44 000 patients de plus traités l'an prochain
Québec - Les finances publiques du Québec sont en si bonne forme que le ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, François Legault, a pu annoncer hier qu'il investira 162 millions pour réduire les listes d'attente dans les hôpitaux à des niveaux médicalement acceptables et 127 millions pour de l'équipement de pointe, soit un total de 289 millions.
Avec cet investissement, pas de demi-mesure: François Legault met en oeuvre la totalité des éléments de son plan d'action visant à la réduction des délais d'attente à des niveaux acceptables dans les hôpitaux.
Pour faire ce rattrapage, et ce, à compter d'avril, 44 000 chirurgies et traitements de plus seront faits au Québec l'an prochain, alors qu'à l'heure actuelle, le total des interventions s'élève à 574 000. «Nos objectifs sont très ambitieux. C'est pour ça qu'on investit de façon importante. Je le répète, il y avait un sérieux coup de barre à donner», a dit M. Legault en conférence de presse.
Tout en demandant un effort supplémentaire aux médecins spécialistes et au personnel infirmier, le ministre Legault fera appel à des cliniques privées pour pratiquer des chirurgies de la cataracte. On compte faire 5586 de ces chirurgies de plus, ou 10 % du volume actuel, afin de réduire à six mois le délai d'attente au cours de la prochaine année. Les interventions dans les cliniques privées seront gratuites pour les patients; elles respecteront les priorités fixées par les hôpitaux et ne dépendront pas de l'âge du patient, a précisé le ministre. «C'est l'approche qu'on privilégie plutôt qu'une approche où on permettrait à des patients de payer pour passer devant les autres, comme le proposent Mario Dumont, et, peut-être, Joëlle Lescop.»
En cardiologie, 388 chirurgies ou traitements de plus (chirurgies cardiaques, hémodynamies et angioplasties) seront effectués, et les délais d'attente ne dépasseront pas de un à trois mois, selon le cas, et ce, d'ici la fin juin.
Toujours d'ici la fin juin, le délai d'attente pour un traitement de radio-oncologie ne pourra pas être supérieur à trois mois et on procédera à 137 traitements de plus.
Comme pour les chirurgies de la cataracte, il faudra un an pour réduire à trois mois les délais d'attente visant les remplacements de la hanche ou du genou. On financera 2638 de ces interventions de plus, soit 60 % du volume actuel. Plus de 25 000 chirurgies d'un jour seront pratiquées, ou 10 % du volume actuel, et près de 10 000 chirurgies avec hospitalisation.
Avec les 127 millions destinés à l'achat d'équipement médical, les hôpitaux pourront remplacer certains appareils vétustes et acheter des appareils de radio-oncologie et de dialyse tout en se dotant d'équipement de pointe comme les appareils de tomographie par émission de positrons (TEP) et les appareils hyperbare, absents du réseau à quelques exceptions près.
Une fois que les délais d'attente acceptables seront atteints, ils feront partie des exigences contenues dans les contrats de performance qui lient les hôpitaux, a indiqué le ministre. Le ministère est actuellement en discussions avec l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ) pour fixer un pourcentage de hausse des coûts de système devant permettre que les listes d'attente ne redeviennent pas problématiques. M. Legault a indiqué que le pourcentage de 2,6 %, octroyé pour les hôpitaux l'an dernier, sera relevé à la faveur du prochain budget Marois.
L'AHQ estime que le taux moyen de croissance des coûts dans les hôpitaux est de l'ordre de 6, 2 %, a précisé hier le vice-président exécutif de l'organisme, Daniel Adam. Pour l'heure, le ministère et les régies régionales travaillent sur un scénario prévoyant une hausse de l'ordre de 4 %, ce qui représente une dépense supplémentaire de près de 300 millions.
Chose certaine, en additionnant tous les engagements financiers que M. Legault a pris depuis le début de l'année, la santé accaparera la part du lion de la hausse du budget de l'État. Déjà, alors que le Québec recevra 800 millions de plus d'Ottawa pour la santé pour 2003-04, les engagements de M. Legault atteignent plus de un milliard, ou 6 % du budget actuel de la santé, lui-même de 17,5 milliards, soit 220 millions relativement à l'entente avec les médecins spécialistes, 556 millions pour les soins de première ligne et cette dernière somme de 289 millions pour réduire les listes d'attente. À cela s'ajoutera la croissance des coûts de système, qui pourrait atteindre
3 % pour l'ensemble du réseau.
En outre, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Roger Bertrand, dévoilera la semaine prochaine quelles sommes supplémentaires le gouvernement consacrera à la prévention (le plan d'action en santé prévoit une injection de 241 millions). De plus, le plan d'action comprend 25 millions de plus pour les urgences et 38 millions pour les services ambulanciers.
Comme il est difficile d'être contre la vertu, l'annonce de M. Legault a reçu un accueil favorable hier. Paul G. Brunet, du Conseil pour la protection des malades, estime que cette injection de fonds permettra de résoudre le problème des délais d'attente. Il n'a toutefois pas caché sa perplexité: «Il y a un an, Mme Marois et M. Legault nous disaient que nous devrions faire des choix en matière de santé. Ils disaient que nous ne pourrions pas traiter tout le monde pour tout, que les ressources étaient limitées», a-t-il rappelé.
De son côté, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré, a souligné que «l'effort est grand. Ça inquiète un peu».
Une partie de l'argent ira à l'hôpital Sainte-Justine pour ramener les délais d'attente à des niveaux raisonnables, là comme ailleurs, a dit M. Legault. Le ministre a rappelé l'existence d'«une situation exceptionnelle» à Sainte-Justine «depuis à peu près un mois». Il s'est montré ouvert à l'agrandissement de l'unité des soins intensifs de l'hôpital et à l'ajout de quelques lits. «Peut-être que Sainte-Justine est un peu victime de son excellente réputation», a-t-il dit.
