Les junkies de l'amour
Fais-moi mal Johnny Johnny Johnny
Josée Blanchette
3 octobre 2008
Craquant comme le péché, le peintre Juan Antonio (Javier Bardem) séduit Cristina, la jolie touriste américaine de passage (Scarlett Johansson), entre tapas et copas, dans le film Vicky Cristina Barcelona.
Elle circule gratuitement et librement même si c'est la plus dure des drogues dures. Plus dommageable que la cigarette, l'amour qui fait boum engendre des victimes quotidiennement. Pire, on valorise l'hécatombe dans les sondages, les chansons d'amour, les romans d'amour et les films d'amour. Quant aux peines d'amour, on les aime saignantes: ça fait vendre!
Pas besoin d'aller mendier bien loin pour recevoir sa dose quotidienne d'amour-sale dans l'amour-propre. On syntonise la radio et Marie-Chantal Toupin chante Pas facile composée par Marjo (pour son ex, Jean Millaire); de la pure cocaïne de dépendante affective, du «délire», comme l'a qualifié Marjo en entrevue. De la bonne came, entre nous.
On zappe à la télé et on assiste aux émois de Sophie Paquin se débattant entre ses visions romantiques et la réalité de ses amours plus stériles que passionnelles. Et, bien sûr, on court voir le maître du genre, Woody Allen, et son Vicky Cristina Barcelona. Les deux personnages de Cristina et Vicky opposent des visions antagonistes de l'amour. Alors que Cristina a choisi de vibrer pour la passion et accepté qu'il fallait souffrir pour soupirer, Vicky tient son coeur en bride mais se trouve déstabilisée par le bel artiste peintre incarné par Javier Bardem. Finalement, tout le monde souffre, c'est le foutoir... je veux dire, l'amour.
Le coeur a ses raisons, qui tiennent souvent de la folie pure et simple. De la bluette au suicide, il y a un moi meurtri tombé en bas du nid après un vol plané sur les ailes de l'illusion. Si l'amour n'existait pas, les psy l'inventeraient pour payer leur hypothèque.
Le syndrome Bridget Jones
«La société occidentale est envahie de junkies de l'amour», estime Lucia Etxebarria, une Espagnole qui a fait un tabac l'année dernière dans son pays, avec son essai amoureux Je ne souffrirai plus par amour, le fruit d'une longue série de déconvenues amoureuses. La romancière et journaliste de 42 ans s'est servie de ses mésaventures personnelles et de ses longues années en thérapie pour alimenter ses réflexions sur la dépendance affective et aux antidépresseurs. À l'instar de beaucoup de ses contemporains, elle est davantage en amour avec l'Amour qu'avec l'Autre.
«Le dépendant n'est pas dépendant de son partenaire mais de l'idée qu'il se fait de l'amour, de sorte qu'il deviendra accro à toute relation un tant soit peu longue ou stable dans laquelle il s'engagera, et non à la personne dont il pense être amoureux. Le dépendant émotionnel l'est encore quand il n'a plus de partenaire, de la même façon que l'alcoolique ou le toxicomane le sont à vie [...]», écrit-elle dans son essai.
Attirée depuis le début de sa carrière amoureuse par des musiciens destructeurs, toxiques ou toxicomanes, manipulateurs et/ou évitants (une variante de l'ambivalent affectif), Lucia Etxebarria constate que la plupart des femmes de son entourage partagent deux caractéristiques avec Bridget Jones: «La première est le manque d'estime de soi, cette pandémie de l'Ève moderne; la seconde est la dépendance émotionnelle (cette obsession agaçante qu'a Bridget de vouloir à tout prix se trouver un petit ami, et cette sensation de ne pas se sentir une femme accomplie si elle n'y parvient pas).»
Qualifiant le don total et l'oubli de soi comme une variante du suicide (très répandue au féminin), l'auteure parle d'addiction, de soumission et d'idéalisation face à l'autre, ce mystère.
