vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 15h47
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?

Les Québécois sont-ils mieux dans leur peau qu'il y a dix ans? Quel est l'axe qui donne un sens à

Stéphane Baillargeon   13 septembre 2008 
Souriez, vous êtes heureux. La vidéaste Josiane Lapointe et le photographe Robbie Paquin réussissent ensemble leur vie depuis quatre ans.
Photo : Jacques Nadeau
Souriez, vous êtes heureux. La vidéaste Josiane Lapointe et le photographe Robbie Paquin réussissent ensemble leur vie depuis quatre ans.
Qu'est-ce que réussir sa carrière ou ses amours? Que sont une éducation, une immigration, un gouvernement idéaux? Jusqu'à samedi prochain, l'équipe du Devoir vous présente une synthèse des réflexions fascinantes recueillies pour sept volets d'un même thème: qu'est-ce qu'une vie réussie? Afin d'alimenter cette réflexion, nous avons demandé à la firme Léger Marketing de sonder le coeur des Québécois. Pour lancer la série, pas de demi-mesure, allons-y avec la mère des questions existentielles: celle du bonheur et de la réussite.

Pierre Théberge a très bien réussi dans la vie. Historien de l'art, passionné de culture, décoré ici comme à l'étranger, le sexagénaire entame sa dernière année à la tête du Musée des beaux-arts du Canada, navire amiral de la flotte muséale canadienne.

Pierre Théberge a-t-il pour autant réussi sa vie? «Parler d'une vie réussie, c'est honnêtement mystérieux pour moi comme pour n'importe qui, répond-il. Quand je pense à ma propre existence, je suis surtout impressionné par les réussites accomplies avec les autres, mes proches et mes collègues de travail. Le succès se mesure aux traces laissées avec et pour les autres.»

On ne se refait pas. Le directeur Théberge glisse donc rapidement vers de célèbres exemples de vies d'artistes. «On peut même réussir sa vie en la vivant en concentré, très, très vite, fait-il observer. Mozart et Raphaël sont morts très jeunes, mais ils avaient certainement rempli et réussi leur vie. Picasso est mort très vieux, adulé comme une figure phare du XXe siècle, il a indéniablement réussi sa vie et réussi dans la vie, mais il a aussi détruit des vies autour de lui.»

L'art, le cinéma, la littérature regorgent de réflexions sur ce thème complexe et mystérieux. Citizen Kane, le personnage central du film d'Orson Welles, a réussi dans la vie tout en finissant seul et malheureux dans son Xanadu inachevé. Dans le récit puis le film Le Scaphandre et le papillon, le directeur de magazine Jean-Dominique Bauby montre la rédemption finale d'un homme entièrement paralysé renouant avec le sens de la vie après un accident vasculaire foudroyant.

Pierre Théberge accepte d'autant plus facilement de commenter ce dernier exemple qu'il vit lui-même avec la maladie de Parkinson depuis quelques années. «Je continue mon travail, ma vie pleine. Je n'ai pas du tout de ressentiment contre un mauvais coup du sort. Je suis dedans, dans une maladie frivole, qui évolue drôlement. Je suis prêt, je ne suis pas malheureux et je suis toujours très content de ma vie.»

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?

Et les Québécois? Le sondage Léger Marketing-Le Devoir leur a demandé à quoi ils accordent le plus d'importance. La vie amoureuse et familiale arrive très largement en tête, avec 68 % des réponses. Les loisirs (18 %) suivent en deuxième position, mais tellement loin derrière. «Ce n'est pas un résultat étonnant: on sait bien que les Québécois accordent beaucoup d'importance à la vie familiale et amoureuse, et c'est encore plus vrai pour les femmes, à 74 %», commente Mathieu Gagné, directeur de recherche de la firme Léger Marketing.

Le Devoir avait proposé un coup de sonde similaire il y a une décennie, à l'automne 1999. À la question «Qu'est-ce qui a le plus d'importance dans votre vie?», les Québécois avaient alors répondu «une vie sentimentale réussie» dans une proportion de 43 %. Avoir du temps (22 %), un bon emploi (19 %) et de l'argent (10 %) suivaient alors dans la liste des priorités.

