Libre-Opinion - L'ancien ou le nouveau Gérald Larose ?
Richard Vigneault - Consultant en communication et conseiller des premiers ministres Daniel Johnson et Jean Charest
17 décembre 2008
On le voit, on le constate et on l'a lu dans Le Devoir du 13 décembre, l'ancien président de la CSN et l'actuel président du Conseil de la souveraineté du Québec, j'ai nommé Gérald Larose, n'a pas digéré les résultats de l'élection du 8 décembre au Québec. Selon lui, le véritable résultat n'est rien moins qu'une couche supplémentaire de cynisme, assorti d'une désaffection civique, le tout couronné par une régression démocratique. Wow!
Et comme si ce n'était pas assez, M. Larose poursuit dans l'analyse fine en décrivant la décision de Jean Charest d'appeler les Québécois aux urnes pour le 8 décembre dernier comme un geste usant, dégradant, abrutissant, abêtissant, navrant. Double Wow! Je me suis demandé un temps s'il parlait du Zimbabwe ou du Québec! Si, comme on dit, les mots ont un poids, nous voici devant un cas flagrant d'obésité intellectuelle morbide.
Dans le même élan, M. Larose remet en question la légitimité démocratique de M. Charest puisque selon lui, le premier ministre se maintient au pouvoir avec l'appui de moins de 25 % des électeurs. Si on devait retenir ce raisonnement de M. Larose, que dire de la légitimité de Pauline Marois qui a repris l'opposition avec une marge encore plus mince? Non, ne cherchez pas la mesure, M. Larose ne s'en prend qu'à Jean Charest, précisément avec démesure. Le reste de son texte se résume à un tir nourri d'injures, de procès d'intentions, d'accusations gratuites, décimant littéralement le premier ministre, le rendant responsable de tous les maux et lui reprochant surtout, on le devine facilement à travers ce déluge d'insinuations, de ne pas être dans le camp souverainiste.
Le peuple a le dos large
Pire, M. Larose semble estimer que sa légitimité est plus grande que celle des élus puisque dans ce texte, il se prononce au nom du peuple. Cette élection n'avait pas lieu d'être, décrète Gérald Larose. Le peuple le savait, poursuit-il. Alors, l'économie? C'était pour faire semblant, enchaîne-t-il. Le peuple l'a vite su, de trancher le président du Conseil pour la souveraineté. Selon la logique de Gérald Larose, on peut se demander si les 57 % des électeurs (un taux trop bas, on en convient) qui se sont rendus aux urnes font également partie du peuple. Le peuple du Québec ne serait-il formé que par 43 % de ses électeurs, ceux qui sont restés chez eux?
La vérité, c'est que quand Gérald Larose parle du peuple, il se l'approprie. Il l'annexe à sa personne. Comme si le peuple s'exprimait par sa bouche ou sa plume. Il infuse le peuple dans sa pensée. Or, je me fais fort de croire que celui qui, comme Jean Charest, invite le peuple à se prononcer par la voie des urnes, a plus de légitimité que celui qui parle ou écrit au nom du peuple et le sert «à toutes les sauces» pour justifier son idéologie.
Si M. Larose est fatigué de se rendre aux urnes et si les résultats le déçoivent, qu'il ne s'en prenne qu'à lui-même. On peut honnêtement se demander si Gérald Larose aurait écrit au Devoir advenant le résultat inverse, c'est-à-dire une majorité pour Pauline Marois et l'opposition à Jean Charest?
Et comme si ce n'était pas assez, M. Larose poursuit dans l'analyse fine en décrivant la décision de Jean Charest d'appeler les Québécois aux urnes pour le 8 décembre dernier comme un geste usant, dégradant, abrutissant, abêtissant, navrant. Double Wow! Je me suis demandé un temps s'il parlait du Zimbabwe ou du Québec! Si, comme on dit, les mots ont un poids, nous voici devant un cas flagrant d'obésité intellectuelle morbide.
Dans le même élan, M. Larose remet en question la légitimité démocratique de M. Charest puisque selon lui, le premier ministre se maintient au pouvoir avec l'appui de moins de 25 % des électeurs. Si on devait retenir ce raisonnement de M. Larose, que dire de la légitimité de Pauline Marois qui a repris l'opposition avec une marge encore plus mince? Non, ne cherchez pas la mesure, M. Larose ne s'en prend qu'à Jean Charest, précisément avec démesure. Le reste de son texte se résume à un tir nourri d'injures, de procès d'intentions, d'accusations gratuites, décimant littéralement le premier ministre, le rendant responsable de tous les maux et lui reprochant surtout, on le devine facilement à travers ce déluge d'insinuations, de ne pas être dans le camp souverainiste.
Le peuple a le dos large
Pire, M. Larose semble estimer que sa légitimité est plus grande que celle des élus puisque dans ce texte, il se prononce au nom du peuple. Cette élection n'avait pas lieu d'être, décrète Gérald Larose. Le peuple le savait, poursuit-il. Alors, l'économie? C'était pour faire semblant, enchaîne-t-il. Le peuple l'a vite su, de trancher le président du Conseil pour la souveraineté. Selon la logique de Gérald Larose, on peut se demander si les 57 % des électeurs (un taux trop bas, on en convient) qui se sont rendus aux urnes font également partie du peuple. Le peuple du Québec ne serait-il formé que par 43 % de ses électeurs, ceux qui sont restés chez eux?
La vérité, c'est que quand Gérald Larose parle du peuple, il se l'approprie. Il l'annexe à sa personne. Comme si le peuple s'exprimait par sa bouche ou sa plume. Il infuse le peuple dans sa pensée. Or, je me fais fort de croire que celui qui, comme Jean Charest, invite le peuple à se prononcer par la voie des urnes, a plus de légitimité que celui qui parle ou écrit au nom du peuple et le sert «à toutes les sauces» pour justifier son idéologie.
Si M. Larose est fatigué de se rendre aux urnes et si les résultats le déçoivent, qu'il ne s'en prenne qu'à lui-même. On peut honnêtement se demander si Gérald Larose aurait écrit au Devoir advenant le résultat inverse, c'est-à-dire une majorité pour Pauline Marois et l'opposition à Jean Charest?
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