«Une fois, juste une fois, j'aimerais connaître les montagnes russes, même si je dois me la péter contre un mur», me conjurait une amie, prise d'une crise aiguë de romantisme récemment.
«Ma pauvre, mais c'est d'un convenu, la passion, l'ai-je rassurée. Tout juste un divertissement de gosse de riche ou de chanteuse country en mal de rimes. Stand by Your Man a déjà été composé. La passion, ça coûte cher et t'es déjà endettée. Reloue Sex and the City ou va t'acheter des dessous chics en vue d'un amant jeune et fringant. Tu savais que la comédienne Kim Cattrall, 52 ans, la Samantha de Sex and... a un chum de 28 ans avec qui elle vit depuis trois ans? Attitude, baby, attitude! Et puis, tu te rappelles le prof de philo avec qui je suis sortie la semaine dernière? Il m'a assurée que "tous" les philosophes de la Grèce antique s'entendaient sur un point: le chemin du bonheur ne passe pas par l'amour. Remettre à l'autre le pouvoir de te rendre heureuse est un cul-de-sac monumental. Si c'est bon pour les vieux Grecs, c'est bon pour nous.»
Une pandémie romantique
L'époque est mal en point, se cherche où elle ne risque pas de se trouver. Le sens n'est plus dans la religion ni dans les bagnoles, encore moins dans l'argent. On se disait qu'avec l'amour, on pouvait s'abandonner aux frissons salvateurs en fermant les yeux. Mon «amie» Lucia parle de «fondamentalisme de la modernité»: «Compte tenu, en outre, de la tolérance sexuelle qui caractérise notre société et la liberté qui en découle, la frustration actuelle n'est pas de nature sexuelle, comme à l'époque de Freud, mais existentielle, liée au sens, chacun ayant le plus grand mal, après la déroute des idéologies de l'ère prémoderne, à trouver des réponses personnelles.»
La romancière nous rappelle qu'en Chine, le verbe «aimer» n'est employé que pour désigner la relation entre une mère et son enfant. Un mari chinois «a de l'affection» pour sa femme, une conception tout à fait étrangère à l'Occident gavé de romantisme fleur-bleue truffé au fruit de la passion.
Je ne souffrirai plus par amour ne tire pas que des conclusions défaitistes ou amères. À défaut de définir ce qu'est l'amour, il nous rappelle ce qu'il n'est pas (en gros, si vous ne vous sentez pas bien: fuyez!) et suggère aux amants d'aimer qui les aime et qui s'aime déjà (ça règle 95 % des problèmes), d'apprendre à connaître l'autre plutôt que de l'imaginer, de cesser de penser que l'amour changera quelqu'un, de fuir l'ennui, d'apprivoiser la solitude, de fixer les règles du jeu dès le départ, de se renseigner sur les antécédents de la personne pour qui on a le béguin et de ne pas devenir l'ombre de son ombre ou l'ombre de son chien.
Se sacrifier par amour, ça n'a jamais rendu personne heureux. Sauf les maso, les pharmaciens, les journaux à potins et les distributeurs de disques.
***
Rigolé: en visionnant Hollywood Ending (2002), une comédie poilante de Woody Allen où il incarne un réalisateur qui devient aveugle par somatisation et tourne un film malgré tout. Son ex-femme et productrice est dans le coup. Et la finale est un doigt d'honneur de Woody aux Américains qui n'apprécient pas son oeuvre. Un régal!
Savouré: Anything Else (2003) de Woody Allen, une histoire d'amour entre un anxieux et une évitante: le meilleur matériel pour un scénariste. Jerry, dans la jeune vingtaine, est incapable de dormir seul. Il est mené par le bout du nez par son agent, son analyste et sa blonde, qui lui balance: «J'aimerais m'impliquer et être celle qui est blessée à la fin. Je n'y arrive pas.» Et Jerry de dire à son vieux pote (joué par Woody): «Je ne veux pas de médicaments, je veux la fille!»
