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La réforme est-elle à blâmer?

Christian Méthot - Mont-Royal, le 12 septembre 2008  16 septembre 2008 
En soulignant les disparités du taux de diplômés entre francophones et anglophones au secondaire, M. Parizeau met le doigt sur un problème de taille: la différence est incontestable et a de quoi inquiéter, surtout si l'on considère que les études sont désormais essentielles à une bonne intégration sociale, au niveau de l'exercice de la citoyenneté comme dans la participation au marché du travail.

Cependant, avant d'accuser la réforme du système scolaire d'être à l'origine de ces maux, M. Parizeau devrait vérifier si les taux de diplômés des années 2005 et 2006 sont supérieurs ou inférieurs à ceux des décennies précédentes. Les différences ne sont probablement pas très fortes, surtout si l'on compare le taux de diplômés actuel, bien supérieur à celui des années 50 et 60, avant les grandes réformes du système scolaire entamées sous l'égide de la Commission Parent et du projet de loi 60 de Paul Gérin-Lajoie.

Les différences entre anglophones et francophones tiennent peut-être aussi à d'autres variables qu'il serait judicieux d'examiner, comme les revenus moyens des familles francophones comparativement à ceux des anglophones, ou encore le niveau de scolarité le plus élevé atteint par les parents, deux variables qui influent fortement sur la poursuite des études.

Ensuite, il s'agirait de mettre en lumière d'autres raisons qui pourraient pousser les jeunes francophones à abandonner leurs études secondaires à un âge plus précoce que leurs homologues anglophones: peut-être s'agit-il d'un problème culturel qui a peu de rapport avec la réforme du système scolaire mené dans les dernières années, d'autant plus que les effets de ce genre de réorganisation prennent souvent un certain de temps à se faire sentir. Néanmoins, le faible taux de diplômés est bien et réel et il est impératif d'agir, mais encore faut-il viser la bonne cible.
 
 
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