Bernard Landry au Devoir - Croisade souverainiste sans objectif référendaire
Photo : Jacques Nadeau
Un mandat pour le PQ n’est pas un mandat pour la tenue d’un référendum
Au lendemain des élections, un gouvernement du Parti québécois s'attellerait à la rédaction d'une constitution nationale qui serait au coeur de la stratégie souverainiste. Cette démarche prendrait l'allure d'un élément de consolidation du concept de nation et de l'identité québécoises mais ne baliserait en rien la voie vers un nouveau référendum.
Présent au Devoir pour une rencontre éditoriale avec un air guilleret et un élan que semblent justifier les derniers sondages, le premier ministre Bernard Landry a confirmé hier qu'il déléguera à un groupe de travail, formé sur le modèle de la commission Séguin sur le déséquilibre fiscal, la mission de rédiger une constitution nationale afin de «créer une atmosphère pour que la souveraineté soit souhaitée».
«Un mandat pour le Parti québécois, ce sera un mandat pour rechercher démocratiquement, le plus rapidement possible, la souveraineté du Québec, conformément à l'engagement de ne jamais perdre un référendum. Nous allons faire en sorte que le sentiment souverainiste continue à monter. Et quand les signaux seront suffisants de la société civile, de l'ensemble de la population, on fera ce qu'on a à faire en espérant que ce soit avant 2005», a expliqué M. Landry.
Quelques heures avant que ne s'ouvre à Montréal le congrès d'orientation de son parti, qui tracera la voie des engagements électoraux, le premier ministre a pris bien soin de dissocier le travail et l'énergie que consacrerait un gouvernement péquiste à faire mousser la souveraineté et la mise en place de conditions favorables à la tenue d'un référendum. M. Landry s'est montré rassurant, sourire aux lèvres et ton amène, à l'égard des électeurs qui pourraient être indisposés par la possibilité que le Parti québécois verse dans la propagande référendaire. Au cours de la campagne électorale, c'est à la souveraineté que son parti accordera une «place grandiose», comme il l'avait déjà dit lors du conseil national de février dernier.
Chose certaine, la question nationale est un atout et non un obstacle pour Bernard Landry, même dans un contexte où le PQ pourrait accéder au pouvoir alors que ses deux principaux adversaires recueillent pour l'instant un appui populaire majoritaire. La situation ne poserait aucun problème de légitimité afin de travailler à donner «l'assurance morale pour gagner» le prochain référendum, a soutenu le premier ministre.
«Quand la souveraineté est à 45 % dans les sondages, le fait d'être souverainiste n'est pas un handicap, a-t-il expliqué. Et il faut présumer l'intelligence et l'évolution. L'ADQ a voté OUI au dernier référendum. Elle a changé.» Mais Bernard Landry entend bien prévenir ses troupes contre tout «excès de confiance», le principal adversaire du PQ, qui a traversé des moments troubles au cours de la dernière année. Du même souffle, il présentera aux militants péquistes, réunis en congrès d'orientation à Montréal toute la fin de semaine, la rédaction d'une constitution nationale comme une des pièces maîtresses du dossier souverainiste. Le projet d'une loi fondamentale fait d'ailleurs officiellement l'objet d'une proposition à débattre par les militants.
Lors des récents États généraux sur la réforme des institutions démocratiques, les participants ont dit souhaiter à 82 % que l'on crée une constitution du Québec, comme il en existe une en Colombie-Britannique. Aussi, il y a un an, des souverainistes liés au PQ mais également à l'ADQ ont créé le Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise (MONOCOQ) afin de convaincre la population de l'importance de «refonder la démocratie québécoise sur la base des valeurs républicaines».
Dans cette foulée, Bernard Landry estime essentiel d'«éclaircir les esprits». «Quand la constitution du Québec établira clairement que notre groupe humain multiethnique, diversifié, constitue une nation, ce sera très difficile pour quiconque, y compris Ottawa, de dire le contraire. [...] Elle refléterait nos grandes valeurs de société, qui sont déjà des valeurs très avancées de démocratie, de liberté, de partage. On a déjà des éléments constitutifs très intéressants qui s'appellent la Charte des droits et libertés, qui s'appellent un régime de [financement des partis politiques] tellement admirable que Jean Chrétien l'a imité avec 25 ans de retard», a expliqué M. Landry.
N'ayant aucune crainte en ce qui concerne l'adhésion de la population à un tel projet, «rassembleur, réaliste», M. Landry reconnaît que cette constitution nationale devra être en concordance avec la Constitution canadienne, ce qui signifie par exemple qu'elle devrait respecter les traditions de la monarchie britannique et ne pourrait pas toucher à la fonction de lieutenant-gouverneur.
Le travail autour de la rédaction de cette constitution permettra d'ancrer l'idée de la souveraineté en complément aux activités du Conseil de la souveraineté, récemment remis à flot, et à l'action politique du Bloc québécois, croit M. Landry, qui prône toujours un modèle confédératif de souveraineté. «Je vois le Québec dans les Amériques comme la Belgique dans l'Europe», a indiqué M. Landry après avoir lancé: «Si, demain matin, Jean Chrétien, dans un geste spectaculaire avant de quitter le gouvernement, disait: "J'offre au Québec, dans le Canada, dans l'union canadienne, le statut de la France dans l'Union européenne", la question québécoise serait réglée rapidement. Nous, on signerait et on le ferait ratifier par référendum et on le gagnerait dans des proportions effarantes.»
