Le très vieux programme de l'ADQ
Bernard Élie - Professeur au département de sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal
26 février 2003
Le programme de l'ADQ repose sur la prémisse suivante: le secteur privé est plus efficace et donc plus économique que le secteur public. De plus, selon le programme de ce parti politique, le haut niveau d'impôt que réclame la trop grande intervention de l'État enlève aux Québécois le goût de travailler: la structure de la fiscalité actuelle dévalorise le travail!
Ainsi, pour stimuler l'économie, il faut redonner le goût de travailler à la population en réduisant le fardeau fiscal et en traitant tous les travailleurs sur le même pied (un taux uniforme d'impôt sur le revenu de 20 %). Ce premier volet de la politique de l'ADQ doit être accompagné par une plus grande «souplesse» du marché du travail. Il faut mettre fin à la sécurité d'emploi dans le secteur public et abandonner la formule Rand dans le secteur privé.
Cette démarche, la même que celle du président Reagan en 1981, a été remise en selle par George W. Bush dès son arrivée au pouvoir et renforcée en janvier dernier. L'ADQ nous propose sa «révolution du bon sens»!
Pour l'ADQ, laissons les entrepreneurs entreprendre, laissons le marché jouer, nous irons ainsi vers un monde meilleur. Le jeu du marché, la concurrence salvatrice, doit s'appliquer partout: maximiser la sous-traitance privée pour le secteur public, augmenter la présence du privé dans la santé et les services sociaux et donner des bons de scolarité aux parents qui, par leurs choix, élimineront les mauvaises écoles.
Mais le privé n'est pas une recette miracle. En économie, il existe des produits qui sont jugés essentiels et dont tous doivent bénéficier peu importent leur âge, leur richesse ou leur lieu de résidence: ce sont les biens publics. La privatisation n'est pas la meilleure solution car elle entraînerait l'exclusion des plus pauvres, comme les 35 millions d'Américains qui n'ont pas accès à des services de santé.
La nationalisation de l'électricité par le gouvernement Lesage au début des années 60 répondait aussi à la logique des biens publics: tous les Québécois avaient droit à l'électricité et au même coût, où qu'ils soient.
Dans les sociétés modernes et démocratiques, l'État a pour rôle de redistribuer la richesse pour assurer une certaine cohésion sociale par la réduction des inégalités trop criantes. Le drame des économies dites émergentes est justement la croissance de la pauvreté et l'anéantissement de la classe moyenne, l'État ne jouant plus son rôle de redistribution.
La disparition de la classe moyenne est considérée comme le principal signe du mauvais développement de ces pays. Ces sociétés sont maintenant réduites à une vaste majorité de très pauvres et d'une petite minorité de très riches (Argentine, Brésil, Thaïlande, etc.). Depuis le retour en force du libéralisme économique, l'élargissement des écarts des revenus se retrouve aussi dans les pays industrialisés.
Le régime fiscal proposé par l'ADQ va à l'encontre de la redistribution de la richesse. La réduction générale des impôts va bénéficier aux plus riches; les plus pauvres, qui ne paient pas d'impôts, verront leur soutien par l'État diminuer. Ce type de politique est celui imposé par le FMI dans le Tiers-Monde. La plupart des pays d'Amérique latine, d'Afrique, d'Europe de l'Est et d'Asie sont ainsi en crise économique, sociale et politique.
Voulons-nous un État à la Harris ou à la W. Bush? La majorité des aspirants députés de l'ADQ sont des représentants de cette vieille droite néolibérale. Mario Dumont a vraiment fait preuve d'opportunisme en recrutant en plus des candidats hétéroclites qui semblent être là par calcul, pour assouvir une vengeance, pour alléger leurs frustrations ou, peut-être, par simple naïveté. Ont-ils vraiment lu le programme de ce parti?
Ainsi, pour stimuler l'économie, il faut redonner le goût de travailler à la population en réduisant le fardeau fiscal et en traitant tous les travailleurs sur le même pied (un taux uniforme d'impôt sur le revenu de 20 %). Ce premier volet de la politique de l'ADQ doit être accompagné par une plus grande «souplesse» du marché du travail. Il faut mettre fin à la sécurité d'emploi dans le secteur public et abandonner la formule Rand dans le secteur privé.
Cette démarche, la même que celle du président Reagan en 1981, a été remise en selle par George W. Bush dès son arrivée au pouvoir et renforcée en janvier dernier. L'ADQ nous propose sa «révolution du bon sens»!
Pour l'ADQ, laissons les entrepreneurs entreprendre, laissons le marché jouer, nous irons ainsi vers un monde meilleur. Le jeu du marché, la concurrence salvatrice, doit s'appliquer partout: maximiser la sous-traitance privée pour le secteur public, augmenter la présence du privé dans la santé et les services sociaux et donner des bons de scolarité aux parents qui, par leurs choix, élimineront les mauvaises écoles.
Mais le privé n'est pas une recette miracle. En économie, il existe des produits qui sont jugés essentiels et dont tous doivent bénéficier peu importent leur âge, leur richesse ou leur lieu de résidence: ce sont les biens publics. La privatisation n'est pas la meilleure solution car elle entraînerait l'exclusion des plus pauvres, comme les 35 millions d'Américains qui n'ont pas accès à des services de santé.
La nationalisation de l'électricité par le gouvernement Lesage au début des années 60 répondait aussi à la logique des biens publics: tous les Québécois avaient droit à l'électricité et au même coût, où qu'ils soient.
Dans les sociétés modernes et démocratiques, l'État a pour rôle de redistribuer la richesse pour assurer une certaine cohésion sociale par la réduction des inégalités trop criantes. Le drame des économies dites émergentes est justement la croissance de la pauvreté et l'anéantissement de la classe moyenne, l'État ne jouant plus son rôle de redistribution.
La disparition de la classe moyenne est considérée comme le principal signe du mauvais développement de ces pays. Ces sociétés sont maintenant réduites à une vaste majorité de très pauvres et d'une petite minorité de très riches (Argentine, Brésil, Thaïlande, etc.). Depuis le retour en force du libéralisme économique, l'élargissement des écarts des revenus se retrouve aussi dans les pays industrialisés.
Le régime fiscal proposé par l'ADQ va à l'encontre de la redistribution de la richesse. La réduction générale des impôts va bénéficier aux plus riches; les plus pauvres, qui ne paient pas d'impôts, verront leur soutien par l'État diminuer. Ce type de politique est celui imposé par le FMI dans le Tiers-Monde. La plupart des pays d'Amérique latine, d'Afrique, d'Europe de l'Est et d'Asie sont ainsi en crise économique, sociale et politique.
Voulons-nous un État à la Harris ou à la W. Bush? La majorité des aspirants députés de l'ADQ sont des représentants de cette vieille droite néolibérale. Mario Dumont a vraiment fait preuve d'opportunisme en recrutant en plus des candidats hétéroclites qui semblent être là par calcul, pour assouvir une vengeance, pour alléger leurs frustrations ou, peut-être, par simple naïveté. Ont-ils vraiment lu le programme de ce parti?
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