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Souveraine solitude

Lettre à un candidat de Trois-Pistoles

Josée Blanchette   28 novembre 2008 
Victor-Lévy Beaulieu, candidat indépendantiste indépendant, par-devers ses amies les bêtes et meneur de troupeau.
Photo : Pascal Ratthé
Victor-Lévy Beaulieu, candidat indépendantiste indépendant, par-devers ses amies les bêtes et meneur de troupeau.
Cher Victor-Lévy Beaulieu,

Est-ce cette campagne électorale où vous faites cavalier seul à titre de candidat indépendantiste indépendant dans la circonscription de Rivière-du-Loup et où votre simple présence littéraire réussit à relever la prose électorale aussi morne que novembre? Est-ce votre statut de célibataire en quête d'une Julie Couillard ou encore celui d'écrivain prolifique et de lecteur vorace? Ou peut-être même celui d'éditeur polémiste retiré en ses terres du Bas-du-Fleuve?

Chaque fois que je médite sur ma chère solitude, je pense à vous. Pire, je m'identifie à vous! Je partage avec vous l'amour des battures, du terroir, de notre langue, de nos origines, des chevaux, de la pipe et de la solitude, sans parler du silence qui l'accompagne souvent.

Si j'avais hérité de la moitié de votre système pileux et de votre sens du spectacle, je me coifferais d'un béret et je ferais de vous mon gourou. Je me contente de sourire en songeant à vous souvent, en vous imaginant à l'Assemblée nationale avec veaux, vaches, cochons, couvée, avec votre pipe bourrée et éteinte, contrairement à vous qui n'êtes plus bourré et constamment allumé.

Contrairement à d'autres, je ne vous prends pas pour le clown de service, loin de là. Vous seriez plutôt l'oracle du mythe. «Gonebitch» que ça nous ferait du bien une citation de Joyce ou de Ferron dans un clip aux nouvelles de 22h! Voilà qui signerait une véritable société distincte.

Incidemment, je me délecte depuis quelque temps à la lecture d'un essai où la mythologie tient une grande place et qui vous dépeint bien. Vous saviez sûrement que «muet», «mystère», «mystique » et «mythe» puisent aux mêmes origines. Je l'ai appris en lisant L'Esprit de solitude de Jacqueline Kelen (Albin Michel, 2005). Vous aimeriez, je crois; et je remercie ma mère de me l'avoir recommandé. La première phrase du livre résume l'esprit en question: «La solitude est un cadeau royal que nous repoussons parce qu'en cet état nous nous découvrons infiniment libres et que la liberté est ce à quoi nous sommes le moins prêts.»

Pour parvenir à l'indépendance à laquelle vous aspirez, cher VLB, il faudrait que chacun soit déjà souverain au fond de lui-même, ce qui n'est pas une mince tâche. Pas étonnant qu'autant d'artistes soient souverainistes, ils ont déjà parcouru la moitié du chemin car il n'y a pas de création possible sans intimité avec la solitude — celle de l'être —, inhérente à la trajectoire humaine que vous savez si bien décrire par-devers, par monts et par vaux.

Isolement versus solitude

On confond aisément la tristesse et la souffrance associées à l'isolement avec la solitude qui, elle, est pleine de ressources cachées. «Mais notre époque, friande de grand public et de rassemblements, parle très peu de cette conduite de vie solitaire qui favorise la réflexion et affermit l'indépendance, de cette solitude belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d'artistes, de saints et de philosophes. Comme si cette voie était réservée à quelques originaux ou tempéraments forts, comme si elle constituait l'ultime bastion de résistance face à la bêtise, au conformisme et à la vulgarité», écrit Mme Kelen, pour qui le célibat désigne un état civil, et la solitude, un état d'esprit.

Selon elle, supprimer l'état de solitude, c'est empêcher l'être humain de penser. «Vouloir étouffer ou soigner le sentiment de solitude, c'est empêcher un être humain de prendre conscience, de grandir, de faire quelque chose de sa vie. Ainsi je ne cesse de dénoncer l'obsession thérapeutique qui gouverne une société moderne sécuritaire, effrayée de vivre et hantée par la mort: il faut se protéger de tout, il faut se guérir de tout. [...] La culture en son entier ainsi que la politique deviennent, à l'égal de la médecine et de la psychologie, une seule et lancinante thérapie imposée à tous les citoyens, consentants ou non.» Ça m'a fait songer à Jean Charest, dont le slogan pourrait être: élisez-moi d'abord, je vous soignerai ensuite.