Présent au Devoir pour une rencontre éditoriale avec un air guilleret et un élan que semblent justifier les derniers sondages, le premier ministre Bernard Landry a confirmé hier qu'il déléguera à un groupe de travail, formé sur le modèle de la commission Séguin sur le déséquilibre fiscal, la mission de rédiger une constitution nationale afin de «créer une atmosphère pour que la souveraineté soit souhaitée».
«Un mandat pour le Parti québécois, ce sera un mandat pour rechercher démocratiquement, le plus rapidement possible, la souveraineté du Québec, conformément à l'engagement de ne jamais perdre un référendum. Nous allons faire en sorte que le sentiment souverainiste continue à monter. Et quand les signaux seront suffisants de la société civile, de l'ensemble de la population, on fera ce qu'on a à faire en espérant que ce soit avant 2005», a expliqué M. Landry.
Quelques heures avant que ne s'ouvre à Montréal le congrès d'orientation de son parti, qui tracera la voie des engagements électoraux, le premier ministre a pris bien soin de dissocier le travail et l'énergie que consacrerait un gouvernement péquiste à faire mousser la souveraineté et la mise en place de conditions favorables à la tenue d'un référendum. M. Landry s'est montré rassurant, sourire aux lèvres et ton amène, à l'égard des électeurs qui pourraient être indisposés par la possibilité que le Parti québécois verse dans la propagande référendaire. Au cours de la campagne électorale, c'est à la souveraineté que son parti accordera une «place grandiose», comme il l'avait déjà dit lors du conseil national de février dernier.
Chose certaine, la question nationale est un atout et non un obstacle pour Bernard Landry, même dans un contexte où le PQ pourrait accéder au pouvoir alors que ses deux principaux adversaires recueillent pour l'instant un appui populaire majoritaire. La situation ne poserait aucun problème de légitimité afin de travailler à donner «l'assurance morale pour gagner» le prochain référendum, a soutenu le premier ministre.
«Quand la souveraineté est à 45 % dans les sondages, le fait d'être souverainiste n'est pas un handicap, a-t-il expliqué. Et il faut présumer l'intelligence et l'évolution. L'ADQ a voté OUI au dernier référendum. Elle a changé.» Mais Bernard Landry entend bien prévenir ses troupes contre tout «excès de confiance», le principal adversaire du PQ, qui a traversé des moments troubles au cours de la dernière année. Du même souffle, il présentera aux militants péquistes, réunis en congrès d'orientation à Montréal toute la fin de semaine, la rédaction d'une constitution nationale comme une des pièces maîtresses du dossier souverainiste. Le projet d'une loi fondamentale fait d'ailleurs officiellement l'objet d'une proposition à débattre par les militants.
Lors des récents États généraux sur la réforme des institutions démocratiques, les participants ont dit souhaiter à 82 % que l'on crée une constitution du Québec, comme il en existe une en Colombie-Britannique. Aussi, il y a un an, des souverainistes liés au PQ mais également à l'ADQ ont créé le Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise (MONOCOQ) afin de convaincre la population de l'importance de «refonder la démocratie québécoise sur la base des valeurs républicaines».
Dans cette foulée, Bernard Landry estime essentiel d'«éclaircir les esprits». «Quand la constitution du Québec établira clairement que notre groupe humain multiethnique, diversifié, constitue une nation, ce sera très difficile pour quiconque, y compris Ottawa, de dire le contraire. [...] Elle refléterait nos grandes valeurs de société, qui sont déjà des valeurs très avancées de démocratie, de liberté, de partage. On a déjà des éléments constitutifs très intéressants qui s'appellent la Charte des droits et libertés, qui s'appellent un régime de [financement des partis politiques] tellement admirable que Jean Chrétien l'a imité avec 25 ans de retard», a expliqué M. Landry.
N'ayant aucune crainte en ce qui concerne l'adhésion de la population à un tel projet, «rassembleur, réaliste», M. Landry reconnaît que cette constitution nationale devra être en concordance avec la Constitution canadienne, ce qui signifie par exemple qu'elle devrait respecter les traditions de la monarchie britannique et ne pourrait pas toucher à la fonction de lieutenant-gouverneur.
Le travail autour de la rédaction de cette constitution permettra d'ancrer l'idée de la souveraineté en complément aux activités du Conseil de la souveraineté, récemment remis à flot, et à l'action politique du Bloc québécois, croit M. Landry, qui prône toujours un modèle confédératif de souveraineté. «Je vois le Québec dans les Amériques comme la Belgique dans l'Europe», a indiqué M. Landry après avoir lancé: «Si, demain matin, Jean Chrétien, dans un geste spectaculaire avant de quitter le gouvernement, disait: "J'offre au Québec, dans le Canada, dans l'union canadienne, le statut de la France dans l'Union européenne", la question québécoise serait réglée rapidement. Nous, on signerait et on le ferait ratifier par référendum et on le gagnerait dans des proportions effarantes.»
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