Pénurie de médecins - Une menace en région rurale
Le 7 octobre dernier, les membres du Conseil des maires de la MRC de Nicolet-Yamaska ont débattu des problèmes relatifs à la pénurie de médecins en milieu rural. Au terme de ce débat, les élus ont décidé de transmettre le fruit de leurs réflexions afin d'ouvrir la voie à des changements propres à assurer une bonne desserte en services médicaux aux populations rurales. Nous souhaitons par la présente que les principaux partis politiques québécois se positionnent dans ce débat tout comme les organismes représentant le milieu rural québécois. Nous souhaitons obtenir des opinions sans ambiguïté et des pistes de solutions aux problèmes que nous exposons.
Depuis quelques années, les acteurs du milieu rural assistent à une réduction des services et des effectifs médicaux. En effet, plusieurs médecins partent en retraite et ne sont pas remplacés; ces départs créent un problème au niveau de l'offre de service. Les médecins restants sont surchargés et peinent à engager de jeunes recrues. Ainsi, plusieurs cliniques médicales sont en sursis ou ferment leurs portes. La présence de médecins-dépanneurs au Centre de santé semble de plus en plus aléatoire et coûteuse en ressources. La fréquence de fermeture de l'urgence augmente en raison du manque de médecins.
Il va sans dire que de telles situations ne sont pas acceptables, notamment au regard des attentes légitimes des citoyens qui veulent obtenir un service de médecine générale et des soins de première ligne d'un niveau d'accessibilité comparable à celui qui prévaut dans les milieux urbains.
Des effets pervers
Ainsi, les élus locaux subissent une forte pression de la population pour faire des actions susceptibles de corriger la situation. Cette pression est d'autant plus forte que les besoins augmentent avec le vieillissement de la population et que la santé est un enjeu de première importance pour les citoyens. Nous assistons donc à la mise en place de différentes initiatives en milieu rural afin d'attirer des médecins en région. Nous pensons que même si certaines de ces initiatives sont intéressantes, elles génèrent néanmoins des effets pervers que nous ne pouvons passer sous silence.
Actuellement, afin d'apporter des solutions à cette problématique, la tendance en milieu rural est de créer des coopératives de santé. Sous forme de parts sociales et/ou d'une contribution financière annuelle et d'autres activités de financement, des membres puisent dans leurs poches pour offrir des conditions de pratique favorables aux médecins afin d'attirer ces professionnels à pratiquer dans leur région.
L'accès à cet éventuel service médical demeure ouvert aux non-membres afin de respecter le principe d'universalité des soins. Généralement, avec l'aide de municipalités, d'institutions financières, du secteur privé et d'OBNL, de telles coopératives récoltent donc des sommes considérables afin d'acheter ou louer des locaux, d'offrir des conditions de travail idéales aux médecins — notamment en allant jusqu'à la prise en charge de toutes responsabilités autres que celles de la pratique médicale — en plus d'offrir des services médicaux complémentaires, comme des services de physiothérapie par exemple.
Déplacer le problème
Nous ne pouvons pas dénoncer la prise en main d'une communauté qui veut s'offrir des services, qu'ils soient médicaux ou autres. Mais ces initiatives sont-elles couronnées de succès et permettent-elles d'améliorer l'accès aux soins? De plus en plus d'indices montrent que l'on déplace ainsi simplement le problème d'un territoire rural à un autre. Et surtout, est-ce équitable pour les communautés et citoyens ruraux comparativement au restant de la population? Nous pensons que ce type d'initiative induit des effets pervers que nous ne devons pas sous-estimer.
Déjà en 2003, le CLD de la MRC de Nicolet-Yamaska dénonçait l'initiative «Opération Charme médical» parce qu'un tel événement obligeait presque les autorités à participer à cette foire de recrutement afin de ne pas réduire ses chances d'attirer des médecins dans leur région.
Le problème est encore plus criant aujourd'hui avec la multiplication des coopératives médicales et autres initiatives du même acabit sans oublier notamment les Centres de santé qui «compétitionnent» en déroulant littéralement le tapis rouge pour obtenir quelques heures d'un médecin-dépanneur. Jusqu'où ira cette surenchère? Combien les citoyens ruraux auront-ils à débourser pour avoir des services de médecine générale équivalents à ceux des milieux urbains? Combien de ressources autrement destinées à combler les besoins de base des personnes ou à d'autres mandats des communautés et organisations locales seront détournées? Est-ce que les régions seront obligées d'utiliser les fonds du pacte rural en priorité pour obtenir des services médicaux au détriment des nombreuses actions qui sont à poser afin de dynamiser le milieu rural?