Mais je m'égare. Vous le savez, les êtres qui apprécient la solitude sont souvent considérés comme des misanthropes. Pourtant, souligne avec justesse Jacqueline Kelen, le vrai solitaire a le sens de l'amitié et ne se replie pas dans l'égocentrisme. Il peut même «servir» les autres, comme vous vous proposez de le faire. La solitude choisie est une délivrance, pas un sacerdoce. «L'amour la solitude», titrait Éluard l'un de ses poèmes. La solitude assumée permet éventuellement d'être deux plutôt que dans une fuite de soi à travers l'Autre et au prix fort.

«Vivre ainsi, c'est choisir la voie buissonnière, c'est aussi bien prendre le maquis. Et à tout instant aimer l'imprévisible. Tant que l'on n'a pas compris que la solitude est une force et une alliée, on accepte l'assujettissement et le compromis. Il n'est pas de remède à la solitude, c'est elle qui nous sauve de la médiocrité et de l'abêtissement», écrit encore l'auteure de L'Esprit de solitude, qui se porte à la défense d'une philosophie de la liberté, surtout celle de penser.

La quête du Graal

«Plus un homme monte haut, plus nombreuses sont les privations qu'il doit s'imposer. Au sommet, il n'y a de place que pour l'homme seul. Plus il est parfait, plus il est entier; et plus il est entier, moins il est quelqu'un d'autre que lui-même.» C'est de Fernando Pessoa. Ça me fait beaucoup penser à la solitude du pouvoir, du chef, du meneur de troupes. «Toute solitude renvoie toujours aux ressources secrètes et imprévisibles de l'individu», poursuit Kelen, que je pourrais vous citer par paragraphes entiers et qui ne vous percevrait certainement pas comme un asocial mais plutôt comme un disciple de Sénèque: «Ne te juge heureux que le jour où toutes tes joies naîtront de toi.» Ce n'est pas de l'égoïsme, plutôt du réalisme.

J'aimerais vous parler encore de «morale courtoise» (fermeté d'âme et élégance du coeur) mais je terminerai sur cette citation de Kelen qui vous ressemble: «Le héros du mythe est seul à "se lever" au-dessus de sa condition périssable, seul à devenir levain dans la pâte humaine et à faire surgir le printemps au coeur de la forêt désolée.»

Je salue votre courage et votre superbe indépendance d'esprit en souhaitant qu'un jour elle soit l'apanage d'un peuple plutôt que de quelques individus. Ce jour-là, j'étendrai de la confiture de fraises sur mes retailles d'hostie et je les ferai toaster des deux bords. Je vous en garde un pot, promis. Et ce n'est pas une promesse électorale.

***

Noté: que Victor-Lévy Beaulieu recevait les citoyens de sa circonscription tous les dimanches après-midi, jusqu'aux élections: «Mon quartier général sera dans la grande maison que j'habite au 31, Route nationale Est, paroisse Notre-Dame-des-Neiges, à Trois-Pistoles. Tous les citoyens pourront y venir, particulièrement le dimanche à compter de 13 h: ma maison sera la leur et l'on pourra y discuter de l'indépendance "maintenant" en toute liberté.» www.vlbcandidat.org. Si la solitude mène à tant d'ouverture, chapeau!

Appris: par VLB que les candidatures de citoyens indépendants ont plus que quadruplé depuis une décennie au Québec. Signe des temps ou ras-le-bol politique?

Lu: La Grâce de solitude, des entretiens sur le sujet avec Christian Bobin, Jean-Michel Besnier, Jean-Yves Leloup et Théodore Monod (Albin Michel). «Passage obligé vers la connaissance de soi ou rançon d'une technologie de la communication qui nous isole de plus en plus, la solitude fait partie de notre vie. Hier réservée à une minorité, elle touche aujourd'hui des millions de personnes», écrit Marie de Solemme, qui dirige les échanges. Lumineux et inspirant.

