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«Ici, on commerce en français»

Larry Landry - Balmoral, Nouveau-Brunswick, le 13 décembre 2008  16 décembre 2008 
En ouvrant mon Devoir de la fin de semaine, j'ai dû m'y prendre à deux reprises pour lire le message inclus dans la publicité du gouvernement du Québec occupant toute la page 2 (13 et 14 décembre, «Ici, on commerce en français»). Vivant en Acadie, je suis habitué aux luttes incessantes visant à être servi et accueilli en français dans les commerces là où les francophones ont un certain poids démographique, notamment dans une ville comme Moncton et plus particulièrement dans sa banlieue francophone de Dieppe.

Le Québec est censé être francophone, me dit-on depuis ma naissance. En France, il me semble, on s'attend d'être servi et accueilli en français sans qu'un logo nous en informe. Mais bien sûr, ici, dans la métropole francophone nord-américaine, il faudra maintenant chercher des logos pour s'assurer qu'on est bien chez nous (puisque ces logos n'ont probablement leur utilité que dans la région de Montréal).

Je viens de passer quelques jours à Montréal, car en vacances, je choisis souvent des endroits où je peux vivre des expériences culturelles francophones (quand je veux être dépaysé et vivre autre chose, je vais à Calgary ou à Vienne) et Montréal, pour nous Acadiens, est un peu aussi notre métropole. Mais je constate malheureusement que parfois, elle ressemble de plus en plus à un immense Moncton. Au Delta Montréal où j'ai séjourné, on m'a envoyé ma confirmation de réservation dans un courriel en anglais, on a activé ma boîte vocale en anglais et on a déposé le Globe & Mail à ma porte. Et d'autres commerçants, même sur le fameux Plateau, m'ont accueilli en anglais.

À Moncton, je vois parfois des affichettes qui indiquent «English/Français», pour nous informer qu'on peut utiliser notre langue en toute sécurité. Sauf que parfois, l'affichette est trompeuse. L'employé ne peut et/ou ne veut ni comprendre ni parler le français. Il m'est arrivé de lui montrer l'affichette, puis ensuite de la faire tomber. Arrivera-t-il la même chose à Montréal avec les logos «Ici, on commerce en français»?











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