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Les orphelins du pays

30 octobre 2008 
L'année 2008 aura été faste pour le gouvernement de Jean Charest, qui a bénéficié du 400e anniversaire de Québec, de la présence de la délégation canadienne d'athlètes à Pékin, du «Sommet de la franco-économie», du divorce de deux députés adéquistes ainsi que des positions péquistes en matière de bilinguisme et d'ouverture au privé en santé. M. Charest aura aussi, grâce à ses fins stratèges, marqué des points en honorant les anciens premiers ministres du Québec, dont trois soi-disant souverainistes, et en recevant «Mickey» Sarkozy, venu célébrer le grand Canada uni.

Le Parti libéral du Québec a le vent dans les voiles. Il serait étonnant de le voir tourner. L'Action démocratique étant redevenue, dans l'esprit des électeurs, ce qu'elle est, autant dire une version anémiée du Parti conservateur de Stephen Harper, et le Parti québécois n'étant plus ce qu'il était, il reste fort à parier que le taux d'abstention sera élevé et que l'équipe libérale se verra confier un troisième mandat.

Si les anglophones du Québec, 95 % des immigrants et les Elvis Gratton s'en réjouissent d'avance, les indépendantistes, quant à eux, ont de quoi se ronger les ongles. En effet, le Parti québécois risque de récolter ce qu'il a semé, c'est-à-dire le vent qui pousse les voiles libérales. Le PQ [...] n'a su défendre ni la langue française, ni la laïcité de l'État, ni même l'idée d'un Québec indépendant dans les années à venir. Ce parti, fondé pour réaliser l'indépendance du Québec, a renié ses origines.

Les péquistes tenteront sans doute d'user de la même stratégie électorale que Gilles Duceppe en brandissant l'épouvantail d'un gouvernement libéral majoritaire, mais ils ne feront peur qu'aux moineaux.

La seule issue de secours qui s'offre désormais aux Québécois semble être une coalition de députés indépendantistes, s'il en existe, qui prendrait le pouvoir pour déclarer l'indépendance. Mais cela ne se fera pas, car les intérêts personnels des uns et des autres finissent toujours par prévaloir sur ceux de la nation.

Et le Québec continuera de se ratatiner. Avec la langue, disparaîtra la mémoire de ce qui fut.






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