Indigeste ingérence
France Marcotte - Montréal, 24 octobre 2008
25 octobre 2008
Dans sa chronique du 24 octobre, Christian Rioux nous rappelle l'importance qu'ont tous les mots en diplomatie, et plus particulièrement à travers l'histoire des relations entre la France et le Québec. Du vibrant «Vive le Québec libre!» de Charles de Gaulle, on est passé au «ni-ni» de M. Peyrefitte, auquel on peut toutefois préférer le touchant «accompagnement» de Jacques Chirac de la période référendaire, alors que dorénavant le terme «frères» de Sarkozy pourra aussi bien servir d'écran de fumée à des mamours avec le Canada.
À vue de nez, on pourrait dire que ce n'est que changer un mot pour un autre, et pourtant, il est admirable qu'il y ait un domaine public encore aussi sensible au poids des mots. La négation de la non-ingérence devient donc ingérence, comme en mathématiques, et cette subtile modification au sommet impliquera des bouleversements dans les faits. Les politiciens sont des poètes! Le souvenir du plat de lentilles qu'avait à une autre époque rapporté à la France l'abandon de sa colonie en Amérique est bien loin. Mais l'ingérence dans les affaires Québec-Canada en rappelle le goût amer.
À vue de nez, on pourrait dire que ce n'est que changer un mot pour un autre, et pourtant, il est admirable qu'il y ait un domaine public encore aussi sensible au poids des mots. La négation de la non-ingérence devient donc ingérence, comme en mathématiques, et cette subtile modification au sommet impliquera des bouleversements dans les faits. Les politiciens sont des poètes! Le souvenir du plat de lentilles qu'avait à une autre époque rapporté à la France l'abandon de sa colonie en Amérique est bien loin. Mais l'ingérence dans les affaires Québec-Canada en rappelle le goût amer.
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