Reçu: Je vivais seul, dans les bois d'Henry David Thoreau (Folio). Grand classique paru en 1854, ce livre raconte les deux années que passa Thoreau, seul, dans une maison en bois qu'il avait bâtie lui-même, au bord de l'étang de Walden, au Massachusetts. L'auteur nous donne même une idée de son budget. Nourriture, huit mois: 8,74 $...

Trouvé: dans Garnotte 2008 (Les Intouchables), une caricature de VLB avec Michaëlle Jean, la GG. Un personnage de choix, Victor-Lévy n'est pas le seul à prêter flanc à la revue de l'année sous le crayon incisif du caricaturiste du Devoir. Pour les nostalgiques de cette année en dents de scie, un must!

Aimé: Petits moments avec moi-même (Tornade). Un joli cadeau à offrir (s'offrir?) sous forme de journal intime mais avec des inscriptions tout à fait rigolotes et originales qui aident à mieux se découvrir. «Les dix métiers qui m'iraient comme un gant», «Les derniers mots que je pourrais prononcer au moment de mourir», «Les détails qui tuent l'amour», «Titre des poèmes que je peux déclamer dans leur intégralité», «Mes plans les plus foireux». Charmant.

***

Voluptueusement solitaire!

par Victor-Lévy Beaulieu

Quand je suis venu au monde, la sage-femme n'a pas eu besoin de me couper le cordon ombilical: je l'avais fait avant elle. Quand j'ai appris à écrire, ça a été de la main gauche. Grâce à mon père qui vint avec moi un jour à l'école pour dire au frère directeur: «Mon fils est gaucher, je pense qu'il va l'être toute sa vie et, à compter d'aujourd'hui, je ne voudrais plus en entendre parler», j'eus seul dans toute l'école le droit de n'être pas maladroit. Mais on me mit au fond de la classe, près d'une fenêtre qui fermait mal, de sorte que j'y gelais comme un rat. J'ai alors compris ma différence par-devers les autres et je suis vite devenu autonome, rebelle et solitaire.

Je n'ai pas mis de temps à comprendre qu'être solitaire est l'acte ultime de la voluptueuse liberté. Lorsque mes parents étaient cultivateurs, je défrichais moi-même mon lopin de terre dans les écores de la Boisbouscache et je plantais partout plein d'arbres (que mes frères se plaisaient à arracher). J'apprivoisais aussi les animaux sauvages, ce qu'on ne peut faire que si on maîtrise la solitude, la sienne et celle des bêtes vivant en forêt.

Je suis le sixième d'une famille de treize enfants. Cela a été une chance. Je n'ai pas eu à subir l'inexpérience de mes parents, de sorte que j'ai pu me lâcher lousse dans la vie et agir selon mon corps et mon esprit. À dix-neuf ans, j'ai été atteint par la poliomyélite et j'ai passé près de trois mois couché sur un panneau de bois, des sacs de sable sur les genoux. Même mes camarades ne venaient pas me voir à l'hôpital. Les livres que je lisais et les bouts de romans que j'écrivais ont compensé: écrire est un acte voluptueusement sexuel.

Je me suis marié une fois, puis me suis accoté sans succès. Je crois maintenant savoir pourquoi. Enfant, j'ai été fasciné par cette vieille Chinoise dont les yeux exprimaient l'habitation d'une si profonde et tranquille solitude que c'en était de toute beauté. J'aurais voulu me marier avec une Chinoise, mais les Chinoises ne passent pas souvent par Trois-Pistoles. Récemment, en regardant les fabuleuses photos de Hans Silvester sur l'Éthiopie, j'ai reconnu chez certaines femmes de la vallée de l'Omo ce regard qui m'a tant impressionné dans mon enfance. Aujourd'hui, je me marierais volontiers avec l'une de ces Éthiopiennes, mais comme les Chinoises, elles ne passent pas souvent par Trois-Pistoles.

Aussi, je vis pleinement, et pour ainsi dire amoureusement, la solitude qui est la mienne. Quand elle ne m'embrasse pas, elle m'embrase!

