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Confusion à l'ONU

Serge Truffaut   13 mars 2003 
À chaque jour son dérapage. Avant-hier, on s'en souviendra, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a semé tout un émoi en confiant que les États-Unis pourraient se passer du soutien des Britanniques dans leur marche sur Bagdad. Hier, ce qui devait être un amendement à la résolution composée par Londres, Madrid et Washington a été réduit à l'état d'une banale annexe à ladite résolution. Dans la foulée, la ministre espagnole des Affaires étrangères a commis tout un impair en affirmant que la résolution en question ne serait pas déposée afin d'éviter le veto français. Son propos a été démenti dans l'heure suivante par le bureau du premier ministre Aznar. Cette addition d'imbroglios a un nom: Tony Blair.

Il ne fait aucun doute que l'opposition grandissante avec laquelle le premier ministre britannique est aux prises a convaincu, voire obligé ses alliés américains et espagnols qu'il fallait lui trouver une porte de sortie honorable. Le moyen choisi? La défense d'une deuxième résolution à laquelle Blair est d'autant plus attaché que l'idée comme la conception lui appartiennent.

Mais voilà, comme ni les États-Unis ni l'Espagne ne croient à son utilité, la défense de celle-ci s'est avérée cahoteuse. Plus exactement, la bataille pour une autre résolution se fait de plus en plus sous le signe de la mauvais volonté. À cet égard, croire que les propos de Rumsfeld relèvent de la gaffe et non d'une conviction profonde relève de la crédulité, de la candeur. Pour s'en convaincre, il suffit de lire et de relire les commentaires récents de Condoleezza Rice, patronne de la sécurité nationale, pour se rendre compte jusqu'à quel point l'ONU et son souci pour la légalité sont considérés comme des embarras.

Et si, là encore, on doute toujours que la Maison-Blanche soutient timidement Blair dans sa tentative, alors comment qualifier son refus d'adhérer à la proposition britannique en ce qui concerne le délai? À moins qu'il ne change d'idée à la dernière minute, Bush ne veut rien savoir d'une prolongation de dix jours au delà du 17 mars, comme le souhaitent les Britanniques. Après la France et l'Allemagne, les États-Unis sont prêts à étendre leur politique au forceps à Tony Blair.
 
 
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