Lettres: La vraie guerre à propos de l'Irak
Claude Bédard - Montréal, 10 février 2003
17 février 2003
Les États-Unis l'auront, leur guerre contre l'Irak, et ils vont la gagner; pour moi, la question est désormais banale. Le suspense existe, mais il est ailleurs. Une guerre tout aussi importante est déjà en cours sous nos yeux, et ses enjeux sont énormes. On sait que l'opinion mondiale considère qu'une guerre immédiate contre l'Irak n'est pas justifiée. Pourtant, il se pourrait que l'ONU la cautionne malgré tout. Quand les différents pays du Conseil de sécurité se prononceront sur «l'usage de la force» (bel euphémisme), on en saura beaucoup plus sur le pouvoir de persuasion des États-Unis que sur la véritable opinion des dirigeants de ces pays; il s'agit avant tout d'un jeu de pouvoir.
Les États-Unis réussiront-ils à tordre suffisamment de bras pour emporter la décision du Conseil de sécurité? Question passionnante. Notons en outre qu'à ce jeu, les États-Unis ne peuvent que sortir gagnants: ou bien ils obtiennent gain de cause, et alors l'ONU deviendra de facto un instrument raisonnablement docile entre leurs mains, leur donnant un formidable pouvoir d'intimidation à l'endroit de tout pays «récalcitrant»; ou bien les États-Unis essuient une rebuffade, et alors ils auront beau jeu de déclarer que l'ONU «a perdu toute crédibilité» en faisant preuve d'une «mollesse inexcusable» (une rhétorique méthodiquement mise en place depuis des mois).
Dans ce dernier cas, on verra alors émerger un double système à l'échelle mondiale: l'ONU d'une part, et les États-Unis et leurs «fidèles alliés» (dont le Canada, malheureusement) d'autre part. Quelles en seront les conséquences? Voilà une question sur laquelle on peut se passionner dès maintenant.
Les États-Unis réussiront-ils à tordre suffisamment de bras pour emporter la décision du Conseil de sécurité? Question passionnante. Notons en outre qu'à ce jeu, les États-Unis ne peuvent que sortir gagnants: ou bien ils obtiennent gain de cause, et alors l'ONU deviendra de facto un instrument raisonnablement docile entre leurs mains, leur donnant un formidable pouvoir d'intimidation à l'endroit de tout pays «récalcitrant»; ou bien les États-Unis essuient une rebuffade, et alors ils auront beau jeu de déclarer que l'ONU «a perdu toute crédibilité» en faisant preuve d'une «mollesse inexcusable» (une rhétorique méthodiquement mise en place depuis des mois).
Dans ce dernier cas, on verra alors émerger un double système à l'échelle mondiale: l'ONU d'une part, et les États-Unis et leurs «fidèles alliés» (dont le Canada, malheureusement) d'autre part. Quelles en seront les conséquences? Voilà une question sur laquelle on peut se passionner dès maintenant.
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