Le temps presse!
Jean-Robert Sansfaçon
26 février 2003
Plus nous approchons de la campagne électorale, plus l'ADQ patine, virevolte: un demi-tour à droite, un demi-tour à gauche, et on recommence... Demain, le parti de Mario Dumont rendra publique une plate-forme électorale qui permettra de savoir, enfin, où loge précisément cette formation en matière de fiscalité, de santé et d'éducation, pour ne parler que de ces trois dossiers litigieux qui ont récemment fait l'objet de déclarations pour le moins contradictoires.
Les sondages avaient vu juste, l'automne dernier, en expliquant l'engouement soudain de l'électorat par un simple désir de changement. Au fur et à mesure que les observateurs se sont intéressés de plus près aux propositions de l'ADQ, la popularité du parti s'est mise à chuter. Mais Mario Dumont représente plus que jamais une menace sérieuse pour les deux autres partis. Terne comme pas un, Jean Charest ne parvient toujours pas à s'imposer comme le successeur probable de Bernard Landry. Quant à ce dernier, il est en train de faire la démonstration qu'il a bel et bien l'étoffe d'un premier ministre, du moins lorsqu'il se retient de confier trop spontanément ses états d'âme en public.
Le programme de l'ADQ étant moins connu et plus radical que celui de ses adversaires, il était normal qu'il soit soumis à une critique serrée, tant à l'extérieur du parti qu'en son sein. Ce qui est moins normal, c'est cette façon qu'ont les futurs candidats et leur chef historique de se contredire sur la place publique. C'est à cet exercice suicidaire dû à l'inexpérience que la publication de la plate-forme électorale doit mettre un terme.
Les Québécois veulent du changement, disent les sondages, mais ils ne sont pas prêts à subir des réformes radicales qui risqueraient d'aggraver à court terme une situation déjà difficile. Ils ne sont ni de droite ni de gauche, pas plus qu'ils approuvent ou désapprouvent en soi la création d'écoles privées ou d'hôpitaux privés. Le taux unique d'imposition, pourquoi pas?, vous diront-ils, à la condition que tout le monde en profite et qu'il n'y ait aucune compression dans les services publics... Ce que souhaitent les électeurs québécois, c'est simple: une équipe et un chef solides et solidaires qui leur semblent capables de résoudre les problèmes!
Maintenant que l'effet de charme s'estompe, l'ADQ doit faire la preuve que les changements qu'elle propose sont réalistes, justes, et que leur application améliorera le sort des uns sans provoquer le soulèvement des autres. Nous saurons cette semaine si le parti a acquis cette maturité sans laquelle il ne peut espérer remporter autre chose qu'une deuxième ou une troisième place. Le temps presse pour le parti de Mario Dumont, qui fait face à deux équipes de politiciens aguerris et à deux organisations fortes de plusieurs campagnes électorales.
jrsansfacon@ledevoir.ca
Les sondages avaient vu juste, l'automne dernier, en expliquant l'engouement soudain de l'électorat par un simple désir de changement. Au fur et à mesure que les observateurs se sont intéressés de plus près aux propositions de l'ADQ, la popularité du parti s'est mise à chuter. Mais Mario Dumont représente plus que jamais une menace sérieuse pour les deux autres partis. Terne comme pas un, Jean Charest ne parvient toujours pas à s'imposer comme le successeur probable de Bernard Landry. Quant à ce dernier, il est en train de faire la démonstration qu'il a bel et bien l'étoffe d'un premier ministre, du moins lorsqu'il se retient de confier trop spontanément ses états d'âme en public.
Le programme de l'ADQ étant moins connu et plus radical que celui de ses adversaires, il était normal qu'il soit soumis à une critique serrée, tant à l'extérieur du parti qu'en son sein. Ce qui est moins normal, c'est cette façon qu'ont les futurs candidats et leur chef historique de se contredire sur la place publique. C'est à cet exercice suicidaire dû à l'inexpérience que la publication de la plate-forme électorale doit mettre un terme.
Les Québécois veulent du changement, disent les sondages, mais ils ne sont pas prêts à subir des réformes radicales qui risqueraient d'aggraver à court terme une situation déjà difficile. Ils ne sont ni de droite ni de gauche, pas plus qu'ils approuvent ou désapprouvent en soi la création d'écoles privées ou d'hôpitaux privés. Le taux unique d'imposition, pourquoi pas?, vous diront-ils, à la condition que tout le monde en profite et qu'il n'y ait aucune compression dans les services publics... Ce que souhaitent les électeurs québécois, c'est simple: une équipe et un chef solides et solidaires qui leur semblent capables de résoudre les problèmes!
Maintenant que l'effet de charme s'estompe, l'ADQ doit faire la preuve que les changements qu'elle propose sont réalistes, justes, et que leur application améliorera le sort des uns sans provoquer le soulèvement des autres. Nous saurons cette semaine si le parti a acquis cette maturité sans laquelle il ne peut espérer remporter autre chose qu'une deuxième ou une troisième place. Le temps presse pour le parti de Mario Dumont, qui fait face à deux équipes de politiciens aguerris et à deux organisations fortes de plusieurs campagnes électorales.
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