Avenir incertain des GMF
L'incertitude quant au renouvellement de l'accréditation de nos Groupes de médecine familiale (GMF) en milieu rural est un autre facteur venant encore assombrir le portait d'ensemble, démobiliser les effectifs en place, nuire au recrutement de jeunes médecins et mettre même fortement à risque la survie de ces cliniques médicales. Il apparaît essentiel que Québec assouplisse et adapte au contexte des territoires ruraux les normes quant aux GMF, mais aussi au regard des AMP (activités médicales particulières), que ce soit par l'intermédiaire de la modulation des politiques et programmes prévus dans le cadre de la Politique nationale de la ruralité 2007-2014 du gouvernement du Québec ou autrement.
Ainsi, si une partie des obligations associées à la pratique en GMF était reconnue comme AMP, surtout dans un milieu rural dévitalisé et vieillissant comme le nôtre, alors le recrutement de jeunes médecins par nos GMF serait facilité. Les municipalités n'ont d'autres choix que de pousser à la roue devant la pression des citoyens, des médecins qui espèrent que leur clinique pourra survivre ou un Centre de santé appelant à l'aide. Ainsi, non seulement le citoyen rural paie-t-il des impôts comme le citoyen de milieu urbain, mais il doit maintenant cotiser sur une base volontaire pour des cliniques dont la desserte en médecins est hypothétique et payer aussi triplement la note par l'intermédiaire des taxes municipales.
Rôle de la société
Alors qu'auparavant l'État assumait les frais de gestion associés aux cliniques médicales, comment expliquer que les citoyens doivent maintenant débourser de plus en plus à ce chapitre pour obtenir un service équivalent? Pour plusieurs raisons, le pouvoir médical n'est pas le moindre dans notre société. Devant les attentes des citoyens, les élus locaux sont contraints de faire des pieds et des mains pour obtenir un service dit public dont la desserte provinciale devrait être équitable.
Nous pensons qu'il est grand temps que cette tendance soit renversée. Les élus locaux ne sont pas en position pour agir efficacement dans ce dossier, d'une part, parce que la responsabilité des services médicaux échoit au gouvernement provincial, mais aussi parce que les élus ne peuvent pas mettre en péril la santé de leurs citoyens en dénonçant localement cet état de fait, ce qui pourrait évidemment nuire au recrutement des médecins dans leur région.
En définitive, il faut se poser la question suivante: quel rôle la société attend-elle du monde municipal dans le secteur de la santé? Si la tendance actuelle se confirme et s'accentue, les municipalités devront-elles choisir entre l'entretien des infrastructures, l'offre de loisirs et autres éléments qui relèvent de son mandat, ou devra-t-elle s'en détourner pour affecter de plus en plus de ressources à l'accès aux soins de santé? Si vous êtes un élu et que vous souhaitez offrir ou maintenir des services comme une patinoire extérieure pour les familles ou des aires de loisirs et socialisation pour les aînés, que pouvez-vous faire si on vous demande plutôt d'investir pour que des médecins travaillent dans votre municipalité? La santé est si importante aux yeux des citoyens que si les municipalités devaient s'investir en santé, cela serait forcément au détriment des nombreux autres mandats qu'elles poursuivent, ces mandats étant par ailleurs définis par le gouvernement, notamment celui du développement local.
Affaiblir le milieu rural
De plus en plus, les municipalités, MRC, CLD, caisses Desjardins, entreprises privées, chambres de commerce, comités de développement local, corporations de développement économique et autres organismes du milieu sont sollicités pour investir en santé, souvent dans plusieurs projets différents sur un même territoire de MRC. Cette situation résulte pour une bonne part de la compétition et la surenchère à laquelle les régions du Québec se livrent actuellement dans leur tentative d'attirer des médecins chez eux.
En épuisant ses ressources financières et surtaxant son capital humain, cette situation affaiblit les milieux ruraux et entrave leur développement. Le citoyen des régions rurales et périphériques, en bout d'exercice, est toujours sollicité pour une participation financière supplémentaire, souvent sans résultat réel et toujours disproportionné par rapport aux services reçus. Cela va tout à fait à l'encontre du développement harmonieux et de l'objectif d'occupation de l'immense territoire québécois. Les médecins y retirent une amélioration de leurs conditions, les grands centres urbains échappent pratiquement à cette problématique tandis que la ruralité en encaisse inéluctablement, année après année, l'essentiel des désavantages.
