pellerin dans le film Babine du réalisateur-comédien Luc Picard. J'ai aimé la scène où Luc (alias Toussaint Brodeur) colle deux paparmanes sous les aisselles de Babine en guise de déodorant pour aller souhaiter la bonne année aux genses du village. Succulente idée. Mon B s'est régalé lui aussi. Ma mère a adoré Pellerin-le-philosophe. Un conte pour tous qui parle aussi de notre rapport au temps.
Tripé: sur le père Noël portable, le site que tous les parents s'envoient cette année. Monsieur B s'est retrouvé devant une vidéo personnalisée du vrai père Noël qui s'adressait à lui depuis le pôle Nord. Lorsque le gros barbu lui a dit: «Si tu es dans mon livre, c'est que tu as été bien sage...», mon fils de cinq ans s'est retourné vers moi: «Il dit vraiment n'importe quoi, hein maman?» Y a plus d'enfants. www.perenoelportable.sympatico.msn.ca.
Adoré: le livre La Fête de Noël au Québec de Sylvie Blais et Pierre Lahoud (éditions de L'Homme). Paru à Noël dernier, cet ouvrage de collectionneurs ou de nostalgiques du bon vieux temps retrace les origines de la fête dans nos campagnes et nos villes depuis 400 ans. Du sapin de Noël au sapin des Fêtes, que de neige a tombé sur les forêts. La recherche iconographique est superbe, l'assemblage des textes d'archives aussi. Un cadeau à offrir aux amoureux de cette fête (il en reste) qui traduit une grande partie de notre culture judéo-chrétienne et de notre héritage.
Savouré: Contes, légendes et récits de la Gaspésie. 1. L'empremier du monde, de l'écrivain gaspésien Sylvain Rivière (Éditions Trois-Pistoles). L'imaginaire et la superstition font bon ménage et «la menteuse» se fait aller. De quoi meubler les veillées du temps des Fêtes et éteindre la télé.
Pris: le large jusqu'en janvier. Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et des enfants avec qui faire l'ange dans la neige ou vous rouler dans le sucre en poudre.
***
Joblog - Notre père qui êtes déli-cieux
Ma chum Clo l'appelle «'el pére» et lui donne du «tu». Moi, je dis simplement «père Lacroix». Jamais Benoît. Jamais o.p. (ordre prêcheur). Et je le vouvoie. Vous pourrez le lire dans Le Devoir, le 24 décembre, où il signera son éditorial de Noël, comme chaque année.
Vous pourrez l'entendre également le 25 décembre, de 10h à midi, sur la Première Chaîne de Radio-Canada (rediffusion de 23h à 1h du matin pour les veilleux). Benoît Lacroix: au-delà des mots est une initiative de la journaliste Eugénie Francoeur. Elle m'a interviewée au sujet du bon père dominicain, de même que Lucien Bouchard, Jacques Languirand, Françoise Faucher, Danielle Panneton et Jean-François Casabonne. Elle y aborde plusieurs thèmes chers au père Lacroix: la nature, le silence, l'espoir, l'introspection, la foi, l'humour, notre rapport au temps et aux autres, la discipline, le bonheur, l'amour et... les femmes!
J'ai toujours dit que le père Lacroix aurait fait un playboy redoutable. Et à 93 ans, mon vieil ami, bon comme du bon pain béni, pogne encore. «Les êtres humains sont meilleurs que leurs actes», dit-il.
Si jamais vous n'avez plus de père ou de grand-père, écouter le père Lacroix vous remettra le coeur à la bonne place. Moi, il me fait pleurer d'émotion. Le regard qu'il porte sur le monde ajuste les pendules, donne du temps au temps et un peu d'espoir en l'humanité. C'est pas du luxe; c'est même gratuit.
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