L'enseignement collégial, un effet tonique sur l'économie
Alors que se déroule au Québec une campagne électorale à forte saveur économique, les cégeps proposent au prochain gouvernement quatre pistes à mettre en oeuvre pour que l'enseignement collégial ait un effet encore plus tonique sur notre économie.
S'adapter aux adultes
Assurer la prospérité économique du Québec, c'est former de la main-d'oeuvre qualifiée en nombre suffisant pour affronter les pénuries, en faisant notamment en sorte que tous les adultes trouvent une réponse adaptée à leurs besoins de recyclage et de perfectionnement.
Ces services de formation, les adultes et les entreprises les chercheront de plus en plus du côté du cégep, puisque ce sont les emplois de niveau technique qui présenteront le taux de croissance le plus important d'ici à 2016, selon Emploi-Québec. Mais des contraintes réglementaires, organisationnelles et de financement empêchent toujours les collèges d'élargir leur offre de formation à temps partiel et d'accorder la possibilité de suivre un cours sans avoir à s'inscrire à un programme d'études complet. Par conséquent, au Québec, la formation collégiale à temps partiel est en déclin depuis 1997. Alors qu'en Ontario, sur 290 000 adultes inscrits en formation continue, 197 200 étudiaient à temps partiel en 2006-2007, à peine 10 900 adultes sur les 23 000 adultes inscrits en formation continue au cégep le font.
Lever l'ensemble de ces contraintes, systématiser l'accès à des services d'accueil, d'information et d'accompagnement permettant de cerner les besoins des adultes et des entreprises et d'y apporter une réponse, et financer la formation continue au cégep au moyen d'une enveloppe ouverte — comme c'est le cas dans le réseau universitaire — assureraient un meilleur équilibre entre l'offre et la demande en matière de recyclage et de perfectionnement de la main-d'oeuvre.
Dans le contexte actuel, abolir les obstacles qui rendent plus tortueux le parcours de ceux qui veulent accroître leur qualification est un geste dont on ne peut plus faire... l'économie.
Développer les activités de francisation
Permettre aux personnes immigrantes qualifiées de maîtriser suffisamment la langue française pour étudier dans un domaine technique, afin de compléter la formation acquise dans leur pays d'origine et de prendre une place sur le marché québécois du travail, est également crucial.
Près d'une vingtaine de cégeps offrent déjà, en partenariat avec le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), des cours de français à des personnes immigrantes. Toutefois, ces cours, et surtout le niveau de maîtrise de la langue qu'ils permettent d'atteindre, ne suffisent généralement pas quand vient le temps de suivre une formation technique. Une connaissance plus spécialisée du français devient alors absolument nécessaire.
Certaines initiatives à cet égard ont déjà été mises en place — des cours de français à l'intention de professionnels de la santé ayant obtenu un diplôme à l'extérieur du Québec, par exemple —, et le MICC veut accroître les mesures qui vont dans le même sens. Des ressources doivent cependant être rapidement accordées aux collèges pour le développement et la mise en oeuvre de formations en français spécialisé, en lien avec un plus grand nombre de programmes techniques.
Assurer l'intégration des immigrants, cela signifie bien souvent leur enseigner les mots pour s'exprimer dans le cadre d'une démarche de reconnaissance de leurs acquis et de leurs compétences, les mots pour acquérir de nouvelles notions et les mots pour travailler.
Renforcer l'action internationale
Lorsque la courbe démographique fléchit au point d'avoir des répercussions sur le plan économique, attirer des étudiants étrangers susceptibles de s'installer ensuite au Québec est un choix stratégique. Les cégeps sont déjà très actifs sur la scène internationale et, chaque année, près de 2500 jeunes issus de divers pays étudient dans le réseau collégial québécois. Il est cependant essentiel d'accentuer les mesures déjà en place de manière à augmenter le nombre d'étudiants étrangers dans des programmes présentant des perspectives d'emploi favorables.
