Relativisme absolutiste ou relativisme relatif
Jean-Serge Baribeau - Sociologue des médias, Montréal, le 13 novembre 2008
17 novembre 2008
Mario Dumont a proféré des remarques plutôt virulentes concernant le nouveau cours Éthique et culture religieuse. Il a aussi condamné le relativisme et le multiculturalisme trudeauiste en les présentant comme étant des frères jumeaux.
Ce faisant, le petit Mario (il est de plus en plus petit) m'a forcé à réfléchir une fois de plus à la question du relativisme. Étant âgé de 65 ans, je suis le produit d'un système scolaire très religieux dans lequel on nous proposait l'absolutisme intellectuel et moral. Hors de l'Église, point de salut, nous disait-on. Les «autres» (la majorité des Terriens) seront damnés et auront l'occasion de brûler dans les flammes éternelles de l'enfer. Pendant les huit années de mon cours classique, il s'est quand même trouvé certains professeurs, des religieux, qui tentaient de nous inculquer un minimum de relativisme et de compétence critique. Puis, à l'université, en sociologie, on m'a enseigné le relativisme. Pas un relativisme absolutiste, totalitaire et benêt. Il s'agissait plutôt d'un relativisme relatif si j'ose ainsi m'exprimer. J'ai compris que le relativisme est une méthodologie intellectuelle absolument indispensable pour «croiser» les autres cultures et sociétés. Je suis radicalement opposé au relativisme totalitaire et benêt qui détruit le sens critique en demandant de respecter, sans nuances et sans recul, toutes les cultures, tous les us et coutumes. Le relativisme n'exige pas que l'on justifie et approuve l'horreur, lorsque horreur il y a.
Ma pensée face aux propos du petit Mario, vieux créditiste perdu dans la modernité, c'est qu'il propose de retourner au Québec du catholicisme intransigeant, des arbres de Noël et de la fermeture sur l'altérité. Comme lui, je n'aime pas un certain relativisme qui voudrait faire du Canada une mosaïque au sein de laquelle il y aurait une simple cohabitation des cultures et des coutumes. Cela étant dit, il ne faut quand même pas tout confondre.
Somme toute, je pense que Dumont n'a aucune idée de ce que peut être le relativisme. Je pense ici à un relativisme libérateur qui ouvre des portes intellectuelles et qui empêche de sombrer dans la vénération nombriliste du «même» et du «nous» glorifié. Espérons que le nouveau cours va ouvrir de vastes horizons intellectuels et moraux, débouchant ainsi sur un rejet éclairé du créditisme adéquiste.
Ce faisant, le petit Mario (il est de plus en plus petit) m'a forcé à réfléchir une fois de plus à la question du relativisme. Étant âgé de 65 ans, je suis le produit d'un système scolaire très religieux dans lequel on nous proposait l'absolutisme intellectuel et moral. Hors de l'Église, point de salut, nous disait-on. Les «autres» (la majorité des Terriens) seront damnés et auront l'occasion de brûler dans les flammes éternelles de l'enfer. Pendant les huit années de mon cours classique, il s'est quand même trouvé certains professeurs, des religieux, qui tentaient de nous inculquer un minimum de relativisme et de compétence critique. Puis, à l'université, en sociologie, on m'a enseigné le relativisme. Pas un relativisme absolutiste, totalitaire et benêt. Il s'agissait plutôt d'un relativisme relatif si j'ose ainsi m'exprimer. J'ai compris que le relativisme est une méthodologie intellectuelle absolument indispensable pour «croiser» les autres cultures et sociétés. Je suis radicalement opposé au relativisme totalitaire et benêt qui détruit le sens critique en demandant de respecter, sans nuances et sans recul, toutes les cultures, tous les us et coutumes. Le relativisme n'exige pas que l'on justifie et approuve l'horreur, lorsque horreur il y a.
Ma pensée face aux propos du petit Mario, vieux créditiste perdu dans la modernité, c'est qu'il propose de retourner au Québec du catholicisme intransigeant, des arbres de Noël et de la fermeture sur l'altérité. Comme lui, je n'aime pas un certain relativisme qui voudrait faire du Canada une mosaïque au sein de laquelle il y aurait une simple cohabitation des cultures et des coutumes. Cela étant dit, il ne faut quand même pas tout confondre.
Somme toute, je pense que Dumont n'a aucune idée de ce que peut être le relativisme. Je pense ici à un relativisme libérateur qui ouvre des portes intellectuelles et qui empêche de sombrer dans la vénération nombriliste du «même» et du «nous» glorifié. Espérons que le nouveau cours va ouvrir de vastes horizons intellectuels et moraux, débouchant ainsi sur un rejet éclairé du créditisme adéquiste.
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