Cette fois, les réponses montrent une étonnante unanimité au-delà des tranches d'âge ou de la langue maternelle, des niveaux de scolarité ou des catégories de revenu. Les seules différences un tant soit peu notables concernent l'importance encore plus marquée accordée à la vie amoureuse et familiale chez les 25-34 ans (80 %) ou aux loisirs et passions personnelles chez les 18-24 ans (37 %). Ces préférences s'expliquent probablement par les réalités propres à chaque âge de la vie: il semble normal de négliger la famille quand on vient de quitter la sienne, au sortir de l'adolescence; il semble naturel de lui accorder plus d'importance quand on vient d'en fonder une, au début de la vie adulte.

Par contre, la société québécoise demeure très divisée sur la question des transformations du rapport à ce qu'on doit appeler «une vie heureuse». Ainsi, à peine un adulte sur dix (12 %) croit qu'il est «plus facile d'être heureux aujourd'hui que ce ne l'était il y a dix ans». En revanche, plus de quatre répondants sur dix (44 %) jugent que c'est plus difficile, et le même nombre (42 %), que la situation n'a pas changé. Les positions se divisent à parts égales quand il s'agit de se projeter dans le futur. Par ailleurs, six personnes sur dix (62 %) affirment «avoir tout ce qu'il faut pour être heureux dans la vie» tandis que le tiers de la population (35 %) dit le contraire.

Maudit bonheur

La psycho pop regorge de livres conseils pour réussir sa vie en dix étapes, à deux, aujourd'hui ou au quotidien. Les «chemins du bonheur» sont tout aussi pavés de belles intentions éditoriales, avec des conseils pour les arpenter en bouddhiste, avec un moine ou même seul.

Est-il seulement possible de mesurer la réussite d'une vie, les prédispositions personnelles ou collectives à réussir son passage ici-bas?

Pierre Côté a fait le pari que oui, enfin, pour autant que la réussite d'une vie se mesure à l'aune du bonheur. Il a mis au point un Indice relatif de bonheur (IRB, sur une échelle de 100), affiné un sondage autour de 350 questions et finalement lancé sa mécanique sur le Québec.

L'idée de cette radioscopie du bonheur lui est venue il y a deux ans, en regardant un débat de la défunte émission Il va y avoir du sport de Télé-Québec autour de la question: «Est-ce que le Québec est une société pauvre?» «J'ai été très étonné des arguments uniquement économiques, raconte M. Côté, un ancien publiciste. Personne n'a même demandé si les Québécois étaient heureux alors qu'après tout, ce devrait être le premier critère d'évaluation d'une vie réussie, non?»

Son site unique au monde (indicedebonheur.com) a attiré des dizaines de milliers de répondants (l'exercice est gratuit) et permis de raffiner les analyses autour des professions ou de la santé par exemple, mais aussi sur la vingtaine de facteurs qui influencent cet état.

Sa méthode lui permet par exemple d'éclairer autrement les résultats du sondage du Devoir, où les Québécois placent le travail (6 %) et l'argent (4 %) en fond de cale des priorités dans leur vie.

«Dans nos recherches, il y a un écart de dix points entre ceux qui déclarent les plus faibles et les plus haut revenus, dit M. Côté. Le travail est aussi essentiel pour la reconnaissance. Les trois quarts des répondants à nos propres enquêtes disent qu'ils ne pourraient pas être heureux s'ils n'occupaient pas un travail qui les satisfait. De même, l'amitié et l'amour arrivent en septième et huitième position dans les critères d'influence du bonheur.»

Il y a donc plus important, beaucoup plus même. La première condition incontournable du bonheur, selon ces mêmes enquêtes, est la satisfaction par rapport à soi-même. «Réussir sa vie passe par une satisfaction par rapport à ses accomplissements à court, moyen et long termes, souligne Pierre Côté. Je dirais qu'il faut faire en sorte que sa vie réelle ne s'écarte pas trop de sa vie rêvée.»

