Guerre des textes à l'ONU
Photo : Agence Reuters
Le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder ont déclaré à la presse hier que rien dans la situation actuelle ne justifie une nouvelle résolution de l’ONU, à l’issue d’un dîner de travail tenu dans une a
Nations unies — Cherchant à obtenir le feu vert de l'ONU pour engager une action militaire contre l'Irak, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne ont soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité hier, déclarant que Saddam Hussein n'a pas su saisir «la dernière occasion» de désarmer pacifiquement.
La résolution a été officiellement présentée par l'ambassadeur britannique Jeremy Greenstock de la part de ces trois pays.
Mais la France, la Russie et l'Allemagne, qui s'opposent à l'option de la guerre, ont présenté des propositions dans un mémorandum commun visant à poursuivre un désarmement pacifique de l'Irak pendant au moins les cinq prochains mois. La Chine a fait savoir qu'elle soutenait aussi ces propositions. Assurant que Saddam Hussein a promis à une émissaire du Kremlin que le travail des inspecteurs ne serait pas entravé, la Russie a également publié un communiqué s'opposant à une guerre en Irak et affirmant qu'elle utiliserait son «arsenal complet de moyens diplomatiques» pour parvenir à une solution pacifique.
Ces propositions rivales annoncent des débats houleux au Conseil de sécurité pour savoir si ce dernier suivra la demande de guerre des Américains et des Britanniques ou l'appel lancé par la France, la Russie et l'Allemagne pour que la guerre soit «un dernier recours».
Pour être votée, la résolution doit obtenir neuf votes «oui» et éviter un veto de la France, de la Russie ou de la Chine. Onze des quinze membres du Conseil veulent voir continuer les inspections de l'ONU. La Bulgarie devrait soutenir pour sa part le plan proposé par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne.
Le secrétaire américain Colin Powell a exhorté la Chine à soutenir la nouvelle résolution lors d'entretiens hier à Pékin avec les plus hauts dirigeants du pays, mais les Chinois sont restés sur leurs positions, préférant la poursuite des inspections.
Pas de date butoir
Ce projet de résolution ne fixe pas de date butoir. Mais des responsables américains et britanniques ont clairement dit qu'ils voulaient un vote du Conseil de sécurité d'ici la mi-mars.
Le projet de résolution déclare que l'Irak n'a pas saisi sa dernière chance de désarmer pacifiquement et s'expose à de «graves conséquences» prévues par la résolution 1441, adoptée à l'unanimité le 8 novembre dernier.
Le nouveau projet de résolution rappelle que «l'Irak a été et reste en situation de violation patente de ses obligations» par rapport aux résolutions de l'ONU.
Il rappelle aussi que le Conseil a décidé le 8 novembre que de «fausses énonciations ou des omissions» dans sa déclaration d'armements de 12 000 pages remise aux inspecteurs de l'ONU et «le manquement continuel de l'Irak à se conformer et à coopérer complètement dans la mise en oeuvre de cette résolution constitueraient une violation patente supplémentaire».
Le projet de résolution note que le Conseil a à plusieurs reprises prévenu l'Irak «qu'il ferait face à de graves conséquences résultant de ses violations continuelles de ses obligations».
Le projet de résolution se place dans le cadre «du chapitre VII de la Charte des Nations unies», ce qui le rend applicable militairement. Il n'appelle pas à l'utilisation de «tous les moyens nécessaires» contre l'Irak. Mais il décide que l'Irak n'a pas saisi «la dernière occasion qui lui était fournie par la résolution 1441».
Le Conseil de sécurité s'est réuni hier pendant deux heures à huis clos pour étudier ces documents.
Une nouvelle réunion du Conseil, également à huis clos, a été annoncée pour jeudi par l'ambassadeur d'Allemagne. Günter Pleuger a précisé que ce délai était nécessaire pour que les capitales des pays membres du Conseil puissent étudier les deux textes.
Hussein refuse de détruire ses missiles, selon CBS
Par ailleurs, Dan Rather, de CBS News, a interviewé hier Saddam Hussein, le premier entretien accordé par le président irakien à un journaliste d'une télévision étrangère depuis douze ans.
Dans cet entretien, Saddam Hussein défie le président américain George W. Bush de participer avec lui à un débat télévisé dans le monde entier et affirme qu'il n'a pas l'intention de suivre les ordres de l'ONU visant à détruire ses missiles Al-Samoud 2.
Le président irakien affirme qu'il envisage un débat avec M. Bush sur le modèle de ceux qui sont organisés pendant la campagne présidentielle américaine, précise le réseau de télévision sur son site Internet.
Par ailleurs, le gouvernement turc a annoncé dans la journée son accord à l'envoi de soldats américains chargés d'ouvrir un second front au nord de l'Irak en cas d'intervention armée. Cette décision doit encore être approuvée par le Parlement, lors d'un vote indécis qui pourrait avoir lieu aujourd'hui.
En Hongrie, le Parlement a approuvé presque à l'unanimité une proposition autorisant l'OTAN à utiliser les routes, les voies de chemin de fer et l'espace aérien du pays pour apporter un soutien militaire à la Turquie.
