La parité au Conseil des ministres: une injustice faite aux hommes?
Louise Langevin - Titulaire de la chaire d'étude sur la condition des femmes - Université Laval, le 12 décembre 2008
16 décembre 2008
Dans votre édition du 12 décembre 2008, le titre d'un article de la Presse canadienne affirmait: «Le Conseil des ministres, la parité, une injustice faite aux hommes». De quelle injustice s'agit-il? La journaliste rappelle la promesse du premier ministre Jean Charest de former un cabinet des ministres paritaire, comme il l'avait fait en 2007. Aux élections de cette semaine, les libéraux ont fait élire 22 femmes députées et 44 hommes députés. Le cabinet devrait compter 24 postes «à limousine». Et d'ajouter la journaliste: «Le premier ministre pénalisera d'emblée ses députés masculins, du seul fait qu'ils sont des hommes.» Par la suite, elle ajoute: «Les trois grands partis politiques du Québec ont toujours de la difficulté à prendre les moyens requis pour recruter davantage de femmes.»
Alors où est l'injustice? Et envers qui? Les femmes occupent 29 % des sièges à l'Assemblée nationale. De 1998 à 2007, les femmes représentaient 30 % des ministres. Les femmes représentent 51 % de l'électorat. Que laisse entendre un tel titre et de tels commentaires? Que le premier ministre a un moins grand bassin de candidates parmi lequel choisir ses ministres féminines et possiblement un moins grand choix parmi moins de compétences? Doit-on comprendre que les postes de ministres devraient être distribués au prorata du nombre de femmes et d'hommes élus ? Si les femmes ne réussissent pas à se faire élire, tant pis pour elles ! Essaie-t-on de nous faire croire qu'il s'agit de discrimination à rebours? On franchit facilement le pas: les députés masculins sont victimes de discrimination en raison de leur sexe! Mieux vaut en rire. La journaliste fait de la désinformation. Et si l'Assemblée nationale faisait une injustice aux femmes en n'imposant pas la parité hommes/femmes aux partis politiques?
Alors où est l'injustice? Et envers qui? Les femmes occupent 29 % des sièges à l'Assemblée nationale. De 1998 à 2007, les femmes représentaient 30 % des ministres. Les femmes représentent 51 % de l'électorat. Que laisse entendre un tel titre et de tels commentaires? Que le premier ministre a un moins grand bassin de candidates parmi lequel choisir ses ministres féminines et possiblement un moins grand choix parmi moins de compétences? Doit-on comprendre que les postes de ministres devraient être distribués au prorata du nombre de femmes et d'hommes élus ? Si les femmes ne réussissent pas à se faire élire, tant pis pour elles ! Essaie-t-on de nous faire croire qu'il s'agit de discrimination à rebours? On franchit facilement le pas: les députés masculins sont victimes de discrimination en raison de leur sexe! Mieux vaut en rire. La journaliste fait de la désinformation. Et si l'Assemblée nationale faisait une injustice aux femmes en n'imposant pas la parité hommes/femmes aux partis politiques?
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