Une position claire
Nous souhaitons donc que vous preniez position dans ce débat brûlant d'actualité. Il faut que collectivement, à la grandeur du Québec, nous trouvions des solutions à cet épineux problème. Il en va du respect du principe d'universalité des soins de santé. Il en va aussi du respect des milieux ruraux et des personnes qui y vivent. Le gouvernement du Québec a mis en place la Politique nationale de la ruralité ainsi que les Pactes ruraux que nous saluons puisqu'ils donnent ainsi véritablement un coup de main aux communautés des régions rurales pour offrir des conditions de vie intéressantes aux citoyens et mieux prendre en charge leur développement.
Mais au sens véritable, un pacte rural, lequel est déjà un projet de société auquel adhère fortement tout le monde rural québécois, plus qu'une politique serait un cadre étatique assurant une entière équité entre les citoyens ruraux et urbains. Or, cette équité fait actuellement cruellement défaut sous plusieurs aspects en santé, particulièrement quand il s'agit de l'accès à des médecins généralistes et aux soins de santé et services sociaux.
Nous croyons que la coupe est pleine, le milieu a eu sa dose d'insécurité et d'iniquité. Il est nécessaire d'interpeller et amener à travailler ensemble tous les décideurs concernés de manière à véritablement cibler, initier et soutenir adéquatement toutes les mesures et initiatives requises pour régler le problème exposé dans cette lettre. Nous souhaitons que tous les partis politiques prennent position dans ce débat afin de trouver des moyens de sortir de la crise.
***
Ont signé cette lettre: Raymond Bilodeau (Saint-Wenceslas), Pierre Gaudet (Aston-Jonction), Claude Biron (Baie-du-Febvre), Julien Boudreault (Grand-Saint-Esprit), Sylvain Laplante (La Visitation-de-Yamaska),Alain Drouin (Ville de Nicolet), André Descôteaux (Pierreville), Maurice Morin (Saint-Célestin Paroisse), Raymond Noël (Saint-Célestin), Gérard Côté (Saint-Elphège), Jacques Tassé (Sainte-Eulalie), Georgette Critchley (Saint-François-du-Lac), Laval Simard (Saint-Léonard-d'Aston), Denis Jutras (Sainte-Monique), Line Théroux (Sainte-Perpétue), Raymond Lemaire (Saint-Zéphirin-de-Courval).
Depuis quelques années, les acteurs du milieu rural assistent à une réduction des services et des effectifs médicaux. En effet, plusieurs médecins partent en retraite et ne sont pas remplacés; ces départs créent un problème au niveau de l'offre de service. Les médecins restants sont surchargés et peinent à engager de jeunes recrues. Ainsi, plusieurs cliniques médicales sont en sursis ou ferment leurs portes. La présence de médecins-dépanneurs au Centre de santé semble de plus en plus aléatoire et coûteuse en ressources. La fréquence de fermeture de l'urgence augmente en raison du manque de médecins.
Il va sans dire que de telles situations ne sont pas acceptables, notamment au regard des attentes légitimes des citoyens qui veulent obtenir un service de médecine générale et des soins de première ligne d'un niveau d'accessibilité comparable à celui qui prévaut dans les milieux urbains.
Des effets pervers
Ainsi, les élus locaux subissent une forte pression de la population pour faire des actions susceptibles de corriger la situation. Cette pression est d'autant plus forte que les besoins augmentent avec le vieillissement de la population et que la santé est un enjeu de première importance pour les citoyens. Nous assistons donc à la mise en place de différentes initiatives en milieu rural afin d'attirer des médecins en région. Nous pensons que même si certaines de ces initiatives sont intéressantes, elles génèrent néanmoins des effets pervers que nous ne pouvons passer sous silence.
Actuellement, afin d'apporter des solutions à cette problématique, la tendance en milieu rural est de créer des coopératives de santé. Sous forme de parts sociales et/ou d'une contribution financière annuelle et d'autres activités de financement, des membres puisent dans leurs poches pour offrir des conditions de pratique favorables aux médecins afin d'attirer ces professionnels à pratiquer dans leur région.