Enfin, des membres de l'administration américaine ont estimé hier que le nombre de réfugiés et de personnes déplacées en Irak en cas de guerre pourrait atteindre deux millions, dans l'hypothèse d'un scénario catastrophe.
La résolution a été officiellement présentée par l'ambassadeur britannique Jeremy Greenstock de la part de ces trois pays.
Mais la France, la Russie et l'Allemagne, qui s'opposent à l'option de la guerre, ont présenté des propositions dans un mémorandum commun visant à poursuivre un désarmement pacifique de l'Irak pendant au moins les cinq prochains mois. La Chine a fait savoir qu'elle soutenait aussi ces propositions. Assurant que Saddam Hussein a promis à une émissaire du Kremlin que le travail des inspecteurs ne serait pas entravé, la Russie a également publié un communiqué s'opposant à une guerre en Irak et affirmant qu'elle utiliserait son «arsenal complet de moyens diplomatiques» pour parvenir à une solution pacifique.
Ces propositions rivales annoncent des débats houleux au Conseil de sécurité pour savoir si ce dernier suivra la demande de guerre des Américains et des Britanniques ou l'appel lancé par la France, la Russie et l'Allemagne pour que la guerre soit «un dernier recours».
Pour être votée, la résolution doit obtenir neuf votes «oui» et éviter un veto de la France, de la Russie ou de la Chine. Onze des quinze membres du Conseil veulent voir continuer les inspections de l'ONU. La Bulgarie devrait soutenir pour sa part le plan proposé par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne.
Le secrétaire américain Colin Powell a exhorté la Chine à soutenir la nouvelle résolution lors d'entretiens hier à Pékin avec les plus hauts dirigeants du pays, mais les Chinois sont restés sur leurs positions, préférant la poursuite des inspections.
Pas de date butoir
Ce projet de résolution ne fixe pas de date butoir. Mais des responsables américains et britanniques ont clairement dit qu'ils voulaient un vote du Conseil de sécurité d'ici la mi-mars.
Le projet de résolution déclare que l'Irak n'a pas saisi sa dernière chance de désarmer pacifiquement et s'expose à de «graves conséquences» prévues par la résolution 1441, adoptée à l'unanimité le 8 novembre dernier.
Le nouveau projet de résolution rappelle que «l'Irak a été et reste en situation de violation patente de ses obligations» par rapport aux résolutions de l'ONU.
Il rappelle aussi que le Conseil a décidé le 8 novembre que de «fausses énonciations ou des omissions» dans sa déclaration d'armements de 12 000 pages remise aux inspecteurs de l'ONU et «le manquement continuel de l'Irak à se conformer et à coopérer complètement dans la mise en oeuvre de cette résolution constitueraient une violation patente supplémentaire».
Le projet de résolution note que le Conseil a à plusieurs reprises prévenu l'Irak «qu'il ferait face à de graves conséquences résultant de ses violations continuelles de ses obligations».
Le projet de résolution se place dans le cadre «du chapitre VII de la Charte des Nations unies», ce qui le rend applicable militairement. Il n'appelle pas à l'utilisation de «tous les moyens nécessaires» contre l'Irak. Mais il décide que l'Irak n'a pas saisi «la dernière occasion qui lui était fournie par la résolution 1441».
Le Conseil de sécurité s'est réuni hier pendant deux heures à huis clos pour étudier ces documents.
Une nouvelle réunion du Conseil, également à huis clos, a été annoncée pour jeudi par l'ambassadeur d'Allemagne. Günter Pleuger a précisé que ce délai était nécessaire pour que les capitales des pays membres du Conseil puissent étudier les deux textes.
Hussein refuse de détruire ses missiles, selon CBS
Par ailleurs, Dan Rather, de CBS News, a interviewé hier Saddam Hussein, le premier entretien accordé par le président irakien à un journaliste d'une télévision étrangère depuis douze ans.
Dans cet entretien, Saddam Hussein défie le président américain George W. Bush de participer avec lui à un débat télévisé dans le monde entier et affirme qu'il n'a pas l'intention de suivre les ordres de l'ONU visant à détruire ses missiles Al-Samoud 2.
Le président irakien affirme qu'il envisage un débat avec M. Bush sur le modèle de ceux qui sont organisés pendant la campagne présidentielle américaine, précise le réseau de télévision sur son site Internet.
Par ailleurs, le gouvernement turc a annoncé dans la journée son accord à l'envoi de soldats américains chargés d'ouvrir un second front au nord de l'Irak en cas d'intervention armée. Cette décision doit encore être approuvée par le Parlement, lors d'un vote indécis qui pourrait avoir lieu aujourd'hui.
En Hongrie, le Parlement a approuvé presque à l'unanimité une proposition autorisant l'OTAN à utiliser les routes, les voies de chemin de fer et l'espace aérien du pays pour apporter un soutien militaire à la Turquie.
Enfin, des membres de l'administration américaine ont estimé hier que le nombre de réfugiés et de personnes déplacées en Irak en cas de guerre pourrait atteindre deux millions, dans l'hypothèse d'un scénario catastrophe.
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