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En son pays, Bush convainc moins

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   26 février 2003 
Le président américain George W. Bush a encore une fois abordé la crise irakienne devant la presse, hier à la Maison-Blanche. Les derniers sondages montrent que la majorité des Américains n’approuve pas la façon dont l’administration Bush gèr
Photo : Agence Reuters
Le président américain George W. Bush a encore une fois abordé la crise irakienne devant la presse, hier à la Maison-Blanche. Les derniers sondages montrent que la majorité des Américains n’approuve pas la façon dont l’administration Bush gèr
Washington — Une majorité d'Américains souhaite que l'administration Bush obtienne un soutien plus large au sein du Conseil de sécurité de l'ONU sur le principe d'une intervention armée contre l'Irak, même si cela retarde ses plans, selon un nouveau sondage ABC News-Washington Post.

Plusieurs enquêtes récentes montrent que les Américains demeurent majoritairement favorables à un désarmement de l'Irak par la force, tout comme leur président, mais préfèrent ne pas lui laisser les mains totalement libres. Le taux d'approbation de la gestion de la crise irakienne par George W. Bush continue par ailleurs de chuter tandis que plusieurs grandes villes du pays adoptent des résolutions antiguerre.

Le sondage ABC News-Washington Post, réalisé du 19 au 23 février auprès de 1024 adultes (marge d'erreur de plus ou moins trois points), fait apparaître que 56 % des Américains entendent voir les États-Unis soutenus par davantage de pays membres du Conseil de sécurité avant le lancement d'une offensive.

Seulement 39 % des personnes interrogées estiment que leur pays devrait agir plus rapidement contre l'Irak, quitte à se lancer dans une guerre sans l'aval du Conseil de sécurité.

Pour 63 % des sondés, une action militaire se justifie pour chasser Saddam Hussein du pouvoir. Cette intervention est acceptée par 57 % des personnes interrogées, même sans aval onusien, dès lors que des alliés comme la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Australie la soutiennent. En revanche, si l'ONU n'appuie pas cette action, le soutien tombe à 50 %, contre 46 % d'un avis contraire.

Favorables à l'implication de l'ONU dans une action militaire quelle qu'elle soit, les Américains désapprouvent pourtant à 56 % la gestion de la crise irakienne par l'organisation mondiale, contre 38 % qui l'approuvent.

La façon dont le président George W. Bush gère le dossier irakien n'est plus approuvée que par 55 % de ses concitoyens, contre 61 % voilà deux semaines.

Si 54 % des Américains, contre 38 %, pensent que leur pays «doit recourir à une action militaire, y compris des troupes sur le terrain, pour tenter de renverser Saddam Hussein», 57 % considèrent que la «décision finale» revient au Conseil de sécurité des Nations unies, selon une étude réalisée par Time-CNN.

Une enquête Time-CNN menée les 19 et 20 février avance que 54 % des Américains pensent que les États-Unis doivent utiliser la force militaire pour renverser le président irakien. Ce chiffre est de cinq points inférieur à celui d'il y a deux semaines et n'a jamais été aussi bas depuis novembre dernier.

Un sondage Zogby réalisé aux mêmes dates indique la même tendance mais précise également que 43 % des personnes interrogées soutiennent une action militaire américaine même sans un soutien conséquent de l'ONU ou de la communauté internationale, alors que 50 % s'y opposent.

Enfin, une étude du Pew Research Center menée la semaine dernière a révélé que 57 % des Américains veulent que le président George W. Bush obtienne une seconde résolution du Conseil de sécurité avant de lancer la guerre, tandis que 33 % des Américains pensent au contraire qu'un nouveau texte n'est pas nécessaire.

Résolutions municipales antiguerre

Une centaine de municipalités aux États-Unis, dont plusieurs grandes villes, ont adopté des résolutions contre une guerre en Irak en invoquant des raisons morales mais aussi des conséquences néfastes sur leur économie déjà en difficulté. Los Angeles, deuxième agglomération américaine, a rejoint cette mobilisation pacifiste en fin de semaine dernière avec un vote largement majoritaire de son conseil municipal. La Ville de New York doit se prononcer aujourd'hui, et il est probable qu'elle adoptera une résolution similaire.

Chicago, Philadelphie, Baltimore, Washington, San Francisco ou encore Madison (Wisconsin) font partie des villes qui ont adopté de telles résolutions ces dernières semaines, et d'autres devraient leur emboîter le pas, a estimé Karen Dolan, responsable de l'Institute for Policy Studies, un organisme privé qui coordonne le mouvement. Ces résolutions sont avant tout symboliques, mais certaines ont été envoyées à la Maison-Blanche. Outre des villes, dont un grand nombre ont été le théâtre de manifestations pacifistes ces dernières semaines, des comtés et des législatures d'État, comme à Hawaii et dans le Maine, ainsi que 45 universités se sont joints au mouvement, a-t-elle dit. La plupart des villes et comtés opposés à «une guerre préventive et unilatérale» sont traditionnellement démocrates, a-t-elle précisé.

C'est la première fois dans l'histoire américaine qu'autant de villes et de collectivités locales votent de telles résolutions, a encore souligné Karen Dolan.

Selon elle, d'autres grandes villes dans le monde se sont aussi jointes à ce mouvement, au Japon, en Australie, au Canada et en Europe. Elle a cité notamment Berlin, Munich, Cambridge et Oxford.

Aux États-Unis, la vague d'opposition à la guerre au niveau local s'explique à la fois par une position de principe «contre une attaque préventive qui violerait le droit international et ses conséquences en matière d'attaques terroristes» mais aussi par l'impact économique et social sur les municipalités, selon Karen Dolan.

«Nous sommes en récession, et les collectivités locales connaissent leur crise budgétaire la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale», a-t-elle expliqué.

«Ce conflit sera financé par des déficits fédéraux et des coupes sombres dans les budgets sociaux et d'infrastructure», a déploré Joe Moore, conseiller municipal de Chicago. Maryann Mahaffey, présidente du conseil municipal de Detroit, a expliqué que «les refuges de la ville pour les sans-abri sont bondés et insuffisants pour faire face aux besoins».

Résolution pacifiste à Montréal

À l'occasion de la séance du conseil municipal de lundi soir, la Ville de Montréal a aussi adopté une résolution en faveur de la paix. Bien que certains élus municipaux aient jugé la résolution trop vague et d'autres, trop timide, les membres du conseil ont finalement convenu de donner leur appui au Canada et à l'Organisation des Nations unies «dans la recherche d'une issue pacifique à la crise actuelle».






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