Par ailleurs, des entreprises québécoises doivent fréquemment pouvoir compter sur des techniciens et des technologues capables de travailler ou d'établir des contacts avec des fournisseurs dans d'autres pays. Les stages à l'étranger, au cours desquels les étudiants s'imprègnent de cultures différentes, constituent en ce sens une action des cégeps à renforcer, puisqu'ils développent chez les jeunes une plus grande ouverture, ce qui facilite également leur participation à une société pluraliste.
Les ententes de coopération, que les cégeps concluent chaque année, mettent en valeur la formation technique tout en répondant aux besoins des pays émergents. Cette exportation de notre formation collégiale contribuant au rayonnement du Québec, il faut faire en sorte de mettre également l'accent sur ce volet de l'action internationale des collèges.
Valoriser la formation technique
Le taux de placement en formation technique avoisinant les 94 %, on peut affirmer sans risque de se tromper que les entreprises s'arrachent les services des techniciens, des techniciennes et des technologues issus des cégeps. De leur côté, les collèges ne ménagent pas leurs efforts pour s'assurer que le plus grand nombre de jeunes possible qui passent leurs portes en ressortent avec un diplôme. Toutefois, le nombre de diplômés demeure encore insuffisant au regard des besoins en main-d'oeuvre qualifiée, l'intérêt des jeunes pour la formation technique, ainsi que pour certains domaines scientifiques, n'étant pas suffisamment éveillé malgré les débouchés intéressants.
Il faut donc convaincre un plus grand nombre de jeunes que la formation technique présente d'excellentes perspectives de carrière. Il s'agit là d'une responsabilité qui incombe au gouvernement, mais aussi aux entreprises et aux parents. Il en va de l'avenir des jeunes eux-mêmes et de la santé économique du Québec.
Alors que se profilent à l'horizon des difficultés sur le plan économique, le Québec se doit de jouer ses meilleures cartes. Le cégep constitue assurément un atout, dont l'incidence et la portée doivent être maximisées. C'est ce à quoi le prochain gouvernement devra s'attaquer dès la première année de son mandat.
S'adapter aux adultes
Assurer la prospérité économique du Québec, c'est former de la main-d'oeuvre qualifiée en nombre suffisant pour affronter les pénuries, en faisant notamment en sorte que tous les adultes trouvent une réponse adaptée à leurs besoins de recyclage et de perfectionnement.
Ces services de formation, les adultes et les entreprises les chercheront de plus en plus du côté du cégep, puisque ce sont les emplois de niveau technique qui présenteront le taux de croissance le plus important d'ici à 2016, selon Emploi-Québec. Mais des contraintes réglementaires, organisationnelles et de financement empêchent toujours les collèges d'élargir leur offre de formation à temps partiel et d'accorder la possibilité de suivre un cours sans avoir à s'inscrire à un programme d'études complet. Par conséquent, au Québec, la formation collégiale à temps partiel est en déclin depuis 1997. Alors qu'en Ontario, sur 290 000 adultes inscrits en formation continue, 197 200 étudiaient à temps partiel en 2006-2007, à peine 10 900 adultes sur les 23 000 adultes inscrits en formation continue au cégep le font.
Lever l'ensemble de ces contraintes, systématiser l'accès à des services d'accueil, d'information et d'accompagnement permettant de cerner les besoins des adultes et des entreprises et d'y apporter une réponse, et financer la formation continue au cégep au moyen d'une enveloppe ouverte — comme c'est le cas dans le réseau universitaire — assureraient un meilleur équilibre entre l'offre et la demande en matière de recyclage et de perfectionnement de la main-d'oeuvre.
Dans le contexte actuel, abolir les obstacles qui rendent plus tortueux le parcours de ceux qui veulent accroître leur qualification est un geste dont on ne peut plus faire... l'économie.
