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Lettre aux baby-boomers

Alexandre Ranger - 25 ans, Gatineau  29 novembre 2008 
Chers baby-boomers, en cette période électorale, nous nous sentons obligés d'ouvrir une discussion et d'amener des réflexions. Loin de nous l'idée de créer un fossé entre les générations sous forme de reproches et de préjugés infondés, nous voulons plutôt vous faire part de nos rêves et de nos aspirations.

Nous ne pouvons commencer sans vous remercier. Merci d'avoir construit l'État québécois que vous nous léguez aujourd'hui. En sortant le Québec de la Grande Noirceur, vous avez placé les valeurs de justice et d'égalité au premier plan. Une si belle révolution que vous avez faites! Un système d'éducation alors accessible et équitable, un système de santé universel, des programmes sociaux et des étatisations d'organes majeurs virent le jours. Cela a été possible parce que vous aviez la force, la conviction et la détermination pour accomplir ce projet commun. Vous avez même eu le nombre pour faire pencher la balance lors des élections des années 60 et 70. Bref, vous étiez jeunes, vous étiez beaux et vous étiez beaucoup!

Même si nous sommes constamment branchés sur le monde, notre génération rêve également pour ce cher Québec! Elle rêve d'une planète en santé, de transport en commun et d'organisation urbaine responsable. Elle rêve d'un Québec juste, équitable et ouvert, régulé par une économie coopérative à visage humain. Elle rêve de programmes gouvernementaux lui donnant les outils pour foncer vers les défis titanesques de demain. Mais, aujourd'hui, alors que nous commençons à former des familles et sommes prêts à prendre des décisions pour elles, nous nous trouvons dans un gouffre. Eh oui, chers baby-boomers, vous nous étouffez sous votre poids démographique! Les enjeux électoraux sont tournés majoritairement vers les fonds de pensions et la santé, avec des promesses alléchantes de baisses d'impôts. Votre poids électoral est si important que nous ne comptons plus lors des votes. Les enjeux qui définissent notre futur et celui des générations suivantes sont nombreux. Pour faire progresser notre Québec sur la voie du bien commun, nous devons réfléchir à chacun d'eux pour soi-même, mais également pour son voisin. C'est maintenant à notre tour de rêver et d'amener le Québec là où nous le voulons. Nous avons des idées et nous voulons les défendre, mais, pour cela, vous devez nous faire confiance et nous laisser de la place. De la place dans les débats de la sphère publique, durant les élections et aussi dans votre manière de penser. Écoutez nos rêves, et s'il vous plaît, aidez-nous à faire progresser le Québec d'un autre bond!

Nous ne voulons surtout pas votre silence, mais bien votre sagesse et votre écoute active.
 
 
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