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Hausse des passifs actuariels du gouvernement

Jean-Pierre Aubry - Président du comité des politiques publiques, Association des économistes québécois  25 novembre 2008 
Durant la présente campagne électorale, nous entendons beaucoup parler de la Caisse de dépôt et placement du Québec et du rendement sur ses investissements en 2008. Nous savons que le taux moyen de rendements sera très faible et qu'il en sera de même pour la très grande majorité des gestionnaires de caisses de retraite, compte tenu de l'effondrement de la Bourse canadienne et des grandes Bourses du monde. Peut-être que les rendements de la Caisse seront, en plus, négativement affectés en «raison de la trop grande incursion de la Caisse dans le marché des papiers commerciaux».

Ce n'est pas le temps présentement, en pleine campagne électorale, de faire le procès de la Caisse et de ses gestionnaires. Nous serons mieux en mesure dévaluer la performance relative des gestionnaires de la Caisse lorsqu'elle publiera ses états financiers vérifiés et son rapport annuel 2008 au mois de février. Ce n'est pas également le temps de compromettre l'indépendance de la Caisse et les gains appréciables faits ces dernières années au niveau de sa gouvernance.

Cela étant dit, cela ne veut pas dire que les partis politiques ne peuvent en aucune façon commenter, durant la présente campagne électorale, les implications sur la situation financière du gouvernement d'une augmentation importante des passifs actuariels des régimes de pension dont le gouvernement est responsable (RRQ, RAAQ, régimes de pension des employés du gouvernement). Selon Michel Nadeau, ex-p.-d.g. de la Caisse, on peut avoir une bonne approximation des pertes en calculant «le rendement des indices pour voir que le rendement global de la Caisse qui tourne actuellement autour de - 23 % (comme celui de tous les fonds équilibrés)». Pour un actif de 150 milliards de dollars, un tel taux de rendement représente une perte d'environ 30 milliards de dollars. Sur le plan actuariel, la hausse du passif est encore plus grande parce que l'on s'attendait à des taux moyens de rendement positifs d'au moins 5 % par année (on parle donc d'un écart d'au moins 28 %).

Quelles sont les implications de telles pertes? Peut-on espérer que la reprise économique et le redressement des bourses corrigeront d'eux-mêmes ces pertes et effaceront la présente hausse des passifs actuariels dont le gouvernement est responsable? Est-ce que le gouvernement ne devra pas prendre une partie de ses revenus pour faire une contribution supplémentaire à ces régimes pendant plusieurs années? Compte tenu des risques engendrés par ces pertes, est-ce que le gouvernement ne devrait pas, au minimum, inclure dans son plan budgétaire une plus grande provision pour imprévus? Devra-t-il hausser le taux de contribution des participants à ces régimes? Notez qu'avant la crise financière, les rapports actuariels évoquaient le besoin de hausser les taux de cotisation. Voilà autant de questions qui peuvent être discutées sur la place publique.
 
 
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