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Réfection des infrastructures : mise au point

6 octobre 2008 
Ces jours-ci, l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) véhicule deux messages quant à la gestion des ponts et viaducs au Québec. Elle constate d'abord que des améliorations importantes ont été apportées au budget alloué à la réfection de ces ouvrages. Le gouvernement a enfin répondu aux demandes répétées de ses ingénieurs d'accorder les sommes nécessaires pour ces travaux. Dommage qu'il ait fallu des morts pour corriger le tir.

Dans un deuxième temps, l'Association dénonce le manque de techniciens et d'ingénieurs au ministère des Transports (MTQ). Ce manque de ressources fait en sorte que les ingénieurs ne sont plus en mesure d'assurer un niveau de sécurité acceptable. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'enveloppe budgétaire consacrée à la réfection du parc des structures est passée de 170 millions à 840 millions de dollars en quatre ans. Le nombre de structures sous la responsabilité de ces ingénieurs a doublé, passant de 5000 à 9500 structures (transfert des ponts municipaux). Une structure sur deux est en mauvais état. Et pour faire face à ce nouveau défi, l'effectif «ingénieurs» du MTQ est demeuré, à peu de choses près, le même depuis ces changements.

Certains ont laissé entendre qu'il s'agissait d'un message syndical, corporatiste, qui ne servait que l'intérêt des membres de l'Association. Mais qui d'autre que l'organisation qui représente ceux qui, quotidiennement, sont confrontés aux problèmes d'un parc de structures vieillissant dont 5000 doivent être réparées, peut en informer la population?

M. Pierre Marc Johnson est d'avis qu'il revient à l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) de déterminer s'il y a suffisamment d'ingénieurs sur les chantiers du MTQ. Suivant son raisonnement, il reviendrait à l'OIQ de s'assurer que les Bombardier, Alcan, Bell Helicopter et autres embauchent suffisamment d'ingénieurs. Comme ancien ministre de la Justice, M. Johnson sait très bien qu'il n'en est rien. Pour assurer la sécurité du public, l'Ordre, notamment, poursuit ceux qui se prétendent faussement ingénieurs ou encore poursuit des ingénieurs comme il l'a fait à la suite de l'effondrement du viaduc du Souvenir.

Par ses interventions, l'Association ne vise pas à condamner les autorités administratives du MTQ, mais plutôt à inciter le gouvernement Charest à lui donner les moyens de remplir adéquatement sa mission. Au fait, la ministre des Transports n'affirmait-elle pas le 18 avril dernier qu'elle avait besoin de 200 ingénieurs de plus en structures? Présentement, on en compte environ 100 dans ce domaine au MTQ.






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