Les données de l'IRB révèlent ensuite l'importance de l'acceptation et de l'adaptation aux changements. «Systématiquement, ceux qui souhaitent vivre ailleurs ou dans le passé révèlent un refus d'affronter le réel, ajoute Côté. Pour réussir sa vie, il faut aussi accepter ce que l'existence nous envoie. Les optimistes, ce que la religion d'autrefois appelait l'espérance, ont une capacité au bonheur beaucoup plus grande et semblent donc mieux réussir leur vie.»

Une des questions de notre sondage aborde indirectement cette question de l'acceptation, qui ne confine évidemment pas à la résignation. Quand on demande aux Québécois s'ils quitteraient le Québec s'ils le pouvaient, le tiers des répondants (30 %) choisissent l'exil. Plus étonnant encore, un jeune sur deux (47 %) dans la tranche des 18-24 ans répond qu'il souhaiterait vivre ailleurs, l'appel de l'étranger diminuant progressivement avec l'âge. À la retraite (65 ans et plus), ils ne sont plus que 18 % des Québécois à choisir le départ.

«C'est l'élément le plus négatif de cette section, dit le sondeur Mathieu Gagné. Si un génie passait avec sa baguette magique, il pourrait arracher d'un coup un adulte québécois sur trois et un jeune adulte sur deux. C'est énorme. Il y a certainement toutes sortes de raisons pour envisager cette option radicale... y compris la température. Mais c'est aussi le signe d'une insatisfaction profonde que de souhaiter quitter son pays pour changer de vie... »

Le spécialiste du bonheur poursuit en mentionnant l'absence de projet collectif porteur au Québec. «C'est une société qui se cherche, sans gouvernail, ce qui influence le niveau de bonheur global.»

N'empêche qu'une fois l'outil raffiné, finalement, il faut se rendre à l'évidence que l'IRB du Québec oscille autour de 74 ou 75, avec de légères variations, ce qui est tout de même excellent à l'échelle mondiale. «On ne fait pas pitié, globalement. L'IRB français est même huit points en dessous de l'indice québécois. Les Québécois sont plus heureux au travail, en amour et dans leurs finances. Au Canada comme au Québec, on est assez gras dur.»

Surtout, Pierre Côté, philosophe malgré lui, finit par dire que toutes ces questions ne riment à rien sans une part de conscience malheureuse. Il cite André Malraux en lançant que le bonheur, c'est pour les imbéciles! En tout cas, ce doit aussi être une part de chagrin qui se repose, comme le chante Léo Ferré. «Il faut se poser des questions. Il faut prendre conscience de l'état malheureux d'une part du monde. Il faut se garder une petite gêne. En même temps, pour être heureux, il ne faut pas avoir de regrets. Les regrets sont les cancers de l'âme et une des meilleures manières de rater sa vie...»

***

Ce sondage Léger-Marketing-Le Devoir a été effectuée par téléphone auprès de 1005 Québécois, du 13 au 17 août 2008. La marge d'erreur maximale est de +ou- 3,4 %, 19 fois sur 20. Les données ont été pondérées selon le sexe, l'âge, la langue maternelle et la région, de façon à être représentatives de la population du Québec, selon les dernières données de Statistique Canada.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Guy Archambault
    Abonné
    samedi 13 septembre 2008 05h35
    Truisme confirmé par des recherches plutôt que par le sondage.
    La recherche a, semble-t-il, confirmé ce que le bon sens issu de la réflexion pragmatique donnait comme réponse à la question : qu'est-ce que le bonheur pour vous, c'est-à-dire quand êtes-vous heureux ?
    Réponse : plus notre vie réelle ressemble à notre vie rêvée, plus nous sommes heureux, quel que soit le domaine de vie envisagé, vie familiale, travail, loisir.

    Ce que le sondage semble révéler pourrait être sujet à caution.