Adoré: Vicky Cristina Barcelona (2008) pour le jeu qui en vaut la chandelle, le propos et la réflexion sur l'amooooooouuuur. Penélope Cruz est tout simplement délicieuse en dépendante affective suicidaire. Vivement les Oscars!
Fredonné: la chanson Nous deux sur le disque À distance de Marie-Chantal Toupin, sorti cette semaine. Un vrai tube accrocheur qui risque de provoquer des otites chez ceux qui ont déjà cru à l'exclusivité de l'amour. Un «produit» qui s'inscrit en droite ligne dans l'air du temps et groove à fond Léon.
Retrouvé: avec bonheur l'auteure-compositrice-interprète Catherine Durand sur son Coeurs migratoires. Des peines d'amour et des larmes, en voulez-vous, en vlà! La chanteuse folk nous sert un disque qui fait un constat générationnel, et le bilan semble assez dévastateur côté coeur puisque Catherine dit s'être inspirée à la fois de sa vie et de celle de ses amis. De très jolis textes confirment qu'il faut pas mal de sanglots pour un air de guitare, comme chantait l'autre...
***
Joblog
La confiture, c'est comme la culture?
J'ai reçu récemment 12 petits pots de confitures. Charmante attention d'un lecteur à la suite de mon article sur les confitures de cet été. Depuis un mois, les 12 pots sont demeurés intacts sur le comptoir de cuisine. Mon B l'a surnommé le «mur de confitures». Je n'ose y toucher, j'ai trop de respect pour la poésie.
La lettre qui accompagnait l'envoi est digne d'un musée de la calligraphie.
«Bonjour, voici, ainsi que je le promis, quelques-unes de mes confitures; raisin rosé du Mexique; mangue ataulfo, orange et banane; rhubarbe et fraises; gratte-culs du parc Jarry; fraises; pêches blanches, pêches et abricots; prunes italiennes; puis des gelées, de coings, ainsi qu'une de raisins bleus de mon jardin; il y a également une crème de châtaignes à la badiane et au sucre d'érable; et enfin la confiture de mirabelles au romarin.
«Ce sont celles de l'an dernier. Les confitures gagnent à mûrir, elles sont fruits de la lenteur, du temps qui passe [...].
«Et voilà, j'espère qu'elles sauront vous plaire. Amitiés. Philippe»
Il y a des gens comme ça aussi. Qui ramassent les gratte-culs au parc Jarry et en font du miel.
Il y a des gens surprenants. Heureusement.
Pas besoin d'aller mendier bien loin pour recevoir sa dose quotidienne d'amour-sale dans l'amour-propre. On syntonise la radio et Marie-Chantal Toupin chante Pas facile composée par Marjo (pour son ex, Jean Millaire); de la pure cocaïne de dépendante affective, du «délire», comme l'a qualifié Marjo en entrevue. De la bonne came, entre nous.
On zappe à la télé et on assiste aux émois de Sophie Paquin se débattant entre ses visions romantiques et la réalité de ses amours plus stériles que passionnelles. Et, bien sûr, on court voir le maître du genre, Woody Allen, et son Vicky Cristina Barcelona. Les deux personnages de Cristina et Vicky opposent des visions antagonistes de l'amour. Alors que Cristina a choisi de vibrer pour la passion et accepté qu'il fallait souffrir pour soupirer, Vicky tient son coeur en bride mais se trouve déstabilisée par le bel artiste peintre incarné par Javier Bardem. Finalement, tout le monde souffre, c'est le foutoir... je veux dire, l'amour.
Le coeur a ses raisons, qui tiennent souvent de la folie pure et simple. De la bluette au suicide, il y a un moi meurtri tombé en bas du nid après un vol plané sur les ailes de l'illusion. Si l'amour n'existait pas, les psy l'inventeraient pour payer leur hypothèque.