L'accès à cet éventuel service médical demeure ouvert aux non-membres afin de respecter le principe d'universalité des soins. Généralement, avec l'aide de municipalités, d'institutions financières, du secteur privé et d'OBNL, de telles coopératives récoltent donc des sommes considérables afin d'acheter ou louer des locaux, d'offrir des conditions de travail idéales aux médecins — notamment en allant jusqu'à la prise en charge de toutes responsabilités autres que celles de la pratique médicale — en plus d'offrir des services médicaux complémentaires, comme des services de physiothérapie par exemple.
Déplacer le problème
Nous ne pouvons pas dénoncer la prise en main d'une communauté qui veut s'offrir des services, qu'ils soient médicaux ou autres. Mais ces initiatives sont-elles couronnées de succès et permettent-elles d'améliorer l'accès aux soins? De plus en plus d'indices montrent que l'on déplace ainsi simplement le problème d'un territoire rural à un autre. Et surtout, est-ce équitable pour les communautés et citoyens ruraux comparativement au restant de la population? Nous pensons que ce type d'initiative induit des effets pervers que nous ne devons pas sous-estimer.
Déjà en 2003, le CLD de la MRC de Nicolet-Yamaska dénonçait l'initiative «Opération Charme médical» parce qu'un tel événement obligeait presque les autorités à participer à cette foire de recrutement afin de ne pas réduire ses chances d'attirer des médecins dans leur région.
Le problème est encore plus criant aujourd'hui avec la multiplication des coopératives médicales et autres initiatives du même acabit sans oublier notamment les Centres de santé qui «compétitionnent» en déroulant littéralement le tapis rouge pour obtenir quelques heures d'un médecin-dépanneur. Jusqu'où ira cette surenchère? Combien les citoyens ruraux auront-ils à débourser pour avoir des services de médecine générale équivalents à ceux des milieux urbains? Combien de ressources autrement destinées à combler les besoins de base des personnes ou à d'autres mandats des communautés et organisations locales seront détournées? Est-ce que les régions seront obligées d'utiliser les fonds du pacte rural en priorité pour obtenir des services médicaux au détriment des nombreuses actions qui sont à poser afin de dynamiser le milieu rural?
Avenir incertain des GMF
L'incertitude quant au renouvellement de l'accréditation de nos Groupes de médecine familiale (GMF) en milieu rural est un autre facteur venant encore assombrir le portait d'ensemble, démobiliser les effectifs en place, nuire au recrutement de jeunes médecins et mettre même fortement à risque la survie de ces cliniques médicales. Il apparaît essentiel que Québec assouplisse et adapte au contexte des territoires ruraux les normes quant aux GMF, mais aussi au regard des AMP (activités médicales particulières), que ce soit par l'intermédiaire de la modulation des politiques et programmes prévus dans le cadre de la Politique nationale de la ruralité 2007-2014 du gouvernement du Québec ou autrement.
Ainsi, si une partie des obligations associées à la pratique en GMF était reconnue comme AMP, surtout dans un milieu rural dévitalisé et vieillissant comme le nôtre, alors le recrutement de jeunes médecins par nos GMF serait facilité. Les municipalités n'ont d'autres choix que de pousser à la roue devant la pression des citoyens, des médecins qui espèrent que leur clinique pourra survivre ou un Centre de santé appelant à l'aide. Ainsi, non seulement le citoyen rural paie-t-il des impôts comme le citoyen de milieu urbain, mais il doit maintenant cotiser sur une base volontaire pour des cliniques dont la desserte en médecins est hypothétique et payer aussi triplement la note par l'intermédiaire des taxes municipales.
Rôle de la société
Alors qu'auparavant l'État assumait les frais de gestion associés aux cliniques médicales, comment expliquer que les citoyens doivent maintenant débourser de plus en plus à ce chapitre pour obtenir un service équivalent? Pour plusieurs raisons, le pouvoir médical n'est pas le moindre dans notre société. Devant les attentes des citoyens, les élus locaux sont contraints de faire des pieds et des mains pour obtenir un service dit public dont la desserte provinciale devrait être équitable.
Nous pensons qu'il est grand temps que cette tendance soit renversée. Les élus locaux ne sont pas en position pour agir efficacement dans ce dossier, d'une part, parce que la responsabilité des services médicaux échoit au gouvernement provincial, mais aussi parce que les élus ne peuvent pas mettre en péril la santé de leurs citoyens en dénonçant localement cet état de fait, ce qui pourrait évidemment nuire au recrutement des médecins dans leur région.