Avec cet investissement, pas de demi-mesure: François Legault met en oeuvre la totalité des éléments de son plan d'action visant à la réduction des délais d'attente à des niveaux acceptables dans les hôpitaux.
Pour faire ce rattrapage, et ce, à compter d'avril, 44 000 chirurgies et traitements de plus seront faits au Québec l'an prochain, alors qu'à l'heure actuelle, le total des interventions s'élève à 574 000. «Nos objectifs sont très ambitieux. C'est pour ça qu'on investit de façon importante. Je le répète, il y avait un sérieux coup de barre à donner», a dit M. Legault en conférence de presse.
Tout en demandant un effort supplémentaire aux médecins spécialistes et au personnel infirmier, le ministre Legault fera appel à des cliniques privées pour pratiquer des chirurgies de la cataracte. On compte faire 5586 de ces chirurgies de plus, ou 10 % du volume actuel, afin de réduire à six mois le délai d'attente au cours de la prochaine année. Les interventions dans les cliniques privées seront gratuites pour les patients; elles respecteront les priorités fixées par les hôpitaux et ne dépendront pas de l'âge du patient, a précisé le ministre. «C'est l'approche qu'on privilégie plutôt qu'une approche où on permettrait à des patients de payer pour passer devant les autres, comme le proposent Mario Dumont, et, peut-être, Joëlle Lescop.»
En cardiologie, 388 chirurgies ou traitements de plus (chirurgies cardiaques, hémodynamies et angioplasties) seront effectués, et les délais d'attente ne dépasseront pas de un à trois mois, selon le cas, et ce, d'ici la fin juin.
Toujours d'ici la fin juin, le délai d'attente pour un traitement de radio-oncologie ne pourra pas être supérieur à trois mois et on procédera à 137 traitements de plus.
Comme pour les chirurgies de la cataracte, il faudra un an pour réduire à trois mois les délais d'attente visant les remplacements de la hanche ou du genou. On financera 2638 de ces interventions de plus, soit 60 % du volume actuel. Plus de 25 000 chirurgies d'un jour seront pratiquées, ou 10 % du volume actuel, et près de 10 000 chirurgies avec hospitalisation.
Avec les 127 millions destinés à l'achat d'équipement médical, les hôpitaux pourront remplacer certains appareils vétustes et acheter des appareils de radio-oncologie et de dialyse tout en se dotant d'équipement de pointe comme les appareils de tomographie par émission de positrons (TEP) et les appareils hyperbare, absents du réseau à quelques exceptions près.
Une fois que les délais d'attente acceptables seront atteints, ils feront partie des exigences contenues dans les contrats de performance qui lient les hôpitaux, a indiqué le ministre. Le ministère est actuellement en discussions avec l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ) pour fixer un pourcentage de hausse des coûts de système devant permettre que les listes d'attente ne redeviennent pas problématiques. M. Legault a indiqué que le pourcentage de 2,6 %, octroyé pour les hôpitaux l'an dernier, sera relevé à la faveur du prochain budget Marois.
L'AHQ estime que le taux moyen de croissance des coûts dans les hôpitaux est de l'ordre de 6, 2 %, a précisé hier le vice-président exécutif de l'organisme, Daniel Adam. Pour l'heure, le ministère et les régies régionales travaillent sur un scénario prévoyant une hausse de l'ordre de 4 %, ce qui représente une dépense supplémentaire de près de 300 millions.
Chose certaine, en additionnant tous les engagements financiers que M. Legault a pris depuis le début de l'année, la santé accaparera la part du lion de la hausse du budget de l'État. Déjà, alors que le Québec recevra 800 millions de plus d'Ottawa pour la santé pour 2003-04, les engagements de M. Legault atteignent plus de un milliard, ou 6 % du budget actuel de la santé, lui-même de 17,5 milliards, soit 220 millions relativement à l'entente avec les médecins spécialistes, 556 millions pour les soins de première ligne et cette dernière somme de 289 millions pour réduire les listes d'attente. À cela s'ajoutera la croissance des coûts de système, qui pourrait atteindre
3 % pour l'ensemble du réseau.
En outre, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Roger Bertrand, dévoilera la semaine prochaine quelles sommes supplémentaires le gouvernement consacrera à la prévention (le plan d'action en santé prévoit une injection de 241 millions). De plus, le plan d'action comprend 25 millions de plus pour les urgences et 38 millions pour les services ambulanciers.
Comme il est difficile d'être contre la vertu, l'annonce de M. Legault a reçu un accueil favorable hier. Paul G. Brunet, du Conseil pour la protection des malades, estime que cette injection de fonds permettra de résoudre le problème des délais d'attente. Il n'a toutefois pas caché sa perplexité: «Il y a un an, Mme Marois et M. Legault nous disaient que nous devrions faire des choix en matière de santé. Ils disaient que nous ne pourrions pas traiter tout le monde pour tout, que les ressources étaient limitées», a-t-il rappelé.
De son côté, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré, a souligné que «l'effort est grand. Ça inquiète un peu».
Une partie de l'argent ira à l'hôpital Sainte-Justine pour ramener les délais d'attente à des niveaux raisonnables, là comme ailleurs, a dit M. Legault. Le ministre a rappelé l'existence d'«une situation exceptionnelle» à Sainte-Justine «depuis à peu près un mois». Il s'est montré ouvert à l'agrandissement de l'unité des soins intensifs de l'hôpital et à l'ajout de quelques lits. «Peut-être que Sainte-Justine est un peu victime de son excellente réputation», a-t-il dit.
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