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L'occasion d'une réforme, le défi de l'ouverture

18 septembre 2008 
Le débat sur l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale qui fait suite à la démission de Michel Bissonnet illustre bien l'importance de la confiance qui doit être accordée à celui ou à celle qui sera appelé(e) à diriger les travaux de la Chambre. Le président de l'Assemblée nationale doit s'élever au-delà de la mêlée politique et agir dans la plus grande neutralité.

Pour cela, il doit même être prêt à faire face à la critique venant des membres de sa famille politique. Gardien ultime de notre démocratie parlementaire, il doit agir pour le bien de l'Assemblée nationale, et ce, dans le respect des droits de tous les parlementaires. Cela implique qu'il est appelé à défendre l'indépendance du législatif en regard du gouvernement, à travailler pour faire en sorte que notre institution parlementaire évolue, tout en maintenant la confiance des citoyens à son égard.

Les souliers de Michel Bissonnet seront grands à chausser. Sa présidence fut d'abord marquante quant à sa durée. Élu président à deux reprises, il aura dirigé les travaux parlementaires du Salon bleu pendant plus de cinq ans. D'une neutralité exemplaire, il a d'ailleurs réussi ce tour de force tout en conservant le respect de l'ensemble de ses collègues, et ce, peu importe leur parti.

Il faut également souligner qu'il a réussi cet exploit dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, le premier qu'a connu le Québec en plus de 125 ans. Sa présidence fut également marquante pour l'institution elle-même. Comme député depuis 2003, puis comme vice-président de l'Assemblée nationale, j'ai été à même de constater les nombreux efforts qu'il a su déployer pour rapprocher nos institutions démocratiques de la population. De même, il n'a ménagé aucun effort pour assurer la présence de l'Assemblée nationale sur le plan international. Il nous laisse également un projet de réforme parlementaire dont l'adoption est bien amorcée.



Valoriser le rôle de député

Le départ de Michel Bissonnet ne doit donc pas signifier la fin du processus menant à l'adoption d'une réforme parlementaire. Cette fois-ci, ce projet de réforme ne doit pas rejoindre les nombreux projets que l'on retrouve au cimetière des bonnes intentions. Il doit être adopté. Le contexte d'un parlement de cohabitation facilite les discussions. Débattu depuis plusieurs années, le projet de réforme parlementaire en est à une phase ultime de discussions entre les partis.

Afin de rapprocher les citoyens de l'Assemblée nationale, cette réforme vise à valoriser le rôle des députés. Elle aura pour effet de diminuer le pouvoir des leaders parlementaires sur l'organisation des travaux. Elle assurera plus de temps de parole aux députés pour défendre leurs électeurs. Elle permettra également d'adapter le règlement de l'Assemblée au nouveau contexte politique du Québec. Cette réforme est essentielle.

Rétablir la confiance

Depuis ma première élection, en 2003, je ne compte plus le nombre de fois où des citoyens m'ont interpellé pour me dire qu'ils ne croyaient plus en la politique. Certains trouvaient que l'Assemblée nationale avait souvent des allures de cirque, d'autres ajoutaient que les députés étaient souvent bâillonnés par leur propre parti.

Les efforts de rapprochement de l'institution auprès des citoyens déployés par le passé doivent se poursuivre. Une ouverture plus grande au public, une présence accrue du président en région et le développement d'initiatives pédagogiques auprès des jeunes sont des gestes porteurs qui doivent être maintenus. Également, à l'image de ce que l'on peut observer dans plusieurs parlements, même à Londres, il est important de permettre des votes libres. Il importe aussi de resserrer le décorum de la période de questions afin qu'ait lieu un véritable exercice de reddition de compte plutôt qu'un simple exercice de politique spectacle.

Le choix du prochain président de l'Assemblée nationale s'effectuera dans un contexte sans précédent. En 2007, il s'agissait de reconduire ou non à son poste un président en exercice. Cette fois, le choix d'un nouveau président permettra d'illustrer la capacité d'adaptation de nos institutions au contexte d'un gouvernement minoritaire.

Le contexte actuel oblige maintenant chaque parlementaire à réfléchir sur l'évolution que doit prendre le lieu où s'exerce au quotidien la démocratie québécoise. Il serait de bon aloi que les députés intéressés par la charge de la présidence puissent non seulement postuler mais également donner leur vision de l'Assemblée nationale. Ainsi, il importe de permettre la tenue d'un débat plus large, qui interpellerait tous les citoyens quant à la santé de nos institutions démocratiques.






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