Les libéraux et le français au Québec
Mathieu Pelletier - Montréal, le 3 décembre 2008
8 décembre 2008
Depuis le début de la présente campagne électorale provinciale et à mon grand malheur, très peu de choses ont été dites, du côté des libéraux, relativement au renforcement du statut de la langue française au Québec. Le peu qui a été dit ne reflétait au mieux qu'une vague préoccupation, voire de la sympathie à l'endroit de la chose.
À entendre Jean Charest à l'émission Tout le monde en parle, la question le préoccuperait, mais aucune mesure contraignante supplémentaire ne serait appliquée (autre que celles qu'applique inefficacement — faute de budget et de personnel — l'Office québécois de la langue française). En résumé, Jean Charest, en bon libéral, s'en remet à l'individu, qui saura faire usage de la langue officielle québécoise le moment venu, en tout respect des sensibilités linguistiques du Québécois francophone.
Or, à mon sens, nous savons tous pertinemment que, dans le contexte québécois, rationalité individuelle (que j'assimile à la raison instrumentale, donc économique, donc libérale) et bilinguisme institutionnel signent, à long terme, l'arrêt de mort du français au Québec. S'il vous plaît, Monsieur Charest, cessez de traiter le français comme une marchandise ou un bien économique. S'en remettre à l'individu dans un «marché linguistique» relevant de la liberté «libérale» ne laisse à celui-ci qu'un choix: l'adhésion à cette logique mimétique qui assimile les minorités. Car n'est-ce pas cela que nous sommes, nous, Québécois, aux yeux de la Constitution canadienne?
À entendre Jean Charest à l'émission Tout le monde en parle, la question le préoccuperait, mais aucune mesure contraignante supplémentaire ne serait appliquée (autre que celles qu'applique inefficacement — faute de budget et de personnel — l'Office québécois de la langue française). En résumé, Jean Charest, en bon libéral, s'en remet à l'individu, qui saura faire usage de la langue officielle québécoise le moment venu, en tout respect des sensibilités linguistiques du Québécois francophone.
Or, à mon sens, nous savons tous pertinemment que, dans le contexte québécois, rationalité individuelle (que j'assimile à la raison instrumentale, donc économique, donc libérale) et bilinguisme institutionnel signent, à long terme, l'arrêt de mort du français au Québec. S'il vous plaît, Monsieur Charest, cessez de traiter le français comme une marchandise ou un bien économique. S'en remettre à l'individu dans un «marché linguistique» relevant de la liberté «libérale» ne laisse à celui-ci qu'un choix: l'adhésion à cette logique mimétique qui assimile les minorités. Car n'est-ce pas cela que nous sommes, nous, Québécois, aux yeux de la Constitution canadienne?
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