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Fuir ou bâtir un Québec conservateur ?

Daniel Mailly - Saint-Nicolas, 29 septembre 2008  3 octobre 2008 
Les élections fédérales de cet automne, précipitées par une prétendue difficulté de gouverner de façon minoritaire, nous rappellent que le pays est divisé et sans vision commune. Cela est d'autant plus vrai que les partis au pouvoir ont des points de vue difficiles à concilier sur plusieurs sujets. Le pays est donc dans une impasse. Une impasse que les Québécois pourraient bien contribuer à dénouer prochainement. Comment? En votant de façon significative pour le gouvernement Harper.

Mais au fait, pourquoi cet engouement pour les conservateurs? Et mesure-t-on vraiment les conséquences et retombées négatives qui pourraient découler d'un gouvernement majoritaire conservateur, lequel a justement entamé en douce une réforme des institutions démocratiques au pays, et ce, tout en étant minoritaire? Une partie de l'explication pourrait bien venir du fait que les Québécois sont plutôt apathiques par les temps qui courent. Ils sont fatigués des libéraux et des bloquistes et sont disposés à se laisser séduire par les belles paroles conservatrices. Certains songeraient même à annuler leur vote ou à accorder leur confiance aux tiers partis, contribuant ainsi à affaiblir potentiellement le vote du principal parti concurrent là où la lutte contre les conservateurs pourrait justement être serrée. [...]

Les Québécois seraient-ils insouciants à ce point envers leur avenir? On dit souvent que ça ne va pas si mal que ça dans ce Québec social-démocrate. Que la liberté, la qualité de vie et le niveau de vie sont généralement bien meilleurs ici qu'ailleurs au pays, que la classe moyenne se porte bien. C'est vrai, je pense. Vrai, mais pour combien de temps encore? Avec un gouvernement provincial libéral de droite, une opposition officielle adéquiste encore plus à droite et la possibilité que le Québec contribue de façon significative à l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire, cela ne pourrait durer. [...]

À vrai dire, j'aime autant me fier à mon instinct et ce dernier me dit que je ne serai pas le bienvenu dans un Québec qui appuie avec force Harper, qui se sent attiré par des valeurs réformistes et conservatrices. Je préfère plutôt fuir que de contribuer à bâtir un Québec conservateur.
 
 
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