    Cela pourrait aussi vouloir dire que le domaine dans lequel il est le plus difficile de réussir, celui dans lequel il est plus difficile de s'accommoder à la réalité des autres qu'on est obligé d'y côtoyer, c'est celui de la vie familiale et de la vie amoureuse.

    Si tel est le cas, il ne serait pas étonnant que les Québécois déclarent qu'une vie réussie est une vie de relations amoureuses et familiales réussies puisque ce serait cette vie qui est la plus menacée, la plus rêvée parce que la moins réelle.

    Quand ça ne marche pas à notre satisfaction dans la famille ou dans le couple, on a le goût, plus ou moins prononcé selon le niveau et la durée des difficultés rencontrées, on a le goût de déménager, de se séparer, de partir loin, loin, loin.

    Facile de faire des sondages quand on connaît les réponses d'avance. Et puis, ça évite de réfléchir. Le sondage est là et ses résultats tiendront lieu et place pour notre pensée personnelle avec l'avantage d'avoir l'air savant et scientifique.

    Guy Archambault

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 13 septembre 2008 07h54
    Le bonheur nous rapproche toujours de soi; on se trompe quand on s'en éloigne.
    Je suis un peu d'accord avec Pierre Côté, on peut être heureux tout en n'oubliant pas que les autres existent. Encore que le bonheur est une conquête qui se fait pour ainsi dire à tous les instants. Sinon, il nous glisse entre les doigts sans même qu'on s'en rende nécessairement compte. C'est Cocteau qui disait, je le cite de mémoire: «On s'élève selon ses ailes; on s'enfonce selon son poids; on ne dépasse pas sa mesure.» Le bonheur dépend aussi de la société où l'on vit...

    La vie est comme une rivière qui coule. De temps en temps, c'est le courant qui nous transporte. À d'autres moments, on a comme l'impression de nager à contre courant. Alors, si on ne fait pas attention de se ménager un peu d'énergie, on risque de s'essouffler très rapidement. Le mieux, c'est de savoir joindre la berge parfois pour reprendre son souffle, en attendant de retrouver la lumière pour nous guider à bon port.

    La vie nous rapproche toujours de notre vrai soi. Il y a aussi le grand malheur parfois d'avoir à subir et à assumer la perte de nos proches. C'est la vie qui le veut ainsi! Que pouvons-nous y faire : on doit tous y passer un jour. Autant parfois la vie peut nous éloigner les uns des autres, autant la mort peut aussi nous rapprocher des autres. On peut sentir parfois la présence d'un proche en soi, quand il nous décède pour une raison ou pour une autre.

    Le plus important dans tout ça, c'est surtout de savoir rester honnête face à soi et parfois indépendamment de ce que les autres pensent. Il est si facile de se tromper dans une société où les leurres, miroir aux alouettes, ne manquent pas. Socialement parlant, il y a aussi les méandres de tous les petits cours d'eau qui peuvent nous entraîner ailleurs que là où on devrait être. C'est moins une simple question de destin que d'expériences enrichissantes de vie.

    Pour finir, j'aime beaucoup mieux parler de la vie plutôt que du bonheur comme tel. En effet, c'est beaucoup plus la vie qui nous définit de notre naissance à notre mort que le bonheur qui n'en est qu'une simple partie. On perd un peu de son étincelle de vie quand on est malheureux. Tandis que le bonheur nous donne de l'énergie à revendre. On ne peut pas donner du bonheur à l'état brut aux autres, mais on peut essayer d'en partager le surplus d'énergie, de vie...

    JM

  • André Leclerc
    Abonné
    samedi 13 septembre 2008 08h31
    Un article méritant d'approfondir un point
    Article très intéressant ce matin. Un point attire particulièrement mon attention. Si, selon le sondage réalisé, un Québécois sur trois (et un sur deux parmi les plus jeunes) désire quitter le Québec, il serait intéressant de savoir où ces gens désirent aller vivre et quels sont les motifs qui les poussent à rechercher plus de bonheur à l'étranger. J'imagine que ce désir est lié aux valeurs de chacun et les motifs peuvent donc être en relation avec celles-ci et particulièrement chez les jeunes. Est-ce le désir de l'aide internationale, la connaissance profonde de nouvelles cultures, l'idée de relever des défis de carrière plus exigeants, l'absence de projet collectif (ou la petitesse de ceux qu'on nous propose) ou tout simplement la difficulté de vivre en climat nordique? Je crois pour ma part que, contrairement à ce qui est écrit dans l'article, ce n'est pas systématiquement le « refus d'affronter le réel ». Ce serait d'avantage le désir de choisir « sa réalité » pour un mélange de raisons plus ou moins raisonnables.