En définitive, il faut se poser la question suivante: quel rôle la société attend-elle du monde municipal dans le secteur de la santé? Si la tendance actuelle se confirme et s'accentue, les municipalités devront-elles choisir entre l'entretien des infrastructures, l'offre de loisirs et autres éléments qui relèvent de son mandat, ou devra-t-elle s'en détourner pour affecter de plus en plus de ressources à l'accès aux soins de santé? Si vous êtes un élu et que vous souhaitez offrir ou maintenir des services comme une patinoire extérieure pour les familles ou des aires de loisirs et socialisation pour les aînés, que pouvez-vous faire si on vous demande plutôt d'investir pour que des médecins travaillent dans votre municipalité? La santé est si importante aux yeux des citoyens que si les municipalités devaient s'investir en santé, cela serait forcément au détriment des nombreux autres mandats qu'elles poursuivent, ces mandats étant par ailleurs définis par le gouvernement, notamment celui du développement local.
Affaiblir le milieu rural
De plus en plus, les municipalités, MRC, CLD, caisses Desjardins, entreprises privées, chambres de commerce, comités de développement local, corporations de développement économique et autres organismes du milieu sont sollicités pour investir en santé, souvent dans plusieurs projets différents sur un même territoire de MRC. Cette situation résulte pour une bonne part de la compétition et la surenchère à laquelle les régions du Québec se livrent actuellement dans leur tentative d'attirer des médecins chez eux.
En épuisant ses ressources financières et surtaxant son capital humain, cette situation affaiblit les milieux ruraux et entrave leur développement. Le citoyen des régions rurales et périphériques, en bout d'exercice, est toujours sollicité pour une participation financière supplémentaire, souvent sans résultat réel et toujours disproportionné par rapport aux services reçus. Cela va tout à fait à l'encontre du développement harmonieux et de l'objectif d'occupation de l'immense territoire québécois. Les médecins y retirent une amélioration de leurs conditions, les grands centres urbains échappent pratiquement à cette problématique tandis que la ruralité en encaisse inéluctablement, année après année, l'essentiel des désavantages.
Une position claire
Nous souhaitons donc que vous preniez position dans ce débat brûlant d'actualité. Il faut que collectivement, à la grandeur du Québec, nous trouvions des solutions à cet épineux problème. Il en va du respect du principe d'universalité des soins de santé. Il en va aussi du respect des milieux ruraux et des personnes qui y vivent. Le gouvernement du Québec a mis en place la Politique nationale de la ruralité ainsi que les Pactes ruraux que nous saluons puisqu'ils donnent ainsi véritablement un coup de main aux communautés des régions rurales pour offrir des conditions de vie intéressantes aux citoyens et mieux prendre en charge leur développement.
Mais au sens véritable, un pacte rural, lequel est déjà un projet de société auquel adhère fortement tout le monde rural québécois, plus qu'une politique serait un cadre étatique assurant une entière équité entre les citoyens ruraux et urbains. Or, cette équité fait actuellement cruellement défaut sous plusieurs aspects en santé, particulièrement quand il s'agit de l'accès à des médecins généralistes et aux soins de santé et services sociaux.
Nous croyons que la coupe est pleine, le milieu a eu sa dose d'insécurité et d'iniquité. Il est nécessaire d'interpeller et amener à travailler ensemble tous les décideurs concernés de manière à véritablement cibler, initier et soutenir adéquatement toutes les mesures et initiatives requises pour régler le problème exposé dans cette lettre. Nous souhaitons que tous les partis politiques prennent position dans ce débat afin de trouver des moyens de sortir de la crise.
***
Ont signé cette lettre: Raymond Bilodeau (Saint-Wenceslas), Pierre Gaudet (Aston-Jonction), Claude Biron (Baie-du-Febvre), Julien Boudreault (Grand-Saint-Esprit), Sylvain Laplante (La Visitation-de-Yamaska),Alain Drouin (Ville de Nicolet), André Descôteaux (Pierreville), Maurice Morin (Saint-Célestin Paroisse), Raymond Noël (Saint-Célestin), Gérard Côté (Saint-Elphège), Jacques Tassé (Sainte-Eulalie), Georgette Critchley (Saint-François-du-Lac), Laval Simard (Saint-Léonard-d'Aston), Denis Jutras (Sainte-Monique), Line Théroux (Sainte-Perpétue), Raymond Lemaire (Saint-Zéphirin-de-Courval).
Haut de la page