Trois-Pistoles, le 25 novembre 20088
 
 
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  • Jean Le May
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 06h14
    Solitude: trouvaille de l'âme
    Vous visez juste encore une fois, chère dame.Merci pour ce trop court exposé sur la solitude, source de vie.
    J'ai appris depuis quelques années les miracles qu'elle permet d'espérer et de créer: expérience éminamment riche de liberté.
    Il y a à l'intérieur de chacun, un monde aussi grand que celui à l'extérieur mais contrairement au dernier, il est plus facile à habiter.
    Je prendrai davantage de temps, peut-être, pour vous relater mes voyages intérieurs mais surtout la liberté qu'ils m'ont permis d'appliquer DANS le monde extérieur. Tout simplement fantastique.

    Lecteur 457
    Jean Le May
    Saint-Jean-sur-Richelieu.

  • Camille Beaulieu 60
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 08h15
    Trop rares
    L'échange entre Josée B et VLB est rafraîchissant et bien trop rare dans un presse d'habitude trop prévisible.

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 09h01
    Les ermites urbains
    De tout temps,ils ont existé. On les a ridiculisé, on les a pointé du doigt, on leur a refusé le cimetière.

    Plein de gens avant nous savaient que vivre seuls ne voulait pas dire refuser de vivre.

    C'est comme si venions de naître à cette réalité.

    Bidou vivait dans une cabane à l'extérieur des limites du cimetière,hiver comme été. Ti-Bi vivait sur son érablière, dans sa cabane à sucre. Ce n'était pas la misère noire, c'était un choix personnel.

    Plein de gens vivent leur solitude et ne voient pas l'utilité de s'embarrasser d'un paquet de bébelles pour se sentir vivre.

    Ça ne prend pas de Bounce ou de Fleecy pour vivre sa Vie. Camoufler les odeurs naturelles par des produits cancérigènes, c'est le plus bel exemple de nos vies matérialistes.

    Ça prend du détachement. C'est être un solitaire solidaire.

    C'est avant tout, avoir le plaisir de vivre au présent.
    Ce qui rend nos vies si difficiles à vivre, c'est que la majorité des gens a le cul à côté de la " track ".

    Ils sont en dehors de leurs vies. En prison double.

    Valdor Lagacé-Gallant

  • marcel vinet
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 09h28
    pourquoi vivre seul....
    aujourd hui avec l internet,on peut vivre au moins en deux dimentions,meme qu on peut avoir une famille en deux dimentions,on peut meme avoir la femme que l on veut en deux dimentions,ca se complique quand ca veut devenir en trois dimentions,la pour etre dans la normalité que les riches nous enseignent dans les films américains,ca prendrait beaucoup d argent pour ne pas etre continuellement humilié...alors la troisieme dimention serait pour les riches,chez les pauvres ca revire tout le temps en drame a 99%...il y a comme une déchirure entre nos reves et la réalité concrete de tous les jours....pour aller au paradis sur terre ,comme le Christ qui disait qu il est parmis nous,il faut avoir beaucoup d argent d abord,incroyable....Marcel

  • Jean-Yves Bégin
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 10h16
    A mettre en écrin
    Chère Josée Blanchette, un merci spontané pour ce texte d'une qualité rare, charpenté de remarques, pensées et citations à mettre en écrin, appuyé de titres de livres et auteurs savoureux, à lire, et dont la publication même me paraît une audace, bien qu'il me soit comme un délicieux enfonçage de porte ouverte. Votre profondeur précédait celle du sujet, et elle écarte toutes les contingences: relier l'esprit de solitude à la fascination du mystère de l'être, attitude fondamentale de réalisation personnelle, à opposer à celle dite de l'absurde, qui dissout les meilleures vies, pour une conversation philosophique enfin ramenée au plancher de... l'ëtre, oui, au pied du mur qui n'en est peut-être pas un... remettre à l'endroit la perpétuelle inversion des valeurs qui étourdit et rend aveugle, dingue et zombie. Et pour que la peur panique du mur ne soit pas le perpétuel repoussoir d'une vie qui n'aura été qu'une longue maladie. On sent que vous émergez d'un savoureux enchantement. Mais comme je ne suis pas un solitaire de salon, je fais le silence. Merci encore.

  • Guy Lemieux
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 14h58
    La Solitude
    C est lorque l on est seul que l on s apercoit que l on est habité d une foule de monde et d idées des autres .Pour être seul j ai dût me baigner dans la foule .