Le syndrome Bridget Jones
«La société occidentale est envahie de junkies de l'amour», estime Lucia Etxebarria, une Espagnole qui a fait un tabac l'année dernière dans son pays, avec son essai amoureux Je ne souffrirai plus par amour, le fruit d'une longue série de déconvenues amoureuses. La romancière et journaliste de 42 ans s'est servie de ses mésaventures personnelles et de ses longues années en thérapie pour alimenter ses réflexions sur la dépendance affective et aux antidépresseurs. À l'instar de beaucoup de ses contemporains, elle est davantage en amour avec l'Amour qu'avec l'Autre.
«Le dépendant n'est pas dépendant de son partenaire mais de l'idée qu'il se fait de l'amour, de sorte qu'il deviendra accro à toute relation un tant soit peu longue ou stable dans laquelle il s'engagera, et non à la personne dont il pense être amoureux. Le dépendant émotionnel l'est encore quand il n'a plus de partenaire, de la même façon que l'alcoolique ou le toxicomane le sont à vie [...]», écrit-elle dans son essai.
Attirée depuis le début de sa carrière amoureuse par des musiciens destructeurs, toxiques ou toxicomanes, manipulateurs et/ou évitants (une variante de l'ambivalent affectif), Lucia Etxebarria constate que la plupart des femmes de son entourage partagent deux caractéristiques avec Bridget Jones: «La première est le manque d'estime de soi, cette pandémie de l'Ève moderne; la seconde est la dépendance émotionnelle (cette obsession agaçante qu'a Bridget de vouloir à tout prix se trouver un petit ami, et cette sensation de ne pas se sentir une femme accomplie si elle n'y parvient pas).»
Qualifiant le don total et l'oubli de soi comme une variante du suicide (très répandue au féminin), l'auteure parle d'addiction, de soumission et d'idéalisation face à l'autre, ce mystère.
«Une fois, juste une fois, j'aimerais connaître les montagnes russes, même si je dois me la péter contre un mur», me conjurait une amie, prise d'une crise aiguë de romantisme récemment.
«Ma pauvre, mais c'est d'un convenu, la passion, l'ai-je rassurée. Tout juste un divertissement de gosse de riche ou de chanteuse country en mal de rimes. Stand by Your Man a déjà été composé. La passion, ça coûte cher et t'es déjà endettée. Reloue Sex and the City ou va t'acheter des dessous chics en vue d'un amant jeune et fringant. Tu savais que la comédienne Kim Cattrall, 52 ans, la Samantha de Sex and... a un chum de 28 ans avec qui elle vit depuis trois ans? Attitude, baby, attitude! Et puis, tu te rappelles le prof de philo avec qui je suis sortie la semaine dernière? Il m'a assurée que "tous" les philosophes de la Grèce antique s'entendaient sur un point: le chemin du bonheur ne passe pas par l'amour. Remettre à l'autre le pouvoir de te rendre heureuse est un cul-de-sac monumental. Si c'est bon pour les vieux Grecs, c'est bon pour nous.»
Une pandémie romantique
L'époque est mal en point, se cherche où elle ne risque pas de se trouver. Le sens n'est plus dans la religion ni dans les bagnoles, encore moins dans l'argent. On se disait qu'avec l'amour, on pouvait s'abandonner aux frissons salvateurs en fermant les yeux. Mon «amie» Lucia parle de «fondamentalisme de la modernité»: «Compte tenu, en outre, de la tolérance sexuelle qui caractérise notre société et la liberté qui en découle, la frustration actuelle n'est pas de nature sexuelle, comme à l'époque de Freud, mais existentielle, liée au sens, chacun ayant le plus grand mal, après la déroute des idéologies de l'ère prémoderne, à trouver des réponses personnelles.»
La romancière nous rappelle qu'en Chine, le verbe «aimer» n'est employé que pour désigner la relation entre une mère et son enfant. Un mari chinois «a de l'affection» pour sa femme, une conception tout à fait étrangère à l'Occident gavé de romantisme fleur-bleue truffé au fruit de la passion.