Développer les activités de francisation
Permettre aux personnes immigrantes qualifiées de maîtriser suffisamment la langue française pour étudier dans un domaine technique, afin de compléter la formation acquise dans leur pays d'origine et de prendre une place sur le marché québécois du travail, est également crucial.
Près d'une vingtaine de cégeps offrent déjà, en partenariat avec le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), des cours de français à des personnes immigrantes. Toutefois, ces cours, et surtout le niveau de maîtrise de la langue qu'ils permettent d'atteindre, ne suffisent généralement pas quand vient le temps de suivre une formation technique. Une connaissance plus spécialisée du français devient alors absolument nécessaire.
Certaines initiatives à cet égard ont déjà été mises en place — des cours de français à l'intention de professionnels de la santé ayant obtenu un diplôme à l'extérieur du Québec, par exemple —, et le MICC veut accroître les mesures qui vont dans le même sens. Des ressources doivent cependant être rapidement accordées aux collèges pour le développement et la mise en oeuvre de formations en français spécialisé, en lien avec un plus grand nombre de programmes techniques.
Assurer l'intégration des immigrants, cela signifie bien souvent leur enseigner les mots pour s'exprimer dans le cadre d'une démarche de reconnaissance de leurs acquis et de leurs compétences, les mots pour acquérir de nouvelles notions et les mots pour travailler.
Renforcer l'action internationale
Lorsque la courbe démographique fléchit au point d'avoir des répercussions sur le plan économique, attirer des étudiants étrangers susceptibles de s'installer ensuite au Québec est un choix stratégique. Les cégeps sont déjà très actifs sur la scène internationale et, chaque année, près de 2500 jeunes issus de divers pays étudient dans le réseau collégial québécois. Il est cependant essentiel d'accentuer les mesures déjà en place de manière à augmenter le nombre d'étudiants étrangers dans des programmes présentant des perspectives d'emploi favorables.
Par ailleurs, des entreprises québécoises doivent fréquemment pouvoir compter sur des techniciens et des technologues capables de travailler ou d'établir des contacts avec des fournisseurs dans d'autres pays. Les stages à l'étranger, au cours desquels les étudiants s'imprègnent de cultures différentes, constituent en ce sens une action des cégeps à renforcer, puisqu'ils développent chez les jeunes une plus grande ouverture, ce qui facilite également leur participation à une société pluraliste.
Les ententes de coopération, que les cégeps concluent chaque année, mettent en valeur la formation technique tout en répondant aux besoins des pays émergents. Cette exportation de notre formation collégiale contribuant au rayonnement du Québec, il faut faire en sorte de mettre également l'accent sur ce volet de l'action internationale des collèges.
Valoriser la formation technique
Le taux de placement en formation technique avoisinant les 94 %, on peut affirmer sans risque de se tromper que les entreprises s'arrachent les services des techniciens, des techniciennes et des technologues issus des cégeps. De leur côté, les collèges ne ménagent pas leurs efforts pour s'assurer que le plus grand nombre de jeunes possible qui passent leurs portes en ressortent avec un diplôme. Toutefois, le nombre de diplômés demeure encore insuffisant au regard des besoins en main-d'oeuvre qualifiée, l'intérêt des jeunes pour la formation technique, ainsi que pour certains domaines scientifiques, n'étant pas suffisamment éveillé malgré les débouchés intéressants.
Il faut donc convaincre un plus grand nombre de jeunes que la formation technique présente d'excellentes perspectives de carrière. Il s'agit là d'une responsabilité qui incombe au gouvernement, mais aussi aux entreprises et aux parents. Il en va de l'avenir des jeunes eux-mêmes et de la santé économique du Québec.
Alors que se profilent à l'horizon des difficultés sur le plan économique, le Québec se doit de jouer ses meilleures cartes. Le cégep constitue assurément un atout, dont l'incidence et la portée doivent être maximisées. C'est ce à quoi le prochain gouvernement devra s'attaquer dès la première année de son mandat.
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