  • Boily,Charlotte
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 15h55
    Chapeau bas Madame !
    Josée Blanchette, vous êtes ma journaliste préférée !

    Merci ! Quel bel article, profond, vrai, si vrai ! Que dire à tous ces autres qui n'ont pas encore compris depuis si longtemps que le bonheur est dans cette solitude qui engendre liberté et bonté.... le silence bienfaiteur qui fait jaillir la réflexion , la créativité, et la sérénité , tout ce qui n'a pas de prix et ne peut s'acheter...

    Merci Madame !

    Charlotte Boily
    St-Jean-Port-Joli

  • Vincent Collard
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 17h38
    Bravo
    Superbe texte, Josée. Je devrais te lire plus souvent.

    Tu me connais, il faut quand même que je mette mon grain de sel...
    Je te cite:

    «... «muet», «mystère», «mystique » et «mythe» puisent aux mêmes origines. Je l'ai appris en lisant L'Esprit de solitude de Jacqueline Kelen (Albin Michel, 2005).»

    Tu l'aurais appris plus tôt que ça si tu avais fréquenté plus assidûment le blogue de ta rédac à Châtelaine...

    Sur ce clin d'oeil, je t'embrasse.

    V.

  • Marc Lapointe
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 20h30
    Merci Josée
    Que c'est réconfortant de lire un article comme le vôtre. Emballant! Même fin novembre 2008. Je vis isolé sans voisins isolé de la société à La Tuque, sans accès autre que par bateau ou motoneige l'hiver. Actuellement, je suis confiné vu que le lac n'est pas assez gelé pour traverser. Mais j'ai une coupole internet et suis abonné au Devoir. La solitude, je connais çà. Et jamais je ne retournerai vers la "civilisation". Vous avez raison, «La solitude est un cadeau royal..."

  • Marc Lapointe
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 20h32
    Merci Josée 2
    Pour ceuz qui voudraient correspondrent, j'ai un blog au http://evalma1943.spaces.msn.com/PersonalSpace.asp

  • Lamoureux,Marie
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 22h09
    les jaloux de la solitude
    Solidâo furiosa
    Furieuse solitude


    Est-il vrai que tous nos actes sont en grande partie déterminés par la peur de la solitude? Est-ce pour cela que nous renonçons à toutes les choses que nous regretterons à la fin de notre vie? Est-ce pour cette raison que nous disons si rarement ce que nous pensons? Pourquoi, sinon. tenons-nous à tous ces mariages désunis à ces amitiés mensongères, à ces ennuyeux repas d'anniversaires? Qu'est-ce qui arriverait si nous renoncions à tout cela, si nous mettions fin à ce chantage insidieux et décidions de nous assumer? Si nous laissions jaillir comme une fontaine tous nos désirs réduits en esclavage et la fureur que nous cause leur servitude? Car cette solitude redoutée, en quoi consiste-t-elle réellement? Dans le silence des reproches qui nous sont désormais épargnés? Dans la nécessité abolie de marcher à pas feutrés, en retenant notre souffle, sur le champ de mines des mensonges conjugaux, et des demi-vérités amicales? Déplorons-nous la liberté de nous asseoir, à table, en face de personne? L'abondance de temps qui s'ouvre quand on se tait le feu roulant des rendez-vous? Ne voilà-t-il pas des choses merveilleuses? Un état paradisiaque ? Pourquoi alors en avoir peur? Est=ce à la fin une peur ui n'existe que parce que nous n'avons pas réfléchi à son objet? Une peur qui nous a été inculpée par des parents, de professeurs, et des prêtres à tête vide? Et pourquoi sommes-nous en réalité tellement sûrs que les autres nous envieraient pas, s'ils voyaient à quel point notre liberté est devenue vaste? Et qu'ils ne rechercheraient pas aussitôt notre société ?



    Pascal Mercier, Train de nuit pour Lisbonne, Maren Sell Éditeurs, pp374-375

  • Jean-Marcel Tremblay
    Inscrit
    samedi 10 janvier 2009 09h01
    La solitude...
    Savez vous que s apprivoise et que c est tres benifique.On fait ce que l on veux et quand ca nous le dit.Personne pour nous contredire et nous avons la sacre sainte Paix.Amen.

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