Je ne souffrirai plus par amour ne tire pas que des conclusions défaitistes ou amères. À défaut de définir ce qu'est l'amour, il nous rappelle ce qu'il n'est pas (en gros, si vous ne vous sentez pas bien: fuyez!) et suggère aux amants d'aimer qui les aime et qui s'aime déjà (ça règle 95 % des problèmes), d'apprendre à connaître l'autre plutôt que de l'imaginer, de cesser de penser que l'amour changera quelqu'un, de fuir l'ennui, d'apprivoiser la solitude, de fixer les règles du jeu dès le départ, de se renseigner sur les antécédents de la personne pour qui on a le béguin et de ne pas devenir l'ombre de son ombre ou l'ombre de son chien.
Se sacrifier par amour, ça n'a jamais rendu personne heureux. Sauf les maso, les pharmaciens, les journaux à potins et les distributeurs de disques.
***
Rigolé: en visionnant Hollywood Ending (2002), une comédie poilante de Woody Allen où il incarne un réalisateur qui devient aveugle par somatisation et tourne un film malgré tout. Son ex-femme et productrice est dans le coup. Et la finale est un doigt d'honneur de Woody aux Américains qui n'apprécient pas son oeuvre. Un régal!
Savouré: Anything Else (2003) de Woody Allen, une histoire d'amour entre un anxieux et une évitante: le meilleur matériel pour un scénariste. Jerry, dans la jeune vingtaine, est incapable de dormir seul. Il est mené par le bout du nez par son agent, son analyste et sa blonde, qui lui balance: «J'aimerais m'impliquer et être celle qui est blessée à la fin. Je n'y arrive pas.» Et Jerry de dire à son vieux pote (joué par Woody): «Je ne veux pas de médicaments, je veux la fille!»
Adoré: Vicky Cristina Barcelona (2008) pour le jeu qui en vaut la chandelle, le propos et la réflexion sur l'amooooooouuuur. Penélope Cruz est tout simplement délicieuse en dépendante affective suicidaire. Vivement les Oscars!
Fredonné: la chanson Nous deux sur le disque À distance de Marie-Chantal Toupin, sorti cette semaine. Un vrai tube accrocheur qui risque de provoquer des otites chez ceux qui ont déjà cru à l'exclusivité de l'amour. Un «produit» qui s'inscrit en droite ligne dans l'air du temps et groove à fond Léon.
Retrouvé: avec bonheur l'auteure-compositrice-interprète Catherine Durand sur son Coeurs migratoires. Des peines d'amour et des larmes, en voulez-vous, en vlà! La chanteuse folk nous sert un disque qui fait un constat générationnel, et le bilan semble assez dévastateur côté coeur puisque Catherine dit s'être inspirée à la fois de sa vie et de celle de ses amis. De très jolis textes confirment qu'il faut pas mal de sanglots pour un air de guitare, comme chantait l'autre...
***
Joblog
La confiture, c'est comme la culture?
J'ai reçu récemment 12 petits pots de confitures. Charmante attention d'un lecteur à la suite de mon article sur les confitures de cet été. Depuis un mois, les 12 pots sont demeurés intacts sur le comptoir de cuisine. Mon B l'a surnommé le «mur de confitures». Je n'ose y toucher, j'ai trop de respect pour la poésie.
La lettre qui accompagnait l'envoi est digne d'un musée de la calligraphie.
«Bonjour, voici, ainsi que je le promis, quelques-unes de mes confitures; raisin rosé du Mexique; mangue ataulfo, orange et banane; rhubarbe et fraises; gratte-culs du parc Jarry; fraises; pêches blanches, pêches et abricots; prunes italiennes; puis des gelées, de coings, ainsi qu'une de raisins bleus de mon jardin; il y a également une crème de châtaignes à la badiane et au sucre d'érable; et enfin la confiture de mirabelles au romarin.
«Ce sont celles de l'an dernier. Les confitures gagnent à mûrir, elles sont fruits de la lenteur, du temps qui passe [...].
«Et voilà, j'espère qu'elles sauront vous plaire. Amitiés. Philippe»
Il y a des gens comme ça aussi. Qui ramassent les gratte-culs au parc Jarry et en font du miel.
Il y a des gens surprenants. Heureusement.
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