  • Yves Laberge
    Inscrit
    samedi 13 septembre 2008 09h02
    la bonne heure?
    Peut-être s"agit-il simplement de laisser la vie réussir en soi pour passer, de temps à autre, une BONNE HEURE....

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    dimanche 14 septembre 2008 14h00
    Quel mystère que le bonheur !
    Il y a plus de trente ans, Alexander Lowen écrivait, dans Le plaisir, que le bonheur était très rare. Une mère pouvait l'éprouver au retour de son fils de la guerre, avec tous ses membres. Peut-être lors d'un coup de foudre réciproque ou de l'orgasme mutuel ? Dans le magnifique Parc de la Visitation, j'ai vu récemment des bébés heureux à temps plein. Quelle merveille : l'un d'environ cinq mois jacassait à la nature dans un émerveillement certain. Quand je lui ai dit : «Comme tu es en forme !», il a éclaté de rire en tapant des mains. Vers l'âge de trois ans, je crois que j'étais vraiment heureux, comblé d'affection par une grande soeur qui vit toujours et que j'appelle «ma petite maman». Mais ça s'est ensuite gâté ; elle devant partir et ma mère revenait de dépression décidée à ne plus fléchir, ce qui l'amena à me culpabiliser sans aucune mauvaise intention certes, mais avec un résultat certain : dès l'âge de quatre ans, le bonheur m'avait quitté.

    Mais j'ai plus tard découvert, avec Lowen entre autres, qu'il me restait le plaisir. J'y ai recouru tant que j'ai pu. Et maintenant à la retraite, j'ai renoué avec le bonheur. La cause de ce bonheur presque quotidien rejoint ce que disent plusieurs autres Québécois : la possibilité de me rapprocher de mes rêves, de moi-même en somme. Il faut dire que mes rêves ont toujours été simples : avoir de l'autonomie, de la solitude choisie, du silence et beaucoup d'intériorité. Des communications chaleureuses aussi, mais bien choisies, beaucoup de lectures en philosophie, en sciences et en littérature. Présentement je fais mes délices d'une vie d'Einstein par François Closets : «Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire, avec en sous titre : Einstein, le roman d'une vie. Magnifique vulgarisateur que ce Closets, qui me fait réviser tous mes approfondissements antérieurs, non seulement des théories d'Einstein, mais de toute la science physique qui a suivi, contre laquelle Einstein s'est battu jusqu'à la fin de sa vie. C'est après sa mort que la physique quantique a pu prouver qu'Einstein se trompait déjà dès les années vingt, lui si génial.

    Je serais porté à distinguer bonheur et plaisir. Bonheur dans ma vie intérieure où je me sens relié à tout le reste, à L'Un sans second, comme ils disent en Orient, à la nature, aux autres, partageant autant leurs peines que leurs joies. Plaisir dans la vie intellectuelle, culturelle et sociale. Plaisir aussi dans des amitiés autant anciennes que nouvelles. Amitiés tellement plus faciles à vivre que l'intimité dont j'essaie de plus en plus de me passer, l'âge aidant.

    Finalement je vois que le bonheur demeure toujours aussi difficile à définir. Est-ce que je peux appeler bonheur ce sentiment constant d'être habité par plus grand, plus beau, plus aimant que moi avec mes limites et mes petitesses ? Peut-être. Ce dont je suis certain par contre, c'est de vivre de plus en plus intensément, car j'ai conscience d'aimer et d'être aimé mieux que jamais auparavant.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012