La grise éminence du public
France Marcotte - Montréal, le 3 novembre 2008
4 novembre 2008
Elle était bien belle, cette réflexion de Félix Leclerc dans la voix et les yeux d'Isabelle Boulay l'autre soir au gala de la musique: tant que le Québec chantera, il continuera d'exister, alors chantons! Il a bien dit «Chantons» et non «Chantez»...
Ce qui me frappe toujours lors de ces manifestations de l'excellence, c'est la place qu'occupe le public dans les déclarations, alors que lui-même brille par son absence. Je finis par en remarquer la distinction que l'on tient à faire entre ceux qui sont de l'industrie de la musique et «le public», multitude indifférenciée dont je suis censée être et dont ceux qui sont là, présents, se disent absolument tributaires.
Mais on se garde bien d'inviter cette masse commodément compacte. Pourtant, il a bien dit «Chantons», et l'être québécois, étant créatif par nature, le fait souvent par nécessité du coeur, d'une façon autrement touchante, «emmaillée» au quotidien de ses ouvrages, même si ce n'est que par hasard et sans intention particulière qu'il sera entendu par une oreille de passage à qui il procurera de la joie, du bonheur.
D'ailleurs, on l'encourage bien peu à se manifester là où il se trouve, le public. On lui demande de se garder pour l'écoute de la radio. Cette distinction entre élite musicale et public me blesse et semble se maintenir artificiellement pour réaffirmer une distinction de classe. Et je pose cette question: au Québec, tous ceux qui ont envie de chanter chantent-ils et pourquoi pas?
Ce qui me frappe toujours lors de ces manifestations de l'excellence, c'est la place qu'occupe le public dans les déclarations, alors que lui-même brille par son absence. Je finis par en remarquer la distinction que l'on tient à faire entre ceux qui sont de l'industrie de la musique et «le public», multitude indifférenciée dont je suis censée être et dont ceux qui sont là, présents, se disent absolument tributaires.
Mais on se garde bien d'inviter cette masse commodément compacte. Pourtant, il a bien dit «Chantons», et l'être québécois, étant créatif par nature, le fait souvent par nécessité du coeur, d'une façon autrement touchante, «emmaillée» au quotidien de ses ouvrages, même si ce n'est que par hasard et sans intention particulière qu'il sera entendu par une oreille de passage à qui il procurera de la joie, du bonheur.
D'ailleurs, on l'encourage bien peu à se manifester là où il se trouve, le public. On lui demande de se garder pour l'écoute de la radio. Cette distinction entre élite musicale et public me blesse et semble se maintenir artificiellement pour réaffirmer une distinction de classe. Et je pose cette question: au Québec, tous ceux qui ont envie de chanter chantent-ils